La rue était mon lit, le poignant témoignage de Michel Baldy

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La rue était mon lit, de Michel Baldy

Avec Frédéric Veille

City Editions, mars 2014

L’avenue des Champs Elysées. Une adresse qui fait rêver les touristes, qui brasse au quotidien des milliers de passants. Un quartier aux enseignes prestigieuses, où les hommes d’affaires cravatés croisent les femmes sortant de chez les grands couturiers. C’est là que Michel a vécu pendant huit années. Là, sur un coin de trottoir devant le Monoprix. Peut-être l’avez-vous vu, peut-être l’avez-vous croisé. Mais lui avez-vous seulement souri? Vous êtes-vous arrêté? Ou comme nombre de badauds, ne lui avez-vous prêté aucune existence dans votre regard, de cette indifférence qui agresse, qui blesse, qui détruit? Il était pourtant là, entouré de ses deux plus fidèles compagnes, celles qui l’ont maintenu en vie, ses chiennes Grâce et Bowie.

«  On ne vient pas à la rue par choix ou par envie. On nous y pousse.(…) Derrière chaque histoire il y a un drame, un petit rien qui s’envenime, un coup de massue.  » Après une enfance chaotique, la perte de son jeune frère, des boulots précaires, le coup de grâce viendra de la demande de divorce de sa femme. Cette séparation est plus qu’il ne peut supporter, fait voler en éclats tout ce qu’il avait si péniblement construit. Elle entraine dans son sillage la perte de son emploi, de son toit, de ses rêves de stabilité. Alors un soir de septembre 2004, il réunit le peu d’affaires qu’il possède dans un sac à dos, prend ses deux chiennes et s’en va. Direction Paris. Et la rue de devenir son toit. Et la rue de devenir son lit.

Sa seule véritable angoisse : survivre. Froid, pluie, fatigue, faim, honte, mépris, indifférence, violence, vivre dehors c’est subir l’assaut permanent de ces maux. Heureusement, la sympathie et la gentillesse de Michel, toujours prêt à rendre service, lui valent des retours chaleureux des passants et des habitants du quartier. Un repas chaud, un journal, des cigarettes, de la nourriture pour ses chiennes, de quoi se payer une nuit d’hôtel, un sourire, des mots échangés. Des petits moments de paradis dans l’enfer du quotidien. Des oasis de douceur dans un monde de violence et d’alcool. « La manche, le froid, le sentiment de ne plus être vivant, l’alcool, la rue vous annihilent de tout. Mais jamais, jamais je n’ai perdu espoir, jamais je n’ai succombé à la tentation de succomber définitivement, de ne plus espérer.  » Et Michel Baldy a eu raison d’espérer. En cet hiver glacial de 2012, une main va lui être enfin tendue. Une chance va lui être enfin donnée.

Alors aujourd’hui Michel décide de témoigner. Pour insuffler cet espoir à ceux qui à ce jour, sont encore dans la rue.  » Ce que j’ai envie de leur dire, c’est qu’il ne faut jamais désespérer et que le jour où cette main se tend, il faut l’agripper et ne plus la lâcher« .

Un témoignage indiciblement émouvant qui, il faut l’espérer, redonnera de la densité aux SDF dans le regard des passants, là où bien souvent ils ne sont que transparence…

Retrouvez Michel Baldy dans ce court métrage consacré aux SDF « La misère d’un homme », un film de Sarah FRIKH, réalisé par Florent THOMAS.

 

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