Charles Draper, de Xavier de Moulins (JC Lattès)

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Charles Draper, Xavier de Moulins

Editions JC Lattès, février 2016

Xavier de Moulins explore le couple, la jalousie, ce mal moderne autour des moyens de communication. Un roman qui oscille entre drame intime et mal collectif. Une réussite.

Charles, chef d’entreprise, se partage entre son travail à Paris en semaine, sa femme et ses enfants en province le week-end. Un mode de vie éprouvant qu’il a adopté pour faire plaisir à celle qu’il aime depuis le lycée, sa femme Mathilde. Et d’échanger leur duplex rue de Vaugirard contre un corps de ferme à la campagne. Que ne ferait-il pas pour le bonheur de sa famille ?

Pourtant, ces derniers jours, Mathilde semble s’éloigner de lui. Son portable n’arbore plus la photo d’eux deux, ses yeux sont davantage accaparés par l’écran de son téléphone que par son mari. Des doutes qui peu à peu se muent en certitude. Puis en obsession. Térébrante. Sa femme ne le trouve plus attirant. Sa femme a forcément un amant.

Une jalousie dévorante le gagne. Telle une armée de termites, elle ronge les fondations de son couple. Prisonnier d’une mauvaise série, Charles se voit dans la peau de l’antihéros trahi par son conjoint et un tiers, et filme en plan serré les comportements de ses partenaires comme autant d’indices du crime dont il sera la victime.  Mais ne se trompe t-il pas de film ? Et qui sont les vrais acteurs ? Qui joue et qui se joue de qui ?

Avec son quatrième roman, Xavier de Moulins nous offre un thriller psychologique qui explore avec brio les arcanes de la jalousie. Mais pas seulement. A l’heure du numérique et du culte de l’ego, en excellent observateur de ses contemporains, l’auteur analyse très finement ce monde de faux-semblants qui est le nôtre. Les nouvelles technologies nous libèrent-elles vraiment ? Ou sommes-nous de nouveaux esclaves modernes, prisonniers du culte de l’image, de la jeunesse et de la réussite ? Un roman qui entraine les lecteurs en apnée dans un jeu d’apparences trompeuses dont Xavier de Moulins est le seul à détenir la clef. Jusqu’à la toute dernière page.

A lire !

P.94 : A trop s’y chercher, on meurt d’épuisement dans le regard des autres. La cataracte du coeur ne s’opère pas.

P.123 : Le portable est une arme vicieuse. Sa promesse d’autonomie est un esclavage, celui de l’individu en permanence relié à son ego, à sa peur de manquer.

 

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