Les sept canailles de la Bleue Maison, de Juliette Nothomb : savoureux!

Les sept canailles de la bleue maison, de Juliette Nothomb

Éditions Memory, novembre 2014

En région wallonne, dans la province du Luxembourg, se cache au lieu-dit Le Pont d’Oye, cadre magnifique s’il en est, un restaurant au nom romanesque : Les Plats Canailles de la Bleue Maison. Dans ce haut lieu de la gastronomie, le chef Richard Thiry et sa femme réservent aux gourmets et gourmands, depuis plus de 35 ans, des merveilles pour les papilles et pour les pupilles.

Jusqu’à ce jour de juin 2013 où ce fut à leur tour d’être surpris…

Quel ne fut pas l’étonnement du chef en effet, quand se succédèrent à sa table en cette seule et même journée pas moins de sept personnages d’un autre âge, au bon accent du terroir et à l’hygiène douteuse! Et chacun de désirer se faire servir une spécialité du chef. Ce dernier, bien que surpris par ces ouailles, se mit aux fourneaux. Amuse-bouche de sardines marinées, pomme de terre farcie aux truffes et ses petits légumes, côte à l’os avec béarnaise maison et pommes de terre grenaille, langouste crème fleurette au curry petits légumes et riz Basmati, Brie de Meaux farci aux truffes, gaufres maison chantilly aux myrtilles, entremets au chocolat Alpaco Ecuador 66%, des mets tous plus délicieux les uns que les autres leur furent mitonnés.

Entre légende et réalité, Juliette Nothomb nous a concocté avec la talentueuse plume qu’on lui connait, un roman culinaire succulent, truffé d’humour et de tendresse. « Je pense que si la grande cuisine faite avec passion ne préserve pas du chagrin ni ne sauve les âmes, elle peut cependant procurer chaleur, douceur de vivre et réconfort du coeur » (P.52). Assurément, ce roman vous le garantit!

Un roman à consommer sans modération.

NB : en fin d’ouvrage, vous trouverez les fiches détaillées des sept recettes du chef Richard Thiry. A vos fourneaux!

Informations pratiques :

Prix éditeur : 12€

Nombre de pages : 53 plus 7 fiches de recettes

ISBN : 978 2 87413 231 5

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Les comptines des tout-petits, illustrées par Sarah Andreacchio (éditions deux coqs d’or)

Les comptines des tout-petits, illustrations de Sarah Andreacchio

Éditions Deux Coqs d’Or, octobre 2014

 

Qui ne connait pas les célèbres comptines Au clair de la lune, Au feu les pompiers ou encore Une poule sur un mur? Sept d’entre elles, toutes cultes, sont reprises avec bonheur dans ce livre à lire et à écouter.

Dès deux ans, vous pourrez partager l’émerveillement de votre enfant devant ces illustrations très naïves et colorées de Sarah Andreacchio. Mieux, au cœur de chaque illustration figure une puce intégrée, laquelle, par simple pression de la menotte de votre enfant, déclenche la chanson. Votre chère tête blonde pourra dès lors entonner avec vous les comptines apprises à l’école ou sur les genoux de ses parents. A chaque page, sa comptine avec un duo aux tonalités claires et entrainantes, des personnages acidulés, des textes de chanson en version intégrale.

Un livre ludique, attrayant et robuste, qui suscite dans un esprit de jeu aussi bien la vue que le toucher et l’écoute.

Un très joli cadeau à offrir sans modération!

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 14,95€

Nombre de pages : 12

Livre relié cartonné résistant, avec piles intégrées.

A partir de 2 ans

Prix Renaudot 2014 : David Foenkinos pour Charlotte (éditions Gallimard)!!!

Prix Goncourt 2014

Le prix Renaudot 2014 est décerné à David Foenkinos, pour son roman magistral Charlotte, aux éditions Gallimard!!! L’écrivain a obtenu le prix au 6e tour par 5 voix contre 3 à Jean-Marc Parisis et une à Kamel Daoud.

Un livre plébiscité sur ce blog le mois dernier, dont vous retrouverez la chronique ci-dessous :

Charlotte est un livre à part dans l’œuvre de David Foenkinos. Un livre à part tout court. Puissant, bouleversant. D’une force vitale époustouflante.

C’est presque par hasard que l’auteur va découvrir l’artiste, il y a 8 ans, à la faveur d’une exposition. Et là, c’est un choc artistique. Une rencontre. LA rencontre. « La connivence immédiate avec quelqu’un. La sensation étrange d’être déjà venu dans un lieu. J’avais tout cela avec l’œuvre de Charlotte. Je connaissais ce que je découvrais. » (P.70) Et de se sentir appelé par ces toiles et par celle qui les a peintes. Et d’investiguer. Et de se rendre sur ses lieux de vie, d’interroger les témoins.

