L’aimer ou le fuir, Delphine de Malherbe : la brûlure

 

La brûlure

      Mariée à Henri de Jouvenel, rédacteur en chef du journal Le Matin et politicien de renom, Colette découvre que ce dernier la trompe. Meurtrie, déjà échaudée par les frasques de son précédent mari Willy, elle se réfugie dans sa propriété bretonne. C’est alors que Bertrand, le fils d’Henri,17 ans, de trente ans son cadet, la rejoint et lui déclare sa flamme…

      Que faire ? L’aimer ou le fuir?

      Un dilemme insoutenable pour Colette, chantre de la liberté, de la transgression des règles, à la vie rythmée par les battements de son cœur et l’assouvissement de ses désirs bien davantage que par la voix de la morale bien pensante. Une femme qui a toujours inventé la mode et prend comme un reniement à ses valeurs le fait de se plier à la norme. Car si la raison lui dicte de maintenir ce jeune homme promis à un grand avenir à distance, force lui est de reconnaître qu’il l’attire. Fortement. Et ce n’est pas tant l’écart d’âge qui soit un problème, que le fait qu’il soit son beau-fils.

      Avec une infinie sensibilité, une ineffable sensualité et une plume d’une justesse chirurgicale, Delphine de Malherbe nous livre les réflexions de Colette, lors d’une unique séance de psychanalyse fictive. Une séance où le lecteur est pris à témoin des émotions contradictoires qui l’animent, où les failles de cette femme « alchimie subtile de fragilité humaine et de force inhumaine », s’ouvrent sous nos yeux. Car si tous voient en elle un génie, une personne élégante, solide, c’est une vision bien restrictive de sa personnalité. Esclave de la tyrannie de Willy pendant des années, lequel lui a volé son travail, son nom, son talent, l’a trompée à tout va, Colette est restée une écorchée vive. «  Une souffrance aussi aiguë demeure égale au fil du temps. »

      L’amour de Bertrand pourrait-il être un baume lénifiant, un remède à ses blessures ?

      Des interrogations que Delphine de Malherbe mène à un rythme effréné, avec une énergie absolument époustouflante.

Un livre MAGISTRAL.