Le meilleur du monde, de Virginia Bart : l’insatiable quête du bonheur

Le meilleur du monde, de Virginia Bart
Editions Buchet Chastel, janvier 2015

Extérieurement, Jeanne, 40 ans bientôt, a tout pour être heureuse. Et s’attache à le laisser croire. Mais si on gratte le vernis des apparences, on s’aperçoit que ni sa réussite professionnelle en tant que journaliste, ni la longévité de son couple, ni les soirées passées dans des lieux chics ne lui procurent de réelle satisfaction. « Je n’ai presque jamais été heureuse et il ne m’est pas évident de vivre. Depuis toujours le quotidien me parait au mieux incolore et terne, au pire pesant et lugubre. Je suis de ceux qui ne se satisfont de rien. » Une frustration qui ne la pousse pas pour autant à l’action, spectatrice de sa vie plutôt qu’actrice.
Jusqu’au jour où elle croise son amour d’enfance, Christophe, un musicien qui vivote. Ce dernier était et demeure son opposé, aussi spontané, confiant et insouciant qu’elle est cérébrale, criblée de doutes et organisée. Deux personnalités et deux milieux à priori aux antipodes. Mais cette différence attire Jeanne, car riche en promesse d’un monde plus exaltant, plus excitant, plus intense. Et de quitter son mari pour Christophe. Et de tutoyer le meilleur du monde à ses côtés.
Mais le meilleur est-il pérenne ? La quête d’un bonheur absolu, parfait, toujours à son paroxysme, ainsi que le conçoit Jeanne, n’est-elle pas génératrice d’inévitables frustrations à terme, lorsqu’un quotidien plus banal reprend ses droits, lorsque la nouveauté fait place au connu? Par ailleurs, n’est-il pas dangereux de conditionner notre bonheur aux réponses d’autrui à nos attentes ?

Un roman court, au rythme soutenu, au style fluide, qui pose de vraies questions. Une jeune femme attachante à la recherche d’absolu, tiraillée entre envies et principes.
Et si le bonheur était de se réjouir de ce que l’on a, pour autant que l’on sache le voir ?

A lire!

Nombre de pages : 160
Prix éditeur : 13€

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