Je n’étais qu’un fou, de Thierry Cohen

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Thierry Cohen

Je n’étais qu’un fou, de Thierry Cohen

Éditions Flammarion, avril 2014

 

Samuel Sanderson est un romancier américain adulé par le public, qui passe son temps à faire la fête et séduire ses lectrices, négligeant sa famille. Un jour, il reçoit un message d’un homonyme qui lui affirme être lui dans le futur et lui reproche d’avoir renié ses valeurs et de tromper ses lecteurs. Il l’engage à changer de vie et écrire un livre qui révélerait sa vraie nature.

 

Informations pratiques :

Nombre de pages : 362

Prix éditeur : 19,90€

ISBN : 9782081332942

Vous souhaitez entrer à Sciences Po Paris sans passer de concours? C’est par ici que cela se passe!

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Tout savoir sur… Leurs années Sciences Po, Guy Jacquemelle

Éditions Kawa, mars 2014

 

Vous avez toujours rêvé d’intégrer cette institution mythique, vous vous préparez au concours d’entrée, vous avez fréquenté les bancs de la rue Saint-Guillaume et aimeriez y retourner, vous souhaitez découvrir la vie de cette grande école? Alors nul besoin de passer le concours, le livre très complet de Guy Jacquemelle sera votre meilleur passeport pour y entrer!

On ne présente plus Sciences Po, école réputée pour la qualité de son enseignement et de son exigence. Son ancrage dans les sciences sociales, son environnement international, et sa pédagogie irriguée par la recherche et le monde professionnel font la singularité de ce grand établissement, rappelait  récemment Frédéric Mion, son directeur. Mais si tout le monde a entendu parler de Sciences Po, qui connait mieux que ses anciens étudiants cette grande école?

Guy Jacquemelle est donc parti à la rencontre de seize d’entre eux, seize anciens étudiants devenus, chacun dans des spécialités très variées, des professionnels reconnus, tels Michel Rocard, Lionel Jospin, Hubert Védrine, Olivier Duhamel, Laurent Joffrin, Michèle Fitoussi, Jean Christophe Rufin, MarieLaure Sauty de Chalon, Ariane Chemin, David Pujadas, Anne Roumanoff, Raphaëlle Bacqué, Chantal Jouanno, Rama Yade, Loona Corrente et Vincent Galibert.

Des entretiens très riches et des anecdotes savoureuses qui révèlent les motivations de chacun, la façon dont ils se sont préparés au concours d’entrée, comment ils ont vécu ces années passées rue Saint Guillaume, les professeurs qui ont joué un rôle déterminant, les conseils qu’ils donnent à ceux qui aimeraient suivre leurs traces. Ainsi, si pour David Pujadas, Sciences Po, « c’est l’âge du bonheur », pour Hubert Védrine c’est plus mitigé « au début je n’ai pas beaucoup aimé le milieu et l’ambiance claniques ».

Un essai très pragmatique et très riche en enseignements, véritable bible sur cette noble institution qu’est Sciences Po!

Coup de coeur pour « Le sourire des femmes, de Nicolas Barreau » : le livre qui délivre…

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Nicolas Barreau

Le sourire des femmes, de Nicolas Barreau

Éditions Héloïse d’Ormesson, février 2014

« Je vais maintenant vous révéler un secret, mademoiselle Mirabeau, déclara-t-il, et chacun d’entre nous savait ce qui allait suivre, car nous l’avions tous déjà entendu une fois. Un bon livre est bon à chaque page. » Quand Aurélie, lectrice très occasionnelle, referme le roman qu’elle a entre les mains, nul doute pour elle qu’il s’agit d’un « bon » livre. Mieux : il s’agit DU livre, celui qui vient de lui sauver la vie grâce à l’éclairage apporté sur son existence, le livre qui l’aidera à surmonter les épreuves et l’accompagnera en tout lieu et en tout temps. Un livre lumière.

C’est pourtant le hasard – ou le destin?, qui l’a guidée vers ce roman joliment intitulé Le sourire des femmes. Dévastée par le départ de son compagnon, éplorée par le décès aussi soudain que récent de son père, la jeune restauratrice erre dans les rues de Paris, submergée par des idées sombres. Réfugiée dans une librairie de l’île Saint Louis pour échapper à un policier un peu trop insistant qui craint qu’elle ne tente de mettre fin à ses jours, elle se saisit du premier livre venu. Et de retour chez elle, confortablement installée pour lire, c’est le choc. Non seulement ce roman lui insuffle une extraordinaire foi en la vie, mais la comédie romantique qu’elle a entre les mains évoque une restauratrice trentenaire qui lui ressemble. Plus troublant encore, le restaurant choisi par l’auteur est SON propre restaurant…

