Dans la remise, premier roman de Inès Benaroya (Flammarion)

Dans la remise, de Inès Benaroya

Éditions Flammarion, avril 2014

Du désir d’enfant.

Depuis plus de dix ans, Anna vit avec Bertrand un bonheur simple qui ne cesse de l’émerveiller. Un bonheur que rien ni personne ne semble pouvoir entacher, pas même l’annonce de la mort de sa mère, Ava. Pour Anna en effet, Ava est déjà si loin d’elle, si loin de ses préoccupations et de son cœur depuis des années, que son décès ne fait qu’officialiser ce qu’elle ressent.

Et pourtant. Pourtant, cet événement qu’elle considère à tort comme un non événement va faire vaciller sa vie. « En mourant, Ava lui laisse un héritage empoisonné. La mort va de pair avec la mémoire. » Les souvenirs affluent. La pension, le manque d’amour, cette Monique qui lui a ravi sa mère, son père parti quand elle avait six ans, ses origines juives, sa grand-mère Tina. Depuis combien de temps détestait-elle sa mère? Des années. Dès lors comment concevoir de devenir mère à son tour, de donner de l’amour à un enfant, quand on n’en a soi-même pas reçu? Tout comme Tina n’avait pas su aimer Ava, Ava n’a pas su aimer sa fille. Pour cette raison, Anna a jusqu’alors toujours refoulé son désir d’enfant. Pour ne pas reproduire ce qu’elle a enduré. Pour mettre fin à la malédiction familiale perpétrée par ces femmes incapables d’aimer leur progéniture.

Parallèlement à ce décès, un autre fait vient perturber Anna. Elle découvre la présence clandestine d’un enfant d’une dizaine d’années dans la remise de son jardin. Un enfant qu’elle n’ose pas approcher, dont elle ne parle à personne, pas même à Bertrand. Que fait-il là? D’où vient-il? Anna y voit plus qu’une simple coïncidence : sa présence dans la remise est un signe du destin. « Il n’est pas venu par hasard. Il est venu trouver un abri, la tranquillité, une famille peut-être, une mère. Il est venu pour elle. Il l’a choisie. Ce n’est pas un hasard. Il n’y a pas de hasard. » (P.85) Un enfant auquel elle va s’attacher en secret.

La conjonction de ces deux évènements va conduire Anna à l’introspection. Une voie solitaire mais nécessaire pour se retrouver, se trouver enfin. Et si ce désir d’enfant pouvait finalement s’exprimer?

Un premier roman très prometteur, une romancière à la plume sensible et délicate. A découvrir!

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Celui dont le Nom n’est plus, de René Manzor (éditions Kero)

 

imageCelui dont le Nom n’est plus, de René Manzor

Editions Kero, mai 2014

 

Londres, au petit matin. Sur une table de cuisine, gît un homme vidé de ses organes. L’assassin est une vieille dame à la vie exemplaire. Pourquoi cette femme a-t-elle sacrifié l’homme qu’elle a élevé comme un fils ?
Elle est incarcérée. Pourtant, le lendemain, un autre homme est tué de façon similaire. Par la personne qui l’aimait le plus au monde. À chaque fois, les tueurs, qui ne se connaissent pas, laissent derrière eux la même épitaphe écrite dans le sang de leur victime :
Puissent ces sacrifices apaiser l’âme de Celui dont le Nom n’est plus…

Trois destins vont se lier autour de ces meurtres incompréhensibles : ceux de McKenna, vétéran de Scotland Yard, de Dahlia Rhymes, criminologue américaine et de Nils Blake, l’avocat de ces coupables qui ressemblent tant à des victimes.
Trois destins, et trois vies détournées à jamais de leur cours.

