Dans la gueule du loup, de Marianne Guillemin. Mariée à un pervers narcissique. Un témoignage édifiant et plein d’espoir.

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Dans la gueule du loup. Mariée à un pervers narcissique. Témoignage de Marianne Guillemin

Éditions Max Milo, janvier 2014

Quand Marianne Guillemin se marie à l’âge de 21 ans, son époux, homme charismatique, tendre, brillant, a tout du prince charmant. Une symbiose parfaite en apparence.

Pourtant, très vite, le prince perd de son charme. Il se met en privé à dénigrer son travail, à la rabaisser, à l’invectiver… tandis qu’il se montre toujours excessivement charmant, calme et attentionné en public. Un homme à facettes, mi-ange mi-démon…

Mais difficile pour la jeune femme de s’avouer qu’elle peut s’être trompée à ce point sur son mari. Ne sait-il pas se montrer tendre encore… parfois? « C’était bien là toute la difficulté. Cette alternance de moments agréables et de violence inouïe. »(P.29) Alors elle balaie ses doutes, s’accroche à cette facette lumineuse de lui, celle de celui qui l’a séduite et qu’elle entrevoit quelquefois encore. Elle s’arc-boute à l’espoir que les crises ne surviendront plus, lui trouve pour l’heure des excuses. Ce n’est pas de sa faute… De toute façon, ne lui répète-t-il pas qu’elle est une moins que rien, qu’elle lui doit tout? « Tu n’es rien sans moi » (P.35). Et Marianne de se sentir coupable. Elle se met alors à surveiller ses moindres faits et gestes de crainte de l’agacer. Tout juste si elle ose respirer… Une situation d’auto-contrôle permanent. Et éreintant.

Les années passent. Trois enfants naissent de cette union. Le piège se referme sur elle.

Car malgré les 1000 et 1 stratégies mises en place par Marianne pour éviter qu’il ne s’emporte, pour se suradapter en permanence, pour offrir à ses petits un foyer le plus serein possible, les crises de son mari se font de plus en plus nombreuses. Aux propos avilissants se joignent les coups. La honte et la culpabilité la submergent alors. La peur aussi. « Le doute, la culpabilité, me faisait croire que j’étais responsable de cette situation et que j’avais le pouvoir, le devoir d’arranger les choses. » (P.75 ). Alors Marianne se tait. Alors Marianne cloisonne sa vie. Elle sourit à l’extérieur, volubile, assurée et encaisse à la maison, tremblante, sur le qui-vive.

Le quotidien est devenu un enfer mais avec des arrière-gouts de paradis entre deux crises. De courtes parenthèses tendres qui ne sont que des pièges tendus par son mari pour la retenir, pour lui faire croire au retour d’une vie apaisée et aimante. Avant de la violenter à nouveau.

Il ne lui est plus permis de douter à présent que l’homme qu’elle a aimé n’était qu’un masque. Pour autant, il lui faudra plusieurs années pour passer outre sa culpabilité et sa peur, pour trouver l’énergie de le fuir avec ses trois enfants, exténuée par la violence, les douches écossaises et le climat de terreur qu’instaure ce vampire affectif. Exsangue. Et puis, un jour, après dix années de mariage, c’est le point de non-retour : elle réalise que ses enfants, qu’elle chérit plus que tout, subissent de plein fouet cette violence eux aussi. Inacceptable pour un coeur de mère.

Alors elle s’enfuit. Pour sauver ses enfants. Pour sauver sa peau. Pour se reconstruire lentement mais sûrement.

Avec ce témoignage poignant, cette analyse très claire et très précise des mécanismes de la perversion narcissique, Marianne Guillemin nous livre une ode à l’espoir. L’espoir, pour toute personne victime d’un être manipulateur, de pouvoir sortir de ses griffes. Parce qu’il n’y a pas de fatalité à subir. Parce qu’il est possible de reprendre les rênes de son destin en mains.

A lire!

NDR : en fin d’ouvrage, trois annexes pragmatiques et indispensables – car si toute relation à un pervers narcissique est singulière, elle présente des caractéristiques universelles.

Annexe 1 : Comment aider les victimes de pervers?

Annexe 2 : Caractéristiques du pervers narcissique.

Annexe 3 : Paroles de femmes

La Kar’interview de Pierre-Yves Tinguely, auteur de L’axe du sang (M.A. éditions)

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Le 21 janvier dernier, M.A. éditions a publié L’axe du sang, un thriller absolument remarquable de Pierre-Yves Tinguely.

Rencontre avec l’auteur :

Karine Fléjo: Comment procédez-vous pour construire une intrigue si magistralement menée, aux rouages si parfaitement huilés?

