Perla, de Frédéric Brun (éditions Stock)

perla

Perla, de Frédéric Brun.

Editions Stock, février 2007

 

Perla, un prénom bijou dont ce livre est l’écrin d’un vibrant amour, celui de l’auteur pour sa mère disparue. Celui du fils d’une déportée, rescapée du camp d’Auschwitz.

Perla survivra à l’horreur de la déportation, mais en restera à vie l’âme percluse de douleur, murée dans un silence assourdissant. Et l’auteur de ne pouvoir continuer à avancer dans la vie avec toutes ces lacunes sur ce qu’a vécu sa mère, toutes ces inconnues qui hantent son passé.

L’âme en lambeaux au lendemain de son décès, à un moment où il s’apprête lui-même à transmettre le flambeau de la vie en devenant père, Frédéric Brun essaye du bout de sa plume de reconstituer le puzzle dont sa mère ne lui a livré aucun fragment, sujette à un mélange de honte, de pudeur et de souffrance : «  Dans sa dépression, Perla renonçait à la vie, c’était sa manière à elle d’extérioriser son incompréhension du monde. (…), incapable d’exposer autrement ce qu’elle avait vécu, d’en parler simplement ou d’en faire un roman. La dépression est tellement plus claire que tous les discours. » Besoin pour ce fils endeuillé de comprendre, de savoir, de pouvoir habiller ses maux de mots. Quête éperdue de sens, de connaissance, à travers photos, documents, lectures, pèlerinage sur les lieux de l’horreur. Un questionnement qui dépasse le seul sort de sa mère et l’amène à chercher des réponses à ce paradoxe que représente l’Allemagne, terre à deux visages : comment la barbarie avec ses camps et ses barbelés peut-elle côtoyer le raffinement extrême du romantisme allemand incarné notamment par les poètes idéalistes Hölderlin et Novalis ? Comment une même terre peut-elle enfanter d’anges et de démons ?

Avec magnificence, délicatesse, sincérité, mêlant texte et photographies, Frédéric Brun nous livre un hommage d’une déchirante beauté, lumineux, prolongeant sa présence auprès de sa mère en lui prêtant vie sous sa plume, avec cette conclusion si belle et gorgée d’espoir : « Une mère, en fait, cela ne meurt jamais. »

Jetez-vous sur ce livre ! Un pur cristal d’émotion.

 

Extrait : « Pour jouir infiniment de la vie, il faut, à chaque instant ne pas oublier la présence de la personne aimée. Lorsque l’on est imprégné de cette idée, on est prêt à affronter l’existence pour vivre l’amour dans la vie, découvrir l’amour dans la mort… »

 

 

Pour ce premier roman, Frédéric Brun s’est vu remettre la bourse Goncourt 2007.


Bibliographie
:

Le roman de Jean, Editions Stock 2008
Perla, Editions Stock 2007

Informations pratiques :

Prix éditeur : 13,5€
Nombre de pages : 120
ISBN : 9782234060272