J’aurais voulu être un oiseau, de Aurélie Desfour et Léa Miozzo (éditions Gautier Languereau)

J’aurais voulu être un oiseau, de Aurélie Desfour et Léa Miozzo

Editions Gautier Languereau, août 2014

 

Qui n’a pas rêvé un jour d’être transformé en animal? Chien, chat, cheval, … Notre petit garçon, lui, aurait aimé être un oiseau. Seulement voilà, qui dit oiseau dit transformations en cascade, toutes plus fantaisistes et amusantes les unes que les autres. « Si j’étais un oiseau, j’aurais des plumes aux fesses. Si j’avais des plumes aux fesses, je danserais dans un cabaret. Si je dansais dans un cabaret… » On entre avec bonheur dans la valse de ses « si », on sourit à chaque rebondissement. On applaudit la fantaisie et la poésie de l’auteur, les couleurs chatoyantes et les dessins pétillants de Léa Miozzo.

…et on rêve à son tour de devenir oiseau.

Un joli livre à qui donne des ailes!

Informations pratiques :

Prix éditeur : 9,90€

ISBN : 978 2013 831543

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Tu n’es pas (si) petit!, de Anna Kang, illustré par Christopher Weyant : c’est aussi la rentrée des petits!

Tu n’es pas (si) petit! , de Anna Kang, illustré par Christopher Weyant

Editions Gautier Languereau, août 2014

 

Lorsque ces drôles de  créatures velues se rencontrent , force leur est de constater qu’elles ne se ressemblent pas. Certaines sont petites, d’autres grandes, d’autres encore plus grandes, d’autres encore plus petites, décidément tout est question de relativité! Et de respect de la différence. Car somme toute, l’important n’est t-il pas de s’apprécier au delà des particularités de taille, de couleur, d’origine? Si bien sûr. Et c’est bien la leçon de cette jolie histoire.

 

Ce livre pour enfants aborde avec beaucoup d’humour le principe de tolérance. Il entraine petits et grands sur la trace de gentils monstres aux tons acidulés et à la bouille craquante que l’on a tous envie d’adopter.

Une très jolie histoire illustrée par le graphisme savoureux et tendre de Christopher Weyant.

A offrir!

Informations pratiques :

Prix éditeur : 9,90€

ISBN : 978 2 01 3833140 6

 

La Karinterview de Serge Joncour à la faveur de la parution de L’écrivain national!

Lire Serge Joncour, ce n’est pas juste tenir un ouvrage entre ses mains et en caresser les pages du regard. Lire Serge Joncour, ce n’est pas juste être captivé par une intrigue et être attaché aux personnages. Lire Serge Joncour, ce n’est pas juste plonger au coeur de l’humain et succomber à son irrésistible humour. Lire Serge Joncour, c’est bien plus que cela. C’est une immersion en trois dimensions, c’est voir, sentir, ressentir, toucher, frémir, trembler, frissonner, respirer, suffoquer, pleurer, rire, sourire, applaudir au diapason des personnages. Lire Serge Joncour, vous l’aurez compris, c’est VIVRE l’histoire qu’il nous offre. Un talent d’écriture rare. Et son nouveau roman, L’écrivain national, est à ce titre un bijou.

Rencontre avec l’auteur :

 

Quelle a été l’idée de départ de ce roman?

Le point de départ… En plus de la forêt, c’est l’idée d’impliquer un auteur dans le faits divers sur lequel il se penche, « mouiller » un auteur dans une histoire qui n’est pas la sienne et à laquelle il s’intéresse de trop près, le prendre au piège… Les faits divers sont un des germes majeurs de la littérature, Madame Bovary, Le rouge et le noir, même le Comte de Montécristo, et bien sûr toute une vague de publications récentes, et donc j’avais envie que mon personnage soit comme un tribu, une rançon, qu’il paye pour tout ce que la littérature doit aux faits-divers…

 

Quel en est le thème central?

L’écriture et le réel. Qu’est-ce qu’un écrivain, et quel est son rapport aux autres, peut-il vivre toutes les épreuves et les joies de sa vie sans l’arrière pensée d’en faire un jour un livre… ?

La forêt… Je la vis comme un élément à part, je le dis dans le livre, un océan vertical, un monde qui a ses règles, sa vie propre, et que mon personnage va peu à peu approcher, jusqu’à s’y perdre… dans tous les sens du terme. Et s’y retrouve aussi !

 

Le narrateur est écrivain de profession et s’appelle…Serge. Faut-il y voir une forme d’autofiction, le fait divers en moins?

