Chuuut!, de Janine Boissard, aux éditions Robert Laffont : savoir replanter sur du pardon…

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Chuuut!, de Janine Boissard

Éditions Robert Laffont, mars 2013

 

Savoir replanter sur du pardon.

     « Il y a toutes sortes de silences. On parle de silence « religieux », de silence « de mort ». Il peut y en avoir aussi de respect, de regret, de honte. » (P.133) Dans la famille Saint Junien, le silence est protection. Protection de l’unité du clan. Protection des liens du sang. Envers et contre tous. Envers et contre tout.

     Tous, Edmond et Delphine de Saint Junien, leurs quatre enfants, beaux-enfants et petits enfants vivent au château, près de Cognac. Tous ou presque. Car Roselyne manque à l’appel, partie pour Amsterdam avec un certain Werner quelques années plus tôt. Une absence douloureuse scellée par le silence. Jusqu’à ce jour où ils apprennent son décès, laissant derrière elle un fils, Nils, âgé de dix-huit ans. A cette nouvelle, une évidence : ce dernier doit rejoindre les siens au château.

     Pour celui qu’on a baptisé Nils, en référence au récit « Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède », la vie semble alors être un conte. De courte durée toutefois. Lorsque le corps de la petite Maria est découvert sans vie, Nils est le coupable tout désigné. Face au drame, le clan explose. D’un côté, ceux qui croient en son innocence. De l’autre, ceux qui l’accablent. Et Nils de se battre pour obtenir sa réhabilitation. Avec patience. Avec droiture. Sans haine. Sans violence. Car s’il a grandi dans un terreau hostile, stérile, il ne s’est pas laissé dépérir dans le manque. Il y a puisé un surcroît de vie, de courage, de combativité, a fait germer en lui une noblesse de coeur et d’âme exemplaires.

     Qui a donc tué Maria? Comment confondre l’assassin? Les liens du sang résisteront-ils à l’épreuve de la vérité?

     Dans Chuuut!, Janine Boissard capture son lecteur dès la première page et fait de lui la victime consentante d’une lecture en apnée. Un roman captivant, résolument optimiste, où l’amour, la famille, l’intégrité sont les meilleures armes pacifiques face à l’adversité.

     Il faut savoir « replanter sur du pardon ».

     A lire absolument!

P. 133 : D’une enfance trop difficile, trop tôt exposée aux coups de la vie, d’où la chaleur et la lumière ont été absentes, certains en sortent l’âme démantibulée (…). D’autres, victimes d’une même enfance, ont eu la chance, la force, de savoir exploiter chaque parcelle d’amour, chaque lumière à eux donnée. Nourris d’espoir, le jour où leur vie s’éclaire enfin, ils sont prêts à en accueillir, en savourer toutes les joies, à saisir toutes les mains qui se tendent. Ayant été blessés, ils s’efforceront à l’indulgence, ayant souffert, ils sauront reconnaître la souffrance des autres et s’emploieront à les réconforter.

P. 220 : On ne replante pas sur du malheur. On replante en remplaçant les mauvaises images par les bonnes, les larmes par des sourires, sans pour autant oublier ceux qui sont partis.

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Vanessa Paradis, La vague à l’âme. Biographie de Erwan Chuberre-Saunier

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Vanessa Paradis, La vague à l’âme. Biographie de Erwan Chuberre Saunier

Éditions Didier Carpentier, février 2013

 

Le tourbillon de sa vie…

« Joe le taxi , c’est sa vie, du rhum au mambo, embouteillage… ». Qui n’a pas en tête ce tube qui déferla sur les ondes au printemps 1987? Qui ne se souvient pas de la touchante adolescente à la voix si singulière qui l’interprétait alors? Encensée par certains, vilipendée par d’autres, s’il est une évidence, c’est que la jeune fille avec ses trois millions de singles vendus ne laisse personne indifférent. Mais face à la critique, et ce, malgré sa fragilité apparente et son jeune âge, Vanessa Paradis tient bon. Les propos acerbes à son endroit façonnent un caractère de battante qui lui sera utile tout au long de sa carrière.  Coachée par son oncle, Didier Pain, l’adolescente entend bien montrer que la chanson n’est pas une lubie ni ce succès un feu de paille. Pas plus qu’elle n’est une marionnette dont on tire les ficelles.

Il faudra attendre 1990 et ses débuts au cinéma dans Noce blanche pour que ses détracteurs se calment un peu, pour qu’une légitimité en tant qu’artiste lui soit accordée. Meilleure interprète féminine lors des 5èmes Victoire de la musique, prix Romy Schneider, César du meilleur espoir féminin, son nom n’est plus synonyme de femme à abattre mais gage de qualité. Et les plus grands de travailler avec elle. De Gainsbourg qui la surnommera sa « lolycéenne », à la marque Chanel, de Jean-Baptiste Mondino à Jean-Paul Goude, de Lenny Kravitz à René Manzor, en passant par Patrice Leconte ou encore Matthieu Chédid, Vanessa Paradis fascine, touche, inspire.

C’est un portrait très vivant que nous offre Erwan Chuberre Saunier. Avec beaucoup de sensibilité, sans voyeurisme, il nous entraine dans les coulisses de la vie de l’artiste, de la femme et mère. Une personne attachante aux talents pluriels.