Informations pratiques :

Nombre de pages : 400

Prix éditeur : 20€

ISBN : 978-2-36658-112-6

Les dieux sont vaches, de Gwendoline Hamon (JC Lattès)

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Gwendoline Hamon nous raconte sa mère, son destin hors du commun et à travers elle, l’histoire de cette famille pas comme les autres, réunie, soudée autour de cette femme fascinante au moment de sa disparition, pendant ces soixante neuf jours où les dieux ont été un peu vaches…

Six ans après le décès de sa mère, Gwendoline Hamon s’autorise à évoquer celle qui n’est plus, « avec une volonté d’expier une culpabilité enracinée au plus profond de moi et de me délivrer d’une douleur.(-) Je sais que je ne suis pas responsable de mon histoire familiale, mais j’en porte le poids. »

Novembre 2008. De retour de New-York, Zélie apprend une terrible nouvelle : sa mère Caroline a un cancer en phase terminale. Le médecin ne lui donne que huit jours à vivre. Dix tout au plus. Après le séisme de cette annonce, Zélie se ressaisit. Hors de question que sa mère apprenne l’existence de cette épée de Damoclès au dessus de sa tête. Hors de question qu’elle mesure la gravité de son état. Et en fille responsable que l’on a fait grandir trop tôt, Zélie décide de faire ce qu’elle a toujours fait : être la mère de sa mère, veiller sur elle, la protéger, la rassurer, la cajoler. Il s’agit de faire de ces jours de vie en sursis les plus beaux jours de sa vie. Alors elle informe un par un tous les êtres chers, pour que tous contribuent à rendre le crépuscule de la vie de Caroline tendre, joyeux, pétillant, lumineux.

Tandis que le temps file entre ses doigts là où chaque minute restante est précieuse, Zélie repasse le film de son enfance sur l’écran de son esprit. La femme amaigrie et faible qu’elle a sous les yeux, ce petit oiseau tombé du nid, était jusqu’alors une femme fantasque, en quête d’absolu, attirée par les voyants étranges, les forces occultes. Une femme tantôt tendre tantôt cruelle, qui oscillait entre crises de larmes, crises d’angoisse, envolées lyriques et exaltation pour le paranormal. Une femme enfant qui n’a jamais assouvi son besoin viscéral d’être aimée, pas plus qu’elle n’a su verbaliser son amour pour sa fille. Du moins jusqu’ici. Ces derniers instants à son chevet lui permettront-ils d’atteindre le Graal maternel?

Avec ce roman autobiographique, Gwendoline Hamon rend un hommage très touchant et indiciblement tendre à sa mère. Une maman qui de fait continue à vivre sous les traits de sa plume…

L’élixir d’amour, de Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel)

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L’élixir d’amour, de Eric-Emmanuel Schmitt

Editions Albin Michel, mai 2014
« L’amour relève-t-il d’un processus chimique ou d’un miracle spirituel ? Existe-t-il un moyen infaillible pour déclencher la passion, comme l’élixir qui jadis unit Tristan et Yseult ? Est-on, au contraire, totalement libre d’aimer ? »

Anciens amants, Adam et Louise vivent désormais à des milliers de kilomètres l’un de l’autre, lui à Paris, elle à Montréal. Par lettres, tout en évoquant les blessures du passé et en s’avouant leurs nouvelles aventures, ils se lancent un défi : provoquer l’amour. Mais ce jeu ne cache-t-il pas un piège ?

 

Observateur pertinent des caprices du cœur, Eric-Emmanuel Schmitt explore le mystère des attirances et des sentiments.

 

Informations pratiques :

Nombre de pages : 162

Prix éditeur : 15€

ISBN : 978 2226 256195

 

Dans la remise, de Inès Benaroya (Flammarion)

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Dans la remise, de Inès Benaroya

Éditions Flammarion, avril 2014

 

Anna se réveille en sursaut. Un bruit l’a arrachée au sommeil. Le lendemain, elle s’approche de la remise au fond de son jardin. Sur le vieux canapé, allongé de tout son long et dans un relâchement total, un enfant dort.

Informations pratiques :

Prix éditeur : 18€

Nombre de pages : 303

ISBN : 9782081331976

Glissez Les gosses dans votre poche!

9782253179207-T

Les gosses, de Valérie Clo

Éditions du Livre de poche, Juin 2014

Ils vous sourient, vous tendent leurs petits bras, se lovent sur vos genoux et soudain vous vous réveillez. Face à vous, les gentils petits sont devenus des ados boutonneux et râleurs. Affalés en travers du lit devant des jeux vidéos à longueur de journée, opposés à tout par principe, la maman chérie devient l’adulte à l’écart de laquelle il faut marcher car « c’est trop la honte », « ça fait pitié ».

