La Kar’Interview de Pamela Hartshorne

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La Kar’Interview de Pamela Hartshorne, auteur de La nuit n’oubliera pas (éditions de L’Archipel).

La nuit n’oubliera pas, ce sont deux femmes, deux époques, deux destins séparés par quatre siècles mais avec un seul et unique but  : sauver une enfant en danger. Et si le temps ne se déroulait pas linéairement?…

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Rencontre avec l’auteur : 

Karine Fléjo : Quelle est la place de la ville de York (nord de l’Angleterre) dans ce roman?

Pamela Hartshorne : Une place très importante, d’autant que mes recherches pour mon doctorat d’histoire médievale portaient sur les conseils de quartier dans cette ville au XVIème siècle. Je vis à York, au centre de la ville. Chaque jour je marche dans ces rues et j’imagine la vie des gens qui étaient dans ces conseils.C’est une ville où l’histoire est très présente, très forte, que ce soit dans les pierres, les constructions anciennes, comme si les murs avaient absorbé l’histoire. Ecrire ce roman, c’était un moyen de créer ce monde découvert dans les archives et de le rendre présent dans un autre univers, aujourd’hui. Oui, la ville de York est le personnage principal de ce roman.

KF : Auriez-vous aimé vivre à York à l’époque de l’héroïne Hawise, c’est à dire au XVIème siècle?

PH : Non pas vraiment, surtout pas au regard de la condition de la femme. Mais en même temps, ce qui ressort de mes études, c’est que les gens qui vivaient à York au XVIème siècle avaient les mêmes relations humaines que celles que nous connaissons. Nous avons une humanité en commun. Et aussi difficile soient les conditions, les femmes à cette période jouissaient de la vie. La vie était très gaie, très animée.

KF : Vous avez un doctorat en histoire médiévale. Dans l’écriture du roman, qu’est-ce qui prédomine la rigueur de l’historienne ou l’imagination de la romancière?

PH : Tout au long de la rédaction, j’ai été tiraillée entre les réflexes de l’historienne et l’instinct de la romancière qui ne pouvait s’empêcher de s’interroger et d’extrapoler. Comme bien d’autres auteurs de romans historiques, j’ai voulu recréer un univers plausible et aussi convaincant que possible. J’ai voulu retourner au XVIème siècle et faire vivre et penser les personnages comme vivaient et pensaient les gens de cette époque. Mais cela demeure « mon » XVIème siècle, mon interprétation de cette période.

KF : Quand vous commencez à écrire, avez-vous déjà la trame ou les personnages vous échappent-ils pour vivre leur vie propre?

PH : Je commence avec une idée et alors les personnages font évoluer l’histoire dans un sens que je n’avais pas envisagé. Ce sont eux qui décident. J’aimerais bien être un auteur qui planifierait tout, avec un cadre très défini pour chaque moment, chaque personnage. Or je tente de fonctionner comme cela mais cela ne se produit jamais ainsi au final.

KF : Vous avez deux héroïnes, sur deux époques différentes, Grace et Hawise. Comment avez-vous travaillé sur ces deux personnages?

PH : Quand j’ai commencé le roman, je me suis dit qu’il serait plus facile de traiter le personnage de Grace, cette femme de notre époque, plutôt que celui de Hawise dans les années 1580. Or ce fut le contraire. J’ai dû batailler énormément avec Grace car elle fait des voyages dans le passé, or comment peut-on faire le lecteur s’identifier à quelqu’un qui vit des expériences aussi étranges?

KF : On passe d’une héroïne à l’autre, d’une période à l’autre, de façon très fluide, comme s’il y avait à chaque fois un passage de témoin de l’une à l’autre.

PH : Je suis partie de l’idée qu’à partir d’un stress post-traumatique, on peut réexpérimenter quelque chose du passé à travers l’un de nos cinq sens. Le toucher, l’ouie, le goût, l’odorat, la vue vont servir à effectuer la bascule entre deux époques.

KF : Ce qui donne une construction remarquable, sans rupture de rythme, avec des enchainements qui semblent couler de source. Que souhaitez-vous partager en priorité avec vos lecteurs?

PH : J’aimerais qu’ils prennent conscience du poids du passé dans nos vies actuelles, qu’ils aient un regard curieux et bienveillant envers l’Histoire.

KF : Votre roman est très visuel. On l’imaginerait très bien porté au cinéma.

PH : J’adorerais!

                                                                                      Propos recueillis le 13 février 2014

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