La Kar’interview de Stéphane Bellat

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En ce mois de mars, Stéphane Bellat nous a offert un bouleversant roman chez M.A. éditions : La chambre d’Hannah. Si La Chambre d’Hannah plonge ses racines dans l’Histoire la plus sombre, c’est aussi le roman sensible et lumineux d’une amitié entre deux enfants qui n’ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu’où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l’impossible ?

Rencontre avec l’auteur :

Karine Fléjo : Vous abordez cette période sombre de l’histoire, la seconde guerre mondiale, à travers un prisme très intéressant, celui du regard d’un enfant. Un enfant n’a pas de préjugés, cherche à comprendre, pose un regard neuf sur ce qui l’entoure. Il ose poser des questions, toutes les questions, là où bien souvent les adultes s’abstiennent ou ne s’interrogent même pas.

Stéphane Bellat : Oui, un enfant va se focaliser plus sur les sentiments et les sensations. Cela m’a rappelé un peu Saint Exupéry dans Le Petit Prince. Il dit en l’occurence : si pour décrire votre maison vous dites à un adulte qu’elle a les murs blancs avec des tuiles roses, des volets bleus et que tous les jours les oiseaux viennent s’y poser, un adulte ne comprendra pas. Si vous lui dites : j’ai une grande maison de 100 000 francs, il vous répondra : Ah, qu’elle est belle! L’enfant et l’adulte ne portent pas leur attention sur les mêmes choses…

KF : C’est là toute la différence en effet. Dans votre roman, l’action se déroule sur deux périodes. Aujourd’hui à Paris, dans le quartier de Belleville. Et cinquante ans plus tôt, au coeur de l’occupation, exactement sur les mêmes lieux. Vous êtes spécialiste de la seconde guerre mondiale et avez mené plusieurs conférences à ce sujet. Cela vous a t-il aidé pour aborder ce livre?

SB : Oui, j’ai été aidé pour écrire La chambre d’Hannah par les conférences dans lesquelles j’ai été amené à intervenir, conférences autant pour les adultes, voire à des professeurs d’histoire, qu’à des enfants. Et à cette occasion je me suis aperçu que les questions n’étaient pas du tout les mêmes, que celles des enfants, à la limite, étaient bien plus pertinentes. Et j’ai donc choisi de décrire la guerre à travers le prisme légèrement déformant des enfants.

KF : Cela donne un récit d’autant plus touchant. Des enfants, Pierre et Maxime, qui par ailleurs n’ont pas ces hésitations que nous pouvons avoir, nous adultes, et décident sans plus attendre de venir en aide à Hannah et sa famille, menacée de déportation. C’est une évidence pour eux qu’il faut faire quelque chose.

SB : Ce n’est pas compliqué : si Pierre n’arrive pas à sortir Hannah de là, elle va mourir, finira en camp de déportation et sera gazée. Si l’amitié d’Hannah était retirée à Pierre, il finirait par mettre fin à ses jours.

KF : oui, c’est finalement une relation d’amitié où chacun est le sauveur de l’autre. Pour Pierre l’ambiance à la maison est si délétère qu’il n’a plus goût à la vie. Pour Hannah, c’est la menace de déportation. C’est un sauvetage réciproque de deux enfants à un moment charnière de leur vie.

SB : L’un ne peut pas vivre sans l’autre, oui. Ou les deux s’en sortent ou aucun ne s’en sort. C’est ou tout ou rien. J’avais envie d’écrire une histoire forte entre des enfants…

Mission accomplie et ô combien brillamment! Ce récit vous bouleversera et longtemps resteront en vous Pierre, Maxime et Hannah… A lire absolument!

                                                                                 Propos recueillis le 14 mars 2014 

Retrouvez la chronique consacrée à ce roman coup de coeur en cliquant sur ce lien : https://leschroniquesdekoryfee.wordpress.com/2014/03/24/la-chambre-dhannah-de-stephane-bellat-m-a-editions-attention-coup-de-coeur/

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