La Kar’interview de Gilles Paris, auteur de L’été des lucioles : « Lumineux, mystérieux, sensible. »

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Copyright David Ignaszewski, agence Koboy
En ce mois de janvier paraît le quatrième roman de Gilles Paris, L’été des lucioles, aux éditions Héloïse d’Ormesson. Un voyage tendre et émouvant au pays de l’enfance qui ensoleillera le coeur et l’âme de chaque lecteur.
Rencontre avec l’auteur :
Karine Fléjo : Quel fut le point de départ de ce roman?
Gilles Paris :  L’envie d’un été lumineux, d’un chemin des douaniers (terrain de jeux mystérieux pour des enfants), et d’un lourd secret de famille!
KF : Tu te glisses dans la peau d’un enfant de neuf ans, exercice de style ô combien périlleux puisqu’il s’agit d’être juste tant au niveau du regard posé sur l’existence, des interrogations qu’elle suscite, qu’au niveau du ton ou du vocabulaire employés. Un exercice de style dans lequel tu excelles. Quel est ton secret pour « être » à ce point un enfant?
GP : Tu le dis dans ta question : je suis cet enfant, pendant toute la durée de l’écriture du roman. Je pense comme un enfant, je pleure et je ris comme un enfant, je m’interroge sur le monde comme un enfant.
KF : Penses-tu qu’il sommeille un enfant en chacun d’entre nous? Est-ce à lui que tu t’adresses en premier lieu?
GP : Je ne pense pas, hélas, que sommeille un enfant en chacun d’entre nous… Mais je ne demande qu’à réveiller celui qui s’est assoupi ailleurs! Plus on grandit, plus on perd, souvent cette spontanéité, ce côté naïf au bon sens du terme (l’humain), plus on juge sans s’en rendre compte et sans essayer de comprendre l’autre. Bien sûr le temps manque pour apprécier tous ceux et celles que l’ont peut croiser en une journée. Et puis, poser des questions, c’est s’intéresser à l’autre, savoir l’écouter…
KF : Selon toi, les rêves prennent-ils des rides, autrement dit, les rêves sont-ils l’apanage de l’enfance?
GP : Les rêves sont le reflet de notre personnalité, de nos inquiétudes, de nos angoisses, de nos envies. Quand j’étais en terminale, j’ai eu la chance d’avoir un professeur de philosophie qui me retenait en cours et étudiait avec moi les rêves qu’il m’avait demandé de noter sur un cahier au réveil. C’était un exercice passionnant. Car si les rêves sont souvent très présents au réveil, ils s’évanouissent souvent dans la journée, tout comme l’enfance qui laisse des bribes de souvenirs en nous, et, en ce qui me concerne, d’énormes trous noirs où je ne me souviens pas de tout un pan de mon enfance; même des photographies ne me rappellent rien.
KF : Les secrets de famille sont un des points centraux du roman. Penses-tu que les non-dits sont les maitres silencieux de notre destin? Faut-il tout dire ou est-il bon d’avoir ses secrets?
GP : Certains non-dits peuvent briser des destins et des êtres trop fragiles. Porter en soi un secret est une lourde responsabilité et je ne crois qu’il soit bon pour la santé de vouloir trop protéger autrui au détriment de soi. Après faut-il tout dire? Non je ne crois pas. Il est important d’avoir des jardins secrets qui ne peuvent blesser celle ou celui avec lequel on partage sa vie. C’est une manière comme une autre de faire vivre son couple, comme une double vie salutaire.
KF : Tu écris beaucoup en musique. Quelle musique pourrait avoir L’été des lucioles comme partition?
GP: J’écoute assez peu de musique classique, car étrangement la musique classique me rend particulièrement triste. Pourtant si je devais citer un titre qui se marie bien avec L’été des lucioles, je pense aussitôt à Lakmé de Léo Delibes. J’écoute aussi bien Vanessa Paradis (son dernier double album est un bijou) que les Pet Shop Boys. J’adore écrire sur Zazie ou les compilations de Béatrice Ardisson.
KF : Victor se fait cette magnifique réflexion (P.31) : et si grandir c’était essayer de rendre sa vie meilleure jour après jour? Est-ce notre devoir d’adulte de veiller à rendre notre vie belle, autrement dit, sommes nous acteur de notre destin?
GP : Oui, la vie est trop courte. Après, hélas, nous ne sommes pas du tout conçus pour le bonheur. On essaye, on échoue, on recommence, on dérape, on est poli et gentil, puis le contraire, on oublie de profiter d’un banc dans un parc, ou de transformer les nuages en théières. Et pourtant, par moment, on y arrive, comme un moment de grâce trop furtif.
KF : Que souhaites-tu partager en premier lieu avec tes lecteurs à la parution de ce nouveau roman?
GP : Une émotion, puis plusieurs, qui résonnent en eux, comme ce frisson parfois que l’on ressent en écoutant de la musique.
KF : Si tu ne devais garder que trois qualificatifs pour définir L’été des lucioles, quels seraient-ils?
GP : Lumineux, mystérieux, sensible
Propos recueillis le 15 janvier 2014
 Allez à la rencontre de l’auteur ce mercredi 29 janvier 2014! Gilles Paris fera en effet une séance de dédicaces à partir de 19H à la librairie Gallimard (15 Bd Raspail- Paris 7eme)
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