Quasiment tout est vrai dans ce roman, beaucoup de ses personnages existent, il y a juste que je les ai rassemblés, éparpillés qu’ils sont dans le temps et dans l’espace. Il y a là des décors que je connais, des hôtels, des personnages, des médiathèques, je me suis évidemment inspiré de ces nombreuses rencontres en librairies et de ces ateliers d’écritures que j’anime depuis des années, des repas que j’ai pu faire dans les Vosges, des conversations que j’ai eues en Auvergne, enfin bref, j’ai rassemblé mille petits fragments de réel pour en faire une composition romancée, une intrigue… Pour le reste, allez savoir si le fait divers lui-même est si inventé que cela… ?

 

Les faits divers exercent une fascination étrange, voire parfois un voyeurisme malsain. Chacun veut voir, savoir, voire prétend savoir. Le narrateur, ici , a une intime conviction, mais il investigue pour la conforter ou devoir s’en écarter. Il fait montre d’un certain recul, ce qui n’est pas toujours le cas, surtout dans une société où l’information circule en temps réel, annonçant des conclusions avant même qu’elles ne soient établies. Est-ce une façon de dénoncer ces possibles dérives?

Complétement. Ce qui est fascinant quand un fait divers émerge de nos jours, ou un accident, une disparition, c’est que ce fait divers on le suit en temps réel ; on le commente, et il faut sans cesse réactualiser les informations que l’on a dessus ; on invite des experts, on digresse, on échafaude des hypothèses ; on crée des certitudes… Peut-être qu’on raconte n’importe quoi… Et très vite : on oublie ! Et malgré cette cavalerie médiatique, malgré la toute puissance d’investigation et des moyens de recherche de la police scientifique, de la gendarmerie, il n’empêche qu’il y a plein de faits divers qui restent de totales énigmes… L’affaire du docteur Godard, Dupont de Ligonnés, et cent autres.

 

Le lecteur, et ce n’est pas le fait de ce livre seul mais de chacun de vos romans, vous lit en trois dimensions. Car vous lire, c’est sentir, voir, toucher, ressentir tout ce que vivent les personnages, c’est être en immersion totale dans l’univers que vous nous décrivez. Comment travaillez-vous cette capacité extraordinaire à nous faire VIVRE et non seulement lire l’histoire?

Merci de me dire cela. C’est mon intention. Je crois que le roman est plus fort que le cinéma en 3D, on peut être totalement immergé dans un roman, en ressentir le froid, le chaud, les odeurs, la peur, le rire… C’est très vivant un roman, et lire sollicite les 5 sens… Je crois cela. Le roman est plus fort que tout, la télé, le cinéma, les jeux vidéo, sa faculté d’imprégnation est indépassable. D’ailleurs ne dit-on pas parfois, quand on lit un roman, que l’on est vraiment entré dedans, qu’on entre ou pas dans une histoire…

 

Que souhaitez vous partager avec vos lecteurs?

Les mêmes émotions. Je pense aux lecteurs quand j’écris. Je les imagine, là, derrière ; à venir. Et mine de rien dans ce roman, en plus de l’intrigue, pas mal de sourires… voire d’éclats de rire…

 

Si vous ne deviez citer qu’une phrase de ce roman, quelle serait-elle?

« Lire, c’est voir le monde par mille regards, c’est toucher l’autre dans son essentiel secret, c’est la réponse providentielle à ce grand défaut que l’on a tous de n’être que soi. »

Ou peut-être…

« Il y a des gens comme ça, s’y frotter c’est s’y rayer, dès lors qu’on les fréquente on est perdu. »

 

Retrouvez en cliquant sur ce lien, la chronique consacrée au nouveau roman de Serge Joncour, L’écrivain national !

Joseph, de Marie-Hélène Lafon (Buchet Chastel)

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Joseph, de Marie-Hélène Lafon : le roman d’une vie immobile…

Éditions Buchet-Chastel, aout 2014

Un coeur simple au masculin, aujourd’hui dans le Cantal.

Joseph est ouvrier agricole dans le Cantal. Un homme authentique, courageux, calme, enraciné dans le terroir, qui travaille et vit chez ses patrons. Un homme qui parle peu, s’épanche encore moins, mais qui observe ce et ceux qui l’entourent. Il porte en lui un monde en fin de vie et le sait. Un monde dont il nous propose d’être les témoins.

On se laisse alors porter par la vie, qui telle une rivière s’écoule paisiblement en lui. Il en observe les méandres, les courants, les chants. Il en connaît les travers, les risques. N’a t-il pas été lui-même profondément blessé par l’amour de sa vie, Sylvie? Une année moins trois mois et quatorze jours ensemble a eu raison de leur couple. Sylvie le trompait éhontément. Perclus de douleur, Joseph a alors sombré dans l’alcool, multipliant les cures pour en sortir. A l’approche de la soixantaine, il ne touche plus à une seule goutte de ce poison, mais n’a rien oublié de ce qui l’a conduit vers lui, ni de la solitude qui est sienne depuis. Cependant il résiste. Une force de la nature.

