La Karinterview de Catherine Locandro, auteur de L’Histoire d’un amour

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Elle est un de mes coups de coeur de cette rentrée littéraire, avec une plume aussi sensible que délicate. Je parle bien entendu de Catherine Locandro et de son nouveau roman L’Histoire d’un amour, aux éditions Héloïse d’Ormesson. C’est avec beaucoup de gentillesse qu’elle a accepté de se prêter à une Karinterview.

Rencontre avec l’auteur :

Quel est le thème central de ce roman?

Ce roman raconte et explique le destin d’un homme, à travers l’histoire d’amour qu’il a vécue lorsqu’il avait vingt ans.

 

Comment vous est venue l’idée de ce roman?

J’avais envie d’écrire sur Dalida depuis quelques temps déjà. D’abord parce que je trouve que la vie de cette femme, marquée par de nombreuses tragédies, est éminemment romanesque. Il y a une noirceur, comme une malédiction derrière les paillettes, que j’avais envie d’explorer. Ensuite, Dalida fait partie du paysage musical de mon enfance, de mon adolescence. On écoutait Dalida chez moi. C’était une figure familière. En partie, je pense, parce que ses origines à la fois calabraises et orientales faisaient écho aux origines de ma propre famille.

J’ai donc commencé à faire des recherches sur Dalida, sur ce qui aurait pu être un point de départ… Et je suis tombée sur un article daté du 10 novembre 1995 et paru dans le journal italien La Stampa. On y annonçait la publication d’une biographie, écrite par Catherine Rihoit en collaboration avec Orlando, le frère de Dalida. Et on parlait de l’histoire qu’avait eu Dalida à la fin des années 60 à Rome, avec un homme plus jeune qu’elle. Un garçon issu du milieu populaire romain. Cette liaison était restée secrète, pour différentes raisons.

En lisant cet article, je me suis dit ça y est, j’ai mon point de départ : j’imagine que 30 ans après, ce garçon devenu un homme ouvre le journal le matin du 10 novembre 1995 et voit cette histoire, demeurée secrète jusque-là, dévoilée au grand public. Que fait-il de sa journée après avoir lu l’article ? Qui va-t-il voir ? A qui va-t-il parler, lui qui s’est tu durant tant d’années ?

 

Vous êtes vous plongée dans la vie de Dalida (documentaires télévisés, biographies, etc) pour nourrir cette histoire ?

J’ai lu des biographies, oui, et regardé quelques images d’elle sur Internet, des extraits d’interviews… mais pas tant que ça. Je ne voulais pas que cela boque mon imaginaire.

Ce roman étant inspiré d’une histoire vraie, comment trouve t-on le juste équilibre entre véracité des faits et fiction, autrement dit, comment parvient-on à trouver la bonne distance par rapport à la réalité?

Le travail de documentation, c’est à dire la réalité, n’est qu’une base. La réalité est ce qui nourrit la fiction. Elle permet l’envol de l’imaginaire et ne doit pas l’entraver. Il était clair pour moi depuis le début que ce livre serait une fiction, pas une biographie. « Ma » Dalida est une Dalida de roman, c’est elle sans être elle. C’est pour cela que je l’appelle « la Chanteuse » tout au long du livre. Le personnage principal reste Luca, l’homme qui l’a aimée. Le personnage de la Chanteuse existe à travers lui, son regard et ses souvenirs…

 

Dans ce roman, à l’instar du précédent, L’enfant de Calabre, on retrouve l’importance du poids des secrets, des non-dits. Pensez-vous que ces derniers peuvent entraver une vie?

Bien sûr, parce qu’ils empêchent d’être libre. Parce qu’on vit perpétuellement dans la peur d’être rattrapé par ce qu’on cache. Il n’y a plus de spontanéité possible, plus de lâcher prise. C’est difficile d’être soi et d’accomplir pleinement son destin dans de telles conditions !

 

Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs?

Le plaisir que j’ai eu à écrire ce livre.

 

-Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle serait-elle?

On s’habitue au secret, on en vient à se confondre avec lui, à devenir un étranger pour tous, même pour soi.

 

Retrouvez, en cliquant sur ce lien, la chronique que j’ai consacrée au nouveau roman de Catherine Locandro, L’Histoire d’un amour!