La délicatesse, de David Foenkinos

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La délicatesse, David Foenkinos
Editions Gallimard 2009

 

 

Nathalie est une jolie et brillante jeune femme, promise à un bel avenir. De fait, elle allie réussite professionnelle en tant que cadre dans une multinationale suédoise, et bonheur conjugal grâce à sa rencontre avec François. Mais, après sept années de douce volupté, leur bonheur va se fracasser sur l’autel d’un accident de la route : François décède… Veuve inconsolable, Nathalie « choisit » la fuite en avant, survit en consacrant toute son énergie et tout son temps à son travail, essayant sans y parvenir à faire le deuil. Pour parodier une chanson de Dominique A, « L’amour l’a tuée, a tué ses rêves, aujourd’hui elle en crève »…

Mais la géhenne qui est sienne ne l’a pas pour autant conduite à se négliger. Toujours aussi féminine et séduisante, elle s’attire les regards, dût-elle ne pas leur prêter attention. Percluse de douleur, elle est en effet convaincue ne plus pouvoir aimer. Or un jour, dans son bureau, elle est prise d’une pulsion sensuelle irrationnelle : elle gratifie Markus, un collègue suédois, d’un « long baiser intense ». Comme ça, sans arrière-pensée, sans calcul. Gratuitement. Parce qu’il était là, à ce moment précis. Au bon moment. Et de passer à autre chose. Or Markus ne l’entend pas ainsi. Chez lui, ce baiser crée un véritable séisme, ébranle ses fondations. S’il veut construire un avenir, ce sera avec Nathalie, et personne d’autre, fussent-ils de prime abord non faits l’un pour l’autre. Mais y a-t-il une logique en matière amoureuse ?

Deux hommes vont alors se trouver en concurrence pour tenter de la conquérir. Deux hommes que tout oppose. Charles, son patron,  nage dans la « vie conjucalme » et rêve en secret à la troublante Nathalie. Brusque, maladroit, vil, il tente de la séduire avec la légèreté d’une enclume et la douceur d’un cactus. Markus, réservé, mal dans sa peau, au physique délicat, s’efforce à contrario d’appliquer l’aphorisme de Cioran : « L’art d’aimer ? C’est savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d’une anémone ».

Une rencontre improbable entre deux êtres à priori désaccordés. Markus trouvera t-il la bonne partition ? Sa présence donnera t-elle le « La » d’une renaissance à l’amour ?


On plébiscite le style. Difficile de rivaliser avec l’auteur et son art de la digression, passant de la douleur de la perte de l’être aimé à la discographie de John Lennon s’il n’était pas mort  en 1980, de la blessure d’une tentative de séduction ratée aux résultats de ligue 1, d’un baiser fougueux à l’invention de la moquette (Ah la moquette, ce « 
meurtre de la sensualité » puisqu’il ne permet plus d’entendre la délicate mélodie des talons aiguilles !).

Un roman mêlant avec dextérité drame et espoir, légèreté et profondeur, douleur et douceur. Ou pour reprendre la définition du mot « délicat » selon le Larousse : un roman « d’une grande finesse, exquis, raffiné. Qui manifeste une grande sensibilité, du tact ». 


Informations pratiques :

Prix éditeur : 16€
Nombre de pages : 208
ISBN :9782070126415

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