Mon fils chez les cathos, récit de Véronique de Bure (éditions Belfond) : édifiant

 

J’ai mis mon fils chez les cathos, de Véronique de Bure

Éditions Belfond, septembre 2014

Récit

 

Quand l’auteur cherche en ce mois de mai un collège parisien susceptible d’accueillir à la rentrée son fils dyslexique, l’établissement privé Saint X semble être LA solution. Comment ne pas être séduit en effet par les promesses qu’il revendique? « L’attention et l’écoute portée aux élèves les plus en difficulté, la grande disponibilité de l’équipe enseignante et éducative et les valeurs de respect mutuel auxquelles nous sommes indéfectiblement attachés font de l’établissement un lieu où chacun se sent considéré et trouve sa place dans un cadre qu’on peut qualifier de « familial ». Mise en confiance et par ces objectifs affichés et par la visite du collège, Véronique de Bure y inscrit son fils.

Et le cauchemar commence. Tout et n’importe quoi est prétexte à brimades, humiliations et sanctions. Se balancer sur sa chaise? Une croix. Parler à sa voisine en classe? Une croix. Mal présenter son travail? Une croix. Ne pas passer à la ligne? Une croix. Le chemin de croix aboutit à une colle de deux heures, laquelle s’ajoute à une autre colle de deux heures, de sorte que le cumul des heures de colle promet de rester englué le mercredi au collège jusqu’à la nuit des temps. Et les encouragements en cas de meilleur résultat? On ne connait pas la carotte, juste le bâton. Au « félicitations » attendu se substitue « peut mieux faire ». A croire qu’il y a une forme de jubilation à casser les élèves, à les humilier, pour mieux les assouvir et les couler dans le moule. « J’ai parfois le sentiment, que, plus qu’un enseignement académique approfondi, les éducateurs veulent assurer un polissage en surface des élèves, les lisser, raboter leurs bosses et leurs aspérités pour les recouvrir d’un vernis incolore et brillant qui, une fois sec, figera les plus malléables dans un moule à leur goût. » Quatre heures de devoirs quotidiens, des heures de colle hebdomadaires, le jeune collégien fatigue, stresse, perd pieds. Comment pourrait-il en être autrement? Non seulement il n’y trouve aucun soutien, mais ses efforts et sa bonne foi ne sont pas reconnus.

La compréhension, les encouragements, l’écoute, l’encadrement, l’équité, valeurs qui conduisent les parents à inscrire leur progéniture dans un établissement catholique, se trouvent ici être toutes caduques. Un immense malentendu que l’auteur dénonce avec humour et causticité dans ce livre émaillé de nombreux exemples édifiants. A lire!

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