Si un jour la vie t’arrache à moi, de Thierry Cohen : un envoutant ballet littéraire!

ob_76e1680f3a4cff726650d0ee2a26c03b_518kysxafml-sl500-aa300

Si un jour la vie t’arrache à moi, Thierry Cohen

Éditions Flammarion, mai 2013

Clara est danseuse classique, discipline exigeante s’il en est une. A l’image de ce que fut son parcours de vie. Rien n’a été obtenu sans effort, sans une indéfectible persévérance. Rien n’a été de soi. Aussi entre elle et Gabriel, homme d’affaires brillant, fils unique d’une famille bourgeoise, c’est le grand écart socialement. Handicap insurmontable ou « détail » sans importance? La chorégraphie de leurs sentiments pourra t-elle continuer à être ce magnifique pas de deux, ou les préjugés sociaux seront-ils source d’une pirouette au bonheur?

Pour l’heure, Clara et Gabriel décident de vivre leur amour sans tenir compte des autres. Carpe diem. Elle l’aime pour ce qu’il est. Il n’a jusqu’alors été aimé que pour ce qu’il avait. Jusqu’au jour où la douce Clara, qui jusqu’alors s’était contentée de ce que Gabriel lui offrait, exige plus d’engagement. Besoin de se projeter. Besoin d’être rassurée sur son désir de faire sa vie avec elle. Pourquoi soudain ce besoin impérieux? Pourquoi le ballet de leur amour ne peut-il continuer sur la même scène de légèreté? Désarçonné par cette exigence aussi inexpliquée que subite, Gabriel peine à se positionner. Et le destin de s’en mêler… Et un passeur d’âme de surgir. Ce dernier passe alors un contrat avec le jeune homme. Trois conditions à respecter. Un délai court pour y parvenir.

Gabriel veut vivre pour Clara. Clara veut mourir pour Gabriel. Huit jours, huit petits jours sont octroyés à Gabriel pour sauver la femme de sa vie, pour éviter que leur amour ne tire sa révérence. Mais comment venir en aide à Clara…s’il est déjà mort?

Avec « Si un jour la vie t’arrache à moi », Thierry Cohen renoue brillamment avec le mysticisme. Ou quand les accidents de la vie peuvent être l’occasion de modifier la donne, l’opportunité d’une rédemption. Une construction remarquable, un style très fluide, des personnages indiciblement attachants, de rebondissement en rebondissement – un vrai feu d’artifice- le lecteur s’engouffre dans le récit, victime consentante d’une lecture en apnée. Un envoutant ballet littéraire!

P. 40 : Le destin se moque de la beauté, de l’amour, des sentiments parce qu’ils offrent seulement une lecture du présent. Le destin, lui, lisse le temps, ignore l’éphémère. Il revendique l’avenir et ne se raconte qu’au passé.

P. 226 : On pense diriger sa vie et, un jour, on découvre qu’on se contente de la suivre. On ne sait pas comment on est passé d’acteur à figurant.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s