Le poison d’amour, de Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel)

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Le poison d’amour, de Éric-Emmanuel Schmitt

Éditions Albin Michel 2014

Elles s’appellent Colombe, Julia, Raphaëlle et Anouchka. Elles ont seize ans, ne sont déjà plus des enfants mais pas encore des femmes. Des adolescentes dans un corps en pleine transformation et un esprit criblé de clichés sur l’amour.

A ce moment de bascule vers l’âge adulte, de plongeon vers l’inconnu, c’est l’effervescence. Chacune est impatiente de découvrir l’amour tout en le redoutant. Et puis, question de fierté, il s’agit de ne pas être la dernière « à le faire ». Mais ne pas passer pour une fille facile non plus. Des réflexions que les quatre amies, soudées comme les doigts de la main, vont partager au quotidien dans leurs échanges, mais aussi consigner dans leurs journaux intimes.

Un sujet omniprésent d’autant qu’à l’école, on monte avec les élèves la pièce Roméo et Juliette, pièce romantique véritable rapport clinique de la pathologie amoureuse. « La passion fond sur Roméo et Juliette comme un virus contamine une population. » Pour autant, l’amour est-il un poison mortel? Subissons-nous la passion amoureuse sans plus pouvoir être acteur de notre destin? Et ce destin, eût-il pu être autre sans les préjugés véhiculés sur l’amour?

Dans ce diptyque sur la passion dont le premier volet était L’élixir d’amour, Éric-Emmanuel Schmitt explore avec beaucoup de subtilité et de justesse l’amour adolescent, sa fragilité, son idéalisation, sa cruauté. Un roman choral particulièrement réussi.

P.77 : On ne choisit pas en amour. On est choisit par l’amour.

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