Avec Joseph, Marie-Hélène Lafon signe un roman qui fait l’éloge de la lenteur, de la douceur et nous offre le touchant récit d’une vie.

La Karinterview de Catherine Locandro, auteur de L’Histoire d’un amour

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Elle est un de mes coups de coeur de cette rentrée littéraire, avec une plume aussi sensible que délicate. Je parle bien entendu de Catherine Locandro et de son nouveau roman L’Histoire d’un amour, aux éditions Héloïse d’Ormesson. C’est avec beaucoup de gentillesse qu’elle a accepté de se prêter à une Karinterview.

Rencontre avec l’auteur :

Quel est le thème central de ce roman?

Ce roman raconte et explique le destin d’un homme, à travers l’histoire d’amour qu’il a vécue lorsqu’il avait vingt ans.

 

Comment vous est venue l’idée de ce roman?

J’avais envie d’écrire sur Dalida depuis quelques temps déjà. D’abord parce que je trouve que la vie de cette femme, marquée par de nombreuses tragédies, est éminemment romanesque. Il y a une noirceur, comme une malédiction derrière les paillettes, que j’avais envie d’explorer. Ensuite, Dalida fait partie du paysage musical de mon enfance, de mon adolescence. On écoutait Dalida chez moi. C’était une figure familière. En partie, je pense, parce que ses origines à la fois calabraises et orientales faisaient écho aux origines de ma propre famille.

J’ai donc commencé à faire des recherches sur Dalida, sur ce qui aurait pu être un point de départ… Et je suis tombée sur un article daté du 10 novembre 1995 et paru dans le journal italien La Stampa. On y annonçait la publication d’une biographie, écrite par Catherine Rihoit en collaboration avec Orlando, le frère de Dalida. Et on parlait de l’histoire qu’avait eu Dalida à la fin des années 60 à Rome, avec un homme plus jeune qu’elle. Un garçon issu du milieu populaire romain. Cette liaison était restée secrète, pour différentes raisons.

En lisant cet article, je me suis dit ça y est, j’ai mon point de départ : j’imagine que 30 ans après, ce garçon devenu un homme ouvre le journal le matin du 10 novembre 1995 et voit cette histoire, demeurée secrète jusque-là, dévoilée au grand public. Que fait-il de sa journée après avoir lu l’article ? Qui va-t-il voir ? A qui va-t-il parler, lui qui s’est tu durant tant d’années ?

 

Vous êtes vous plongée dans la vie de Dalida (documentaires télévisés, biographies, etc) pour nourrir cette histoire ?

J’ai lu des biographies, oui, et regardé quelques images d’elle sur Internet, des extraits d’interviews… mais pas tant que ça. Je ne voulais pas que cela boque mon imaginaire.

Ce roman étant inspiré d’une histoire vraie, comment trouve t-on le juste équilibre entre véracité des faits et fiction, autrement dit, comment parvient-on à trouver la bonne distance par rapport à la réalité?

Le travail de documentation, c’est à dire la réalité, n’est qu’une base. La réalité est ce qui nourrit la fiction. Elle permet l’envol de l’imaginaire et ne doit pas l’entraver. Il était clair pour moi depuis le début que ce livre serait une fiction, pas une biographie. « Ma » Dalida est une Dalida de roman, c’est elle sans être elle. C’est pour cela que je l’appelle « la Chanteuse » tout au long du livre. Le personnage principal reste Luca, l’homme qui l’a aimée. Le personnage de la Chanteuse existe à travers lui, son regard et ses souvenirs…

 

Dans ce roman, à l’instar du précédent, L’enfant de Calabre, on retrouve l’importance du poids des secrets, des non-dits. Pensez-vous que ces derniers peuvent entraver une vie?

Bien sûr, parce qu’ils empêchent d’être libre. Parce qu’on vit perpétuellement dans la peur d’être rattrapé par ce qu’on cache. Il n’y a plus de spontanéité possible, plus de lâcher prise. C’est difficile d’être soi et d’accomplir pleinement son destin dans de telles conditions !

 

Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs?

Le plaisir que j’ai eu à écrire ce livre.

 

-Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle serait-elle?

On s’habitue au secret, on en vient à se confondre avec lui, à devenir un étranger pour tous, même pour soi.

 

Retrouvez, en cliquant sur ce lien, la chronique que j’ai consacrée au nouveau roman de Catherine Locandro, L’Histoire d’un amour!