Les informations sur la quatrième de couverture mentionnent que l’auteur, un certain Robert Miller, est un ancien ingénieur automobile résidant près de Londres. Comment cet homme peut-il connaître son petit restaurant de la rue Princesse, dans le quartier germanopratin? Comment se fait-il que l’héroïne soit son si fidèle reflet? Pour le savoir, mais aussi pour le remercier de lui avoir redonné goût à la vie, une seule solution : écrire à l’auteur. Mais ce qui semblait simple, à savoir initier un dialogie par écrits interposés, se complique quand l’auteur s’avère aussi mystérieux que ce Robert Miller, aussi insaisissable que l’air… Qui est-il vraiment? Et son éditeur, André Chabanais, pourquoi semble t-il faire barrage entre l’auteur et elle?

Dans cette comédie romantique à deux voix, Nicolas Barreau nous entraine de quiproquos en quiproquos, de petits en gros mensonges, de sorte qu’on s’interroge avec malice sur la façon dont les protagonistes vont bien pouvoir retomber sur leurs pieds. Une histoire d’amour indiciblement attachante, cuisinée avec beaucoup de talent, des zestes d’humour et énormément d’amour. A consommer sans modération!

Prix 2014 de la Closerie des Lilas : Lola Lafon!

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Créé en 2007, le Prix de la Closerie des Lilas a pour originalité de couronner une romancière de langue française dont l’ouvrage paraît à la rentrée de janvier. Depuis 8 ans, la vocation du Prix est de promouvoir, en toute indépendance, la littérature des femmes. Le Prix de la Closerie des Lilas 2013 avait été attribué à Alice Zeniter pour « Sombre dimanche » paru aux éditions Albin Michel.

Cette année, le Prix de la Closerie des Lilas 2014 a été attribué au second tour à 8 voix à Lola Lafon pour « La petite communiste qui ne souriait jamais » paru aux éditions Actes Sud contre 7 voix à Inès Benaroya pour « Dans le remise » paru aux éditions Flammarion.

Le jury invité en 2014 est composé de Cécilia Attias, Roselyne Bachelot, Lydia Bacrie, Mireille Darc, Anne Michelet, Mazarine Pingeot, Daphné Roulier, Amanda Sthers, Karine Tuil. Le jury permanent est quant à lui composé d’Emmanuelle de Boysson (Marie-Claire, romancière), Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Point de Vue, romancière), Carole Chrétiennot (cofondatrice du Prix de Flore), Stéphanie Janicot (Muze, romancière), Jessica Nelson (Au Field de la nuit, TF1), Tatiana de Rosnay (romancière).

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 Le livre lauréat:

Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ?
Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le romanacrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.

Sans oublier, de Ariane Bois ( éditions Belfond)

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Sans oublier, Ariane Bois

Editions Belfond, février 2014

La disparition de sa mère, elle pourrait en mourir. Pourtant elle va survivre, et l’épreuve de douleur se fait parcours de réconciliation, de compréhension et de vie. Une plume trempée dans l’urgence, un roman d’aujourd’hui.
Lorsqu’elle apprend l’accident qui a coûté la vie à sa mère, une jeune femme voit sa vie exploser. Tout se délite et s’obscurcit dans le ciel de sa mémoire. L’onde de choc atteint ses enfants et son mari. Pour enrayer cette chute libre, il lui faut partir, tenter de se retrouver pour sauver les siens.

Récit d’un crash intime, d’une fugue maternelle sur les traces d’un silence familial, Sans oublier raconte comment, pour devenir mère, il faut d’abord cesser d’être une fille.

Une écriture intense qui réconcilie de façon saisissante la noirceur du deuil et la rage de vivre.

Grand reporter au sein du groupe Marie-Claire et critique littéraire pour le magazine Avantages, Ariane Bois a déjà publié deux romans, Et le jour pour eux sera comme la nuit (Ramsay, 2009 ; J’ai Lu, 2010) et Le Monde d’Hannah (Robert Laffont, 2011 ; J’ai Lu, 2014). Tous deux ont été salués par la critique et par des prix littéraires, et traduits en plusieurs langues.