Quadra divorcée, mère de deux ados et d’une petite fille de 9 ans, elle se sent dépassée. Comment ces gentils petits coeurs ont-ils pu changer ainsi? Eux si mignons, tellement en adoration devant leur maman, ne la ménagent plus guère. Et de faire souvent le même cauchemar : « Mes enfants se transforment, ils ont des bras et des jambes immenses qui traversent l’appartement et sortent par les fenêtres, ils prennent de plus en plus d’espace. Je suis obligée d’enlever toutes les portes. Je les regarde se développer ainsi, impuissante, et j’ai peur qu’ils m’écrasent. » Il va falloir gérer au mieux le fait d’être passée en quelques mois du « top 50 des mamans à l’has-been. » Et penser aussi à soi, à refaire sa vie.

Avec « Les gosses », Valérie Clo dresse le portrait d’une femme en laquelle se reconnaîtront bien des mamans. Enfants à gérer, vie sentimentale nouvelle à envisager, travail à assurer, la maman doit être sur tous les fronts à la fois. Un livre irrésistiblement drôle, des personnages attachants, des situations plus vraies que nature, vous passerez un délicieux moment au coeur de ces pages!

Elle marchait sur un fil, de Philippe Delerm (Le Seuil)

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Elle marchait sur un fil, de Philippe Delerm

Éditions du Seuil, avril 2014

Les parents doivent-ils influencer le devenir de leurs enfants ? Que reste-t-il à créer lorsqu’on entame la seconde partie de sa vie ? Dans ce roman poignant qui oscille entre la Bretagne et Paris, Philippe Delerm aborde ces sujets pour la première fois, traçant le portrait fragile d’une femme en équilibre sur le fil de sa vie.

« C’est ça qui est le plus dur, je crois. Ne pas savoir quand il a commencé à ne plus être avec moi. En ce moment, j’essaie de vivre dans l’instant, de m’étourdir un peu. » (P.20) Marie, cinquante ans, se trouve à un moment charnière de son existence, entre deux vies- l’une révolue et l’autre à définir, entre deux villes- Paris et le Faouët en Bretagne.

Pierre, l’homme dont elle a partagé trente années de vie et avec lequel elle a eu un fils, Étienne, vient de la quitter. Avec lui s’envolent tous ses repères. Tout est à réinventer, à reconstruire, voire à construire. Même son travail d’attachée de presse free lance à Paris ne la satisfait plus, au point qu’elle s’offre le luxe d’envoyer ad pâtres son dernier et pourtant très prometteur dossier éditorial. L’heure est aux questionnements, à la quête de soi, de ses désirs profonds. Et si une autre forme de bonheur, d’accomplissement personnel, passait par la création artistique?

Car Marie a en effet toujours eu la passion du théâtre. Une passion dans laquelle elle a vivement encouragé pour ne pas dire contraint son fils à persévérer. Mais ce dernier a fini par abandonner cette voie pour lui préférer l’architecture d’intérieur. Peut-on décider pour les autres de leurs choix de vie? Peut-on vivre par procuration? Cette fois, une opportunité est donnée à Marie de s’approprier son rêve. De jeunes étudiants en art dramatique sont en effet en vacances dans la maison voisine du Faouët. Maintenue en équilibre sur le fil de la vie grâce au balancier que constituent l’affection de ses amis André et Agnès, l’amour complice de sa petite-fille Léa, elle s’élance alors dans un délicieux vertige vers la rive de la création. Monter un vrai spectacle, de l’écriture à la mise en scène en passant par la direction des acteurs, voilà un défi qu’elle entend relever, un sens à donner à son existence.

Avec Elle marchait sur un fil, Philippe Delerm nous offre un roman sensible et émouvant, d’une mélancolie douce…

P.93 : Le monde de l’édition était comme celui du théâtre. Il fallait pouvoir se trouver en position d’être demandée. Jamais demandeur.

P.117 : Le funambulisme était la vie même : une aventure permanente où prendre le risque du bonheur était forcément un vertige.

P.164 : On est heureux ou on écrit. Mais on n’écrit pas pour dire : je suis heureux. Peut-être pour dire je l’étais, ou je voudrais l’être…