Ce qu’il découvre sur cette femme au talent bien trop méconnu achève de le bouleverser. Car Charlotte Salomon n’est pas seulement une artiste d’exception, mais une femme d’exception. Une fragilité forte habitée par son art. Charlotte a grandi à Berlin dans une famille frappée par une succession de drames. Sa tante, sa mère, sa grand-mère ont toutes mis fin à leur jour. A croire qu’une malédiction les frappe. Sera t-elle la prochaine sur la liste? Ce serait mal connaître la force de vie qui l’anime. Malgré l’extrême solitude affective qui est sienne, malgré le vide laissé par les absents, malgré la montée du nazisme qui l’exclut de toutes les sphères de la société, Charlotte tient debout. Car elle a trouvé sa planche de salut, car elle a trouvé sa voie : la peinture. Là est sa survie. Là est sa raison de vivre. Exilée dans le sud de la France de 1940 à 1942, après avoir quitté son père, sa belle-mère, son grand amour, ses amis, ses lieux chers, elle va se donner corps et âme à son art et peindre plus de 1300 gouaches comme autant de témoignages de ce qu’elle a vécu, enduré, surmonté. Celle qui chantait si souvent et empruntait à son chant son inspiration scripturale, va faire jaillir de la noirceur de son histoire la lumière de la création.

Un exemple de résilience magistral.

Des œuvres qu’elle confiera dans une valise à son médecin avant d’être déportée et de mourir dans un camp de concentration en 1943 à tout juste 26 ans. Et de préciser à cet homme en lui tendant ledit bagage: « C’est toute ma vie. »

Toute une vie dans cette valise, écrin de son talent, témoin de son courage et de sa capacité extraordinaire à sublimer sa vie et à transcender ses souffrances par l’art.

Dès lors, on comprend aisément combien il fut délicat pour David Foenkinos de rendre hommage à cette femme admirable en tout point sans craindre d’être en deçà de l’émotion et de la fascination qu’elle exerce sur lui. Pendant des années, il va porter ce roman en gestation, jusqu’au jour où il trouvera les mots sur mesure à même de revêtir le corps de ses émotions.

Et le résultat est juste éblouissant.

Le style, avec ces phrases courtes, des passages à la ligne après chaque point, porte les émotions véhiculées par le texte avec une puissance phénoménale. Le lecteur est catapulté au cœur de la vie de Charlotte Salomon, de ses œuvres, désireux, à l’image de David Foenkinos quelques années plus tôt, de découvrir plus avant celle dont la vie fut un exemple de dépassement de soi.

Un coup de cœur de cette rentrée littéraire!

 

P. 60 : Il existe un point précis dans la trajectoire d’un artiste.

Le moment où sa propre voix commence à se faire entendre.

La densité se propage en elle, comme du sang dans de l’eau.

 

P.173 Une révélation est la compréhension de ce que l’on sait déjà.

C’est le chemin qu’emprunte chaque artiste.

Ce tunnel imprécis d’heure ou d’années.

Qui mène au moment où l’on peut enfin dire : c’est maintenant.

Prix Goncourt 2014 : Lydie Salvaire pour Pas pleurer (éditions du Seuil)

Lydie Salvayre a été couronnée ce mercredi par le Goncourt, le plus connu des prix littéraires français, pour « Pas pleurer », un roman sur la guerre d’Espagne hanté par la figure de l’écrivain Georges Bernanos et la voix de sa propre mère.

« Pas pleurer » (Seuil) a été choisi par les jurés au 5e tour, par 5 voix contre 4 à l’Algérien Kamel Daoud, auteur de « Meursault contre-enquête ».

Le livre :

Deux voix entrelacées.

Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les Nationaux avec la bénédiction de l’Église contre « les mauvais pauvres ».

Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et « mauvaise pauvre », qui a tout gommé de sa mémoire, hormis les jours enchantés de l’insurrection libertaire par laquelle s’ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d’Espagne, des jours qui comptèrent parmi les plus intenses de sa vie.

Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement avec notre présent et qui font apparaître l’art romanesque de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée.

Zékéyé et l’oiseau de pluie, de Nathalie Dieterlé (Hachette jeunesse)

Zékéyé et l’oiseau de pluie, de Nathalie Dieterlé

Editions Hachette jeunesse, septembre 2014

 

 

Ce livre n’est pas seulement un livre. C’est un bijou de couleurs, de sons, de touchers multiples, de rêverie, de découvertes qui vont mobiliser tous les sens de votre enfant.

Zékéyé, charmant petit garçon africain, nous emmène en effet à la recherche de l’oiseau de pluie. Car dans la savane, la sécheresse fait rage. Les singes, les éléphants, les crocodiles, les girafes, tous meurent de soif. Il faut absolument que l’oiseau de pluie chante! Encore faut-il le retrouver.

Ce livre animé avec des sons (singe, tam tam, pluie, chant de l’oiseau) et des matières à toucher au coeur des dessins ( poils du singe, peau de l’éléphant, plumes de l’oiseau, cou de la girafe) éveillera avec bonheur l’intérêt et la curiosité de votre enfant.

Une promenade magique et ludique au coeur de la savane!

A offrir!

Informations pratiques :

Nombre de pages : 12

Prix éditeur : 12,50€