 

Les Thermes du Paradis, de Akli Tadjer (JC Lattès) : quand l’amour triomphe de tout

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Les thermes du Paradis, de Akli Tadjer

Editions JC Lattès, mars 2014

 

Il y a ceux qui ont eu une fée au dessus de leur berceau. Et les autres. Adèle Reverdy fait plutôt partie de la deuxième catégorie, du moins se vit-elle ainsi. Sa sœur, Rose, est tout l’inverse. Sûre d’elle, séductrice, « aussi belle de face que de fesses ». Et en joue. « Elle était tout ce que je rêvais d’être et que je ne serais jamais. Si elle n’avait pas été ma sœur, je serais tombée amoureuse d’elle comme tout le monde bien sûr. » Alors, avec son long nez, son teint de bougie, ses lèvres fines et son regard délavé, Adèle à 30 ans, enchaine les déceptions et humiliations amoureuses. Pour parfaire le tableau, elle exerce un métier qui effraie les rares prétendants : la pas très glamour profession de thanatopractrice.

Sous couvert de vouloir le meilleur pour sa sœur, de la vouloir heureuse, amoureuse, cette dernière ne cesse de la rabaisser, de l’humilier. En effet, chaque râteau pris par Adèle donne en réalité l’occasion à Rose d’enfoncer sa cadette un peu plus, d’asseoir sa supériorité sur sa faiblesse.  Mais depuis la mort accidentelle de leurs parents dix ans plus tôt, Rose est sa seule famille ou presque. Alors Adèle fait bonne figure malgré tout, encaisse les coups comme un punching-ball.

Or c’est quand il n’y a plus d’espoir qu’il ne faut désespérer de rien. Lors d’une soirée avec sa meilleure amie Leïla, Adèle a le coup de foudre pour Léo, un bel homme noir, masseur aux Thermes du Paradis. Elle ne pense plus que Léo, ne respire plus que Léo, ne se vit plus qu’avec Léo. « Il m’obsède jusqu’aux derniers replis de mon âme. Je revois son sourire, ses dents blanches, ses paumes de main roses et sa peau noire. » Criblée de doutes sur elle-même,  son attirance est toutefois telle qu’elle fera tout pour le revoir. Mais Léo a une particularité : suite à un accident de cirque, il a perdu la vue. Aussi, même s’il se dit lui aussi sous le charme, même s’il la voit avec le bout de ses doigts et la trouve belle,  cela ne suffit pas à rassurer Adèle sur son potentiel de séduction. L’aimerait-il toujours s’il découvrait ses traits ? S’il recouvrait la vue, serait-il conforté dans ses sentiments ou s’éloignerait-il ? Un risque qu’Adèle est prête à prendre. Par amour. Pour celui dans le regard duquel elle est née…

Avec Les Thermes du Paradis, Akli Tadjer aborde les thèmes du deuil et de la solitude affective avec une infinie délicatesse. Il signe ici un roman plein de tendresse, de sensibilité et d’humanité, qui se lit avec beaucoup d’émotion. Ou quand l’amour triomphe de tout…

Un ciel rouge le matin, de Paul Lynch (éditions Albin Michel) : un premier roman juste magnifique!

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Un ciel rouge le matin, de David Lynch

Éditions Albin Michel, mars 2014

Printemps 1832. Au service du même propriétaire terrien depuis plusieurs générations, la famille de Coyle s’est toujours appliquée à la tâche. Son père y a même laissé la vie. Aussi, quand Coyle apprend que lui et les siens sont expulsés, c’est un indicible sentiment d’injustice qui l’envahit. Il veut que le propriétaire anglais, Monsieur Hamilton, lui motive sa décision. Mais la conversation tourne mal et le maître se tue dans une malencontreuse chute. Accusé de meurtre, Coyle n’a d’autre choix que de fuir, d’abandonner la mort dans l’âme femme et enfant. Cependant les hommes de main de Hamilton, notamment John Faller, n’entendent pas renoncer aussi facilement. La chasse à l’homme est lancée. Impitoyable. Incessante. Terrifiante.

Devenu fugitif, Coyle s’embarque sur un bateau en partance pour les États-Unis. Dans son esprit, l’espoir de revenir tôt ou tard en Irlande, tant le lien à la terre, aux racines, est puissant. Mais la Pennsylvanie n’est pas l’eldorado tant espéré. L’exploitation humaine et la violence y font rage. Et Faller a lui aussi fait le voyage… La traque continue.

Paul Lynch signe ici un remarquable premier roman. Un roman dense, d’une puissance évocatrice exceptionnelle, où la nature se révèle être un personnage à part entière. L’Irlande du XIXème siècle est en effet décrite avec lyrisme dans toute sa beauté, sa luxuriance, son âpreté aussi. On sent les parfums, on admire les couleurs, on cuit sous le soleil, on s’engouffre dans le sillage de la plume si puissante et si belle de l’auteur, témoin catapulté au coeur des scènes plus que lecteur.

Un roman à lire absolument.

Un auteur à suivre assurément.