Les montagnes bleues, de Philippe Vidal (éditions Max Milo) : une épopée magistrale sur fond historique

imageLes montagnes bleues, de Philippe Vidal

Éditions Max Milo, mai 2014

(430 pages – 22€)

Une épopée magistrale sur fond historique méconnu : la fronde des « nègres marron » au XVIIIème siècle en Jamaïque.

Si John Fenwick, important propriétaire d’une plantation de canne à sucre est encore de ce monde, il le doit à son esclave Christian. Tandis qu’il n’était encore qu’un enfant, ce dernier l’a en effet sauvé de la noyade. En signe de gratitude, les parents de John décidèrent alors d’extraire Christian de sa pénible condition et de lui offrir un toit, des vêtements et une vie loin des champs. Plus improbable encore pour ce nègre marron : le maître lui offre l’accès à l’instruction, aux côtés de son fils John. Lecture, écriture, philosophes latins et grecs n’auront bientôt plus aucun secret pour lui.

Une condition privilégiée qui lui vaut d’être tiraillé entre les siens qui le considèrent comme un traître, et les blancs qui acceptent mal qu’un esclave bénéficie de tels avantages.

Un statut qui va toutefois vaciller à l’issue d’une conversation compromettante qu’il surprend entre son maître John et le contremaitre de la plantation, Stanton. La plantation a en effet été ravagée par une violente tempête et la récolte anéantie. Pour John Fenwick, tous ces esclaves à nourrir – comme le Code l’y oblige, alors qu’ils sont réduits à l’inactivité, est une charge inenvisageable. Stanton lui propose alors une solution aussi radicale et cruelle qu’illégale : éliminer les esclaves cependant maquiller ces décès en accident. Mais voilà, cette proposition inhumaine a un témoin, Christian. Pour Stanton, une seule solution : l’éliminer. Mais John lui accorde un sursis : il l’aide à s’enfuir, tout en mesurant ses faibles chances d’en sortir.

C’est sans compter avec l’intelligence de Christian. Réfugié dans les montagnes bleues, au cœur d’un village constitué de nègres marron, ces esclaves fuyards regroupés en colonies, il va devenir le porte-parole des opprimés et leur donner les moyens, puisés dans sa connaissance des grands philosophes, d’accéder à l’autonomie, à l’agriculture irriguée, aux stratégies de défense militaire et, cause à laquelle il tient plus que tout : à la démocratie.

C’est un plongeon fascinant et émouvant dans le temps (début du 18ème siècle) et dans l’espace (la Jamaïque), que Philippe Vidal offre au lecteur. Une immersion dans ces colonies de nègres marron à un moment crucial de leur histoire, celui où tout va basculer. On nage dans le sillage du courageux et bouleversant Christian, en apnée tant les rebondissements sont multiples, touché d’accompagner ces personnes sur le chemin de la démocratie. Le combat de Christian n’aura pas été vain : il a conduit à un accord historique en 1739 entre les planteurs et les colonies de nègres marrons.

Une épopée magistrale à savourer sans modération!

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