Pierre-Yves Tinguely : J’ai un peu l’impression de fonctionner avec mes sensibilités de peintre. Ça veut dire qu’avant de faire ma peinture, j´ai déjà en tête le tableau final. Après, quand je commence à travailler, je m’aperçois qu’il faut plutôt faire ceci ou cela pour avoir tel effet, qu’il faut que je commence par faire telle partie car après il faudra que je laisse sécher trois jours, qu’il vaut mieux que je pose ma main à tel endroit car ici ce ne sera pas sec, etc. J’ai cette vision globale de l’histoire. Et au delà de cette construction technique – qui fait quoi, comment, pourquoi, à qu’elle heure?, une des principales notions qui m’intéresse est la crédibilité.

KF : Le fait que le lecteur adhère à la version donnée même si elle flirte avec l’étrange, voire le paranormal?

PYT : C’est le fait que l’on ne puisse à aucun moment, exactement comme pour un film, se dire : ce n’est pas possible ça, ça ne tient pas debout, on me prend pour un imbécile! Or je déteste être pris pour un imbécile. Donc dans ma méthode de travail, par respect pour les gens qui vont me lire, je veille à ce que la structure même de l’histoire tienne la route. Ça c’est le cadre. Puis à l’intérieur de ce cadre, je me laisse complètement exploser le cerveau. D’où l’impression que l’on a et que c’est un film et que c’est construit comme le ferait un architecte. Il n’a pas mis la salle de bains n’importe où si vous voulez. Tout est réfléchi, cohérent. Et c’est cela qui m’intéresse : qu’il y ait une corrélation entre un imaginaire structuré qui rentre dans quelque chose auquel on a envie de croire et la réalité.

KF : On se retrouve à la frontière de deux mondes donc?

PYT : Oui, entre le paranormal et la réalité pure et dure. Entre la réalité et cette sensation qu’on éprouve quand on effleure ce monde invisible, bizarre, incompréhensible. Aussi bien dans le cas du Codex Lethalis *que dans L’axe du sang, les enquêteurs sont sidérés, ne comprennent pas ce qui se passe et sont amenés du coup à devoir imaginer d’autres solutions aux frontières du paranormal.

KF : Ce roman fait suite au Codex Lethalis, paru l’an dernier, même si la compréhension de L’axe du sang n’impose pas d’avoir absolument lu le premier tome. Un troisième volet est-il envisagé?

PYT : En ce moment je suis en train de réfléchir au synopsis du tome 3, oui.

Un troisième volet attendu avec impatience après ces deux premiers tomes fascinants!

                                                                               

                                                                                     Propos recueillis le 24 janvier 2014

* Le codex Lethalis, roman de Pierre-Yves Tinguely, Paru Aux Editions Hachette en mars 2013. Sorti en format poche aux Editions MA Poche en janvier 2014.

L’axe du sang, de Pierre-Yves Tinguely (MA Editions) : un thriller magistral!

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L’axe du sang, de Pierre-Yves Tinguely

MA Editions, janvier 2014

     Quand Teodor Cepek, ancien prêtre devenu exorciste, se rend dans une ferme au nord de Varsovie, il n’imagine pas les catastrophes en chaine que son intervention va déclencher. Venu offrir ses services pour faire fuir les esprits malins hantant les lieux, il se heurte alors à une entité d’une puissance phénoménale. Et la famille qu’il est venu sauver d’être massacrée sous ses yeux. Et les animaux de la ferme de tous périr dans ce même déferlement de violence et de sang. Une horreur innommable. Seul Cepek survit. Et la puissance maléfique avec lui… Car ce dernier prend conscience d’une réalité horrifiante : son propre sang a été infecté par le mal. Quelques gouttes de celui-ci, un simple contact par l’air et c’est la mort qui se propage autour de lui. Comment éviter qu’un tel pouvoir tombe aux mains d’esprits animés par le désir de répandre la terreur et la mort? Comment contrecarrer cette puissance redoutable? Quel est le rapport entre la contamination sanguine de Cepek et ces fameux grimoires, les codex, dont chaque page est un condensé d’incantations destinées à invoquer les plus effroyables démons? Où sont ces codex? En la possession de qui? Quel est leur secret?

Dès lors, de la Pologne aux États-Unis, en passant par la Suisse, une course contre la montre est lancée. Il s’agit de barrer la route à l’énergie satanique du trio d’ouvrages maudits…

Avec L’axe du sang, Pierre-Yves Tinguely offre à ses lecteurs une intrigue magistralement menée, aux rouages d’une subtilité inouïe. On marche aux frontières de l’étrange, on court après le temps, on retient son souffle de la première à la dernière ligne. Impossible de résister à la puissance magnétique de la plume de l’auteur.

Si le sang de Cepek contient une substance maléfique, celui de Pierre-Yves Tinguely recèle indéniablement le gène du talent.

Un thriller incontournable qui vous fera frissonner l’âme!

Site de l’auteur : http://www.pyt.ch

NDR : L’axe du sang est le deuxième volet d’une trilogie, la suite (même si les deux ouvrages peuvent être lus séparément) de Codex Léthalis, paru en 2013 aux éditions Hachette (et en version poche aux éditions MA poche en 2014).