Toute ressemblance avec le père, de Franck Courtès (JC Lattès) : coup de coeur!

Toute ressemblance avec le père, de Franck Courtès

Editions JC Lattès, août 2014

Rentrée littéraire

 

Perdre un être cher est un événement bouleversant. On a l’impression qu’on ne pourra jamais surmonter sa peine et pour ce faire, il est nécessaire de passer par un douloureux travail intérieur, le « travail de deuil ». Afin d’accepter la disparition et de définir un avant et un après. Afin de pouvoir avancer.

Quand Jacques décède accidentellement, sa femme Mireille, sa fille Vinciane et son fils Mathis se trouvent confrontés au vide de son absence. Ou plus exactement, à la présence de son fantôme, des souvenirs vivaces qu’il a laissés, de son empreinte si forte dans les esprits. Et chacun de réagir différemment, de s’approprier à sa façon l’image du défunt.

Pour Mireille, et ce, quand bien même il fut notoirement volage, c’est l’image d’un mari merveilleux qui prédomine, de sorte qu’aucun autre homme ne saurait plus exister à ses yeux. Et peu à peu de se replier sur elle-même, éteinte sans la lumineuse présence de son Jacques. « C’est sa façon de lui être fidèle et d’être fidèle à l’image qu’elle a d’elle-même, la femme qu’elle était à cette époque. » (P.414)

Vinciane, archéologue de formation, va décider de mettre une distance physique entre le lieu du drame et elle. Elle part sur des chantiers au bout du monde, s’abrutit de travail, enfouit au plus profond d’elle un secret de famille tandis qu’elle déterre ceux des autres. Mais n’est-ce pas une fuite illusoire? N’emporte t-on pas ses démons avec soi?

Pour Mathis, âgé de seize ans lors du drame, le fantôme du père est écrasant. Un fantôme qu’il va devoir tuer pour exister. Alors il se cherche, cumule les aventures amoureuses comme son père jadis, se perd pour mieux se retrouver. Touche par touche, comme sur une toile de Seurat, se dessine ce à quoi il aspire, l’homme en devenir. Chaque erreur de parcours affine sa trajectoire, le centre sur son essentiel, le conduit vers sa (re)naissance.

Avec ce brillant premier roman, Franck Courtès nous livre une réflexion profonde, sensible et juste, sur la transmission. Comment est reçu l’héritage parental, ailes ou cage? Comment vivre avec les absents quand leurs fantômes sont si présents? Une plume délicate, viscéralement humaine, qui emporte le lecteur dans le tourbillon léger de ses mots. Une histoire intime au caractère universel.

A lire!

P. 349 : Il ne s’agissait pas de pardon. Le pardon vous place au dessus des autres, les forts pardonnent aux faibles.

Informations pratiques :

Nombre de pages : 390

Prix éditeur : 19,50€

ISBN : 9782709646550

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