Le bleu des abeilles, de Laura Alcoba : tendre, pétillant et touchant

product_9782070142149_195x320

Le bleu des abeilles, de Laura Alcoba

Editions Gallimard, aout 2013

 

A l’âge de huit ans, la narratrice se prépare au grand voyage. Restée en Argentine, elle rejoindra bientôt sa maman, opposante à la dictature et réfugiée en France. Son père, lui, est emprisonné à La Plata. Pour réussir au mieux son intégration, elle entreprend d’apprendre le français avant son départ. « Le français est une drôle de langue, elle lâche les sons et les retient en même temps, comme si, au fond, elle n’était pas tout à fait sûre de bien vouloir les laisser filer – je me souviens que c’est la première chose que je me suis dite. Et qu’il allait me falloir beaucoup d’entrainement, aussi. » P.12. Elle s’imagine déjà à Paris, le long des quais de Seine, aux pieds de la tour Eiffel, ces lieux dont sa professeur de français, Noémie, lui a parlé. Mais après plus de deux ans d’attente, la fillette se retrouve non pas dans la capitale tant fantasmée mais au Blanc-Mesnil. Juste à côté. Enfin un peu loin. Voire beaucoup plus loin. Pourtant, loin de s’appesantir sur son sort, l’enfant, du haut de ses dix ans, a l’art de s’émerveiller de tout, de se réjouir de peu. Avec un regard neuf, drôle, terriblement attendrissant, elle nous décrit son entrée à l’école, son quotidien dans cet appartement au papier peint bardé de tuyaux, son apprentissage méticuleux de la langue, ses relations épistolaires hebdomadaires avec son père, sa découverte de la neige et tant d’autres changements qui émaillent sa nouvelle vie.

Un roman délicieux, touchant, sur la rude réalité de l’exil, le désir d’intégration, à travers le regard d’une enfant indiciblement attachante… A lire!

 

P. 73 J’ai aimé mon premier « e » muet comme tous ceux qui ont suivi. Mais c’est plus que ça, en vérité. Je crois que, tous autant qu’ils sont, je les admire. Parfois il me semble même que les « e » muets m’émeuvent, au fond. Etre à la fois indispensables et silencieuses : voilà une chose que les voyelles, en espagnol, ne peuvent pas faire, quelque chose qui leur échappera toujours. J’aime ces lettres muettes qui ne se laissent pas attraper par la voix, ou alors à peine. C’est un peu comme si elles ne montraient d’elles qu’une mèche de cheveux ou l’extrémité d’un orteil pour se dérober aussitôt.

Informations pratiques :

Nombre de pages : 121

Prix éditeur : 15.90€

ISBN : 978 2 07 014214 9

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s