La petite cloche au son grêle, de Paul Vacca : c’est désormais dans la poche!

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La petite cloche au son grêle, de Paul Vacca

Éditions Le livre de Poche, mai 2013

Lors d’une promenade avec sa mère sur les rives de la Solène, le jeune adolescent de 13 ans aperçoit à la dérobée la femme qui peuple ses rêves les plus exquis. Allongée sur l’herbe, elle est tout entière absorbée par sa lecture. A regret, il poursuit son chemin sans mot dire. A son retour, elle n’est plus là, mais sur le sol est resté son livre au doux parfum d’iris. Il s’en empare comme d’un trésor.

Chaque jour, lui qui jusqu’alors boudait la lecture se glisse avec délice dans les pages de cet opus de Proust, Du côté de chez Swann , bercé par les fragrances d’iris. Ce livre, son livre, est le pont par lequel il la rejoint, elle dont le regard a caressé ces mêmes lignes, elle dont les lèvres ont susurré ces mêmes mots. Un pont vers la femme aimée mais aussi un pont vers la littérature, vers d’autres univers, d’autres histoires, d’autres lieux. Un enchantement.

Paola jubile. Elle a la confirmation de ce qu’elle a toujours pressenti au sujet de son fils: la littérature est bien l’univers de celui qui sera, elle en est intimement convaincue, un grand écrivain. Le père, lui, s’inquiète : lire Proust à cet âge est étrange et pourrait avoir une mauvaise influence sur le petit. N’a t-il pas découvert en effet l’inclination de Proust pour les hommes?

Mais ce qui semblait séparer camps maternel et paternel va contre toute attente les réunir. Quand tombe la terrible nouvelle, c’est Proust qui va voler à leur secours, Proust autour duquel ils vont se retrouver. Plus de temps à perdre. Il faut savourer l’instant présent. Vivre pleinement. Le temps qu’il reste…

Dès les toutes premières lignes, Paul Vacca érige un pont d’encre et de papier que le lecteur emprunte avec une ineffable émotion. On savoure chaque phrase, chaque mot gorgé de tendresse comme une moelleuse madeleine, témoins bien plus que lecteurs de ces émois adolescents, du basculement de l’insouciance à la tragédie.

Nul doute que la petite cloche au son grêle, si poétique, continuera à résonner chez les lecteurs bien longtemps après sa lecture grâce à sa mélodie aussi vibrante que belle… MAGNIFIQUE!

P. 125 : Ne pas laisser le quotidien devenir quotidien.

P. 21 : Un frisson me parcourt. Ce n’est pas un livre, c’est son livre. Ce ne sont pas que des phrases, ce sont les phrases qu’elle a lues, son regard les a parcourues, sa bouche les a prononcées. Ces lignes pleines et serrées, je ne cherche même pas à en percer le sens. Je sais avec certitude qu’elles renferment ce qui lui plaît. Je sens que j’ai sous les yeux la clef qui me permettra, enfin, de pénétrer dans le monde mystérieux des femmes.