La nuit de feu, Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel)

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La nuit de feu, Eric Emmanuel-Schmitt

Editions Albin Michel, septembre 2015

Rentrée littéraire

 

Dans ce livre où l’aventure se double d’un immense voyage intérieur, Eric-Emmanuel Schmitt nous dévoile pour la première fois son intimité spirituelle et sentimentale, montrant comment sa vie entière, d’homme autant que d’écrivain, découle de cet instant miraculeux.

Il y a un peu plus de 25 ans, Eric-Emmanuel Schmitt est amené à se rendre en Algérie, à Tamanrasset, pour préparer le film consacré au marabout blanc, Charles de Foucaud, film dont il est le scénariste.

Agé de 28 ans, déjà normalien, agrégé, docteur, l’auteur ne s’imagine pourtant pas suivre le chemin que ses aînés ont tracé pour lui. Finir au Collège de France ? Une destination certes prestigieuse mais qui n’enchante pas l’enfant en lui, lequel y voit bien davantage une cage dorée. En effet, s’il aime son domaine d’études, il déplore d’avoir pour ce faire dû sacrifier sa fantaisie, sa créativité, sa folie, ses envies de toucher à tout. Pour ne pas étouffer, il s’est donc adonné en parallèle à sa passion pour l’écriture. Des textes remarqués qui vont lui valoir de se voir proposer l’écriture du scénario du film consacré à Foucaud. Une opportunité salutaire.

Pour autant, Eric-Emmanuel Schmitt était loin de s’imaginer à quel point cette aventure allait changer diamétralement sa vie. Tandis qu’une caravane d’une dizaine de personnes, dont lui, part pour une randonnée en plein désert du Hoggar au Sahara, il s’égare. Sans nourriture ni eau. Ce qui aurait pu signer sa mort, va se révéler être le début d’une deuxième vie…

Un récit autobiographique brillamment rédigé, qui interroge sur la foi, les préjugés, les dogmes, la quête de soi. Les plus beaux voyages ne se font-ils pas à l’intérieur de soi ?

P.27 : La victoire réside dans le combat, pas dans son issue.

P.63 : Sur terre, ce ne sont pas les occasions de s’émerveiller qui manquent, mais les émerveillés.

P.160 : Ma conception du voyage avait changé : la destination importe moins que l’abandon. Partir, ce n’est pas chercher, c’est tout quitter, proches, voisins, habitudes, désirs, opinions, soi-même. Partir n’a d’autre but que de se livrer à l’inconnu, l’imprévu, à l’infinité des possibles, voire même à l’impossible. Partir consiste à perdre ses repères, la maîtrise, l’illusion de savoir, et à creuser en soi une disposition hospitalière qui permet à l’exceptionnel de surgir.

P 178 : Un talent reste vain s’il s’engage au service de lui-même, sans autre objectif que de se faire reconnaître, admirer ou applaudir ; un vrai talent doit transmettre des valeurs qui le dépassent et qui le portent.

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