Quel effet bizarre faites-vous sur mon coeur, Christine Orban : un coup de coeur!

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 Quel effet bizarre faites-vous sur mon coeur, Christine Orban

Albin Michel, mai 2014

 

Avec une empathie troublante, Christine Orban s’empare du personnage de Joséphine et nous fait partager ses passions amoureuses.

Tandis que Napoléon est exilé sur l’île d’Elbe, l’impératrice Joséphine, que ce dernier a répudiée après quinze ans de vie commune, décide de lui écrire, de consigner dans un cahier tout ce qu’elle a sur le cœur. Pour le repos de son âme. Pour tenter de comprendre comment leur philosophal amour a pu péricliter ainsi. Pour mettre des mots sur ses maux. Pour obtenir le pardon de celui qu’elle n’a jamais cessé d’aimer…

Car depuis ce jour où Napoléon l’a convoquée aux Tuileries pour lui annoncer sa décision irrévocable de divorcer, Joséphine n’est plus que géhenne. » Combien de fois le mot divorce a t-il résonné dans ma tête depuis que tu l’as prononcé? Des milliers de fois. J’ai été battue, flagellée par un mot. Quand mon esprit sortira t-il du tourbillon dans lequel la douleur le retient prisonnier?« (P.17) Certes, depuis que Napoléon a découvert sa relation avec Hippolyte Charles, Joséphine vivait avec une épée de Damoclès au dessus de la tête. Un écart de conduite isolé toutefois, qu’elle n’a eu de cesse de regretter. Ce n’est cependant pas cette liaison adultérine que l’empereur toujours amoureux de sa femme, invoque, mais la raison d’état : il a besoin d’une descendance, or Joséphine ne parvient plus à enfanter. L’amour sacrifié sur l’autel de la gloire. L’État comme rival. Percluse de douleur, elle se retire à la Malmaison. Jamais plus elle ne recevra ses missives enflammées, jamais plus elle ne pourra l’étreindre dans le lasso de ses yeux. «  Quelques secondes avant d’expirer, j’aimerais t’entendre me redire : » Douce et incomparable Joséphine, quel effet bizarre faites-vous sur mon cœur.« 

Dans ce roman rédigé sous la forme d’un journal intime destiné à Napoléon, Christine Orban se glisse avec sensibilité et finesse dans la peau, dans le cœur et dans la tête de Joséphine. Une osmose fascinante entre la romancière et l’impératrice, une immersion indiciblement juste et brillante dans l’univers de cette femme blessée et humiliée, émaillée de nombreux détails historiques. Le lecteur découvre alors l’impératrice, femme éperdument amoureuse et d’une ineffable bienveillance, loin des clichés réducteurs de femme légère et dépensière. Il entre dans son intimité et ne peut que constater que grâce au tour de force de Christine Orban, ce roman fait lui aussi un effet bizarre sur son propre cœur. Ou quand un destin singulier, un chagrin d’amour, recèle en lui des caractères universels qui toucheront chacun…

Un vrai coup de cœur!

P. 104 : L’attente est une présence différée, une présence envoûtante et obnubilante, chargée d’espoir, de souvenirs.

P.248 : Il y a des sentiments qui sont la vie même et qui ne peuvent finir avec elle.

 

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