Le fils, de Michel Rostain : prix Goncourt du premier roman 2011

 

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Le fils, récit de Michel Rostain

 

Editions Oh ! 2011

 

Ce récit a reçu le prix Goncourt du premier roman 2011.

 

 

 

On n’a jamais eu un enfant, on l’a toujours (Marina Tsvetaïeva) 

 

Le soir même du drame, un ami l’appelle. « Je ne sais pas si un tel jour tu peux entendre ce que je voudrais te dire, mais j’ai vécu cette horreur il y a quelques années, ce désespoir absolu. Je veux te dire qu’on peut vivre avec ça ». ‘Ça’, c’est l’impensable, l’intolérable, le cauchemar éveillé : la mort de son fils Lion, foudroyé à l’âge de 20 ans par une méningite.

 

Pour mettre à distance sa douleur, l’auteur et père emprunte la voix de son fils. Lion parle ici au papa endeuillé. Il se permet de plaisanter, de le railler, d’évoquer de même son intolérable chagrin. Lion nous décrit avec une ineffable émotion, une infinie pudeur mais aussi beaucoup d’humour et d’ironie comment s’est déroulé le drame, mais aussi les jours précédents, puis la vie sans lui désormais. Du marketing des obsèques à son odeur conservée dans ses effets personnels, en passant par la répartition de ses cendres sur le volcan islandais, le lecteur passe du rire aux larmes, tandis que le sujet, grave s’il en est un,  eût facilement pu verser dans le pathos. Et d’évoquer ces regrets propres à tout deuil, le passage en revue de tout ce que l’on aurait pu ou dû faire, dire, savoir, montrer.

 

 Loin d’être un récit où l’auteur s’asseoit dans un fauteuil de lamentations et pleure sur son sort, ce récit bouleversant est une magnifique ode à la vie. « Chaque jour de vie est pour papa comme une décision de vivre. (…). Maintenant que je suis mort il crie à tout bout de champ « Vive la vie ! » avec un volontarisme fou. Il lui faut crier cela, «  Fiat lux ! ».

 

  Un récit qui fait trembler, car cette mort qui touche un proche peut nous concerner tous, mais aussi et surtout, un livre qui est un cri d’amour d’un père à son fils, nous montrant combien les moments partagés, dussent-ils avoir été trop courts, ont laissé une empreinte indélébile dans le cœur et l’âme de ceux qui restent…

 

  P. 9 : un poème qui illustre parfaitement le propos :

 

Chercher encore des mots

 

Qui disent quelque chose

 

Là où l’on cherche les gens

 

Qui ne disent plus rien

 

 

 

Trouver encore des mots

 

Qui savent dire quelque chose

 

Là où l’on trouve des gens

 

Qui ne peuvent plus rien dire

 

 

 

Erich Fried

 

 

 

Informations pratiques :

 

 

 

Prix éditeur : 15.90€

 

Nombre de pages : 174

 

ISBN : 9782361 070 175

 

 

 

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