Glissez Grégoire Delacourt dans votre poche!

1540-1

Les quatre saisons de l’été, Grégoire Delacourt

Le livre de Poche, mai 2016

Bouleversant et solaire, ce nouveau roman de Grégoire Delacourt retrace la trajectoire de nos blessures intimes et nos élans les plus fous.

Quatre couples, quatre générations, quatre histoires d’amour. Et une seule date, un seul lieu. 14 juillet 1999, tandis que la fin du monde est annoncée six mois plus tard et appelle à vivre intensément les derniers possibles instants. Le décor, c’est la plage du Touquet, sur laquelle l’amour semble suivre le mouvement perpétuel de flux et de reflux des vagues, laissant les cœurs parfois secs sur la grève, les recouvrant de bonheur à d’autres.

« C’est toujours la même histoire, en temps de guerre comme en tant de paix, en été comme en hiver, cette nécessité de n’être pas seul. Cet appétit d’être aimé. » La faim d’amour est-elle la même à 15, 35, 55 et 75 ans ? Ou l’appétit d’aimer et d’être aimé suit-il le cycle de la vie, diminuant avec le temps ?

Le printemps de l’amour, sa saison de floraison, ce sont Victoire et Louis, adolescents, qui nous la font vivre. Premier flirt, premier baiser, premier embrasement. Première blessure aussi. Laquelle marquera de son sceau indélébile les histoires d’amour ultérieures.

L’été. A 35 ans, les feux de l’amour brillent au zénith. Tout semble possible, y compris, pour cette mère célibataire, de reconquérir son premier amour, celui qu’elle n’a jamais pu oublier ni retrouver dans les bras d’autres hommes depuis. Mais doit-on redonner vie à ses amours d’enfance où les laisser dormir dans nos souvenirs ?

L’automne. Cette saison où après la splendeur des feuillages couleur ocre et pourpre, on assiste à leur chute. Monique, 55 ans, au corps qui garde les stigmates de ses trois maternités heureuses et désirées, s’interroge. Peut-on encore s’embraser quand on n’a plus un corps de jeune fille ? Peut-on encore tomber amoureuse quand les sentiments qu’on croyait éternels se sont éteints, quand « l’homme de sa vie » s’avère n’être que l’homme d’une saison ?

Enfin, vient l’hiver de la vie. A 75 ans, après 50 ans de mariage, est-ce aussi l’hiver des sentiments ? L’amour qui unit ce couple, lequel s’est formé sur cette même plage ½ siècle plus tôt, ne semble pas avoir rencontré un seul grain de sable.

Quatre couples très attachants, qui vont s’influencer sans s’en rendre compte, grâce à une subtile construction orchestrée par l’auteur, lequel fait de nous les témoins privilégiés et ô combien émus de ces amours qui parlent de nous. Les sentiments sont exprimés avec magnificence, justesse, force, tantôt brûlent comme le sable chaud en plein été, tantôt glacent comme la mer quand elle se retire et laisse sur les cœurs le souvenir salé des larmes. Plongez tête la première dans ce roman et laissez-vous porter par la déferlante d’émotions dans toutes leurs acceptions qu’il suscite!

Une réussite.

Je veux un monstre! Elise Gravel

C1_Je-veux-un-monstre

Je veux un monstre, Elise Gravel

Editions Nathan, avril 2016

Dès 4 ans

Une jolie histoire sur la thématique des animaux domestiques, abordée avec fantaisie.

Tous les amis de Lulu ont un monstre domestique. Aussi supplie t-elle son père de l’autoriser à en avoir un. Une requête acceptée. Quand tous deux arrivent à la monstrerie, ils ont l’embarras du choix. Des plurps à grands pieds, des pouples gluants, des gurks curieux, des mini-gugs énervés, des mougs bruyants et autres phénomènes attendent d’être adoptés. Lulu choisit un affectueux ougly-woump, avec un beau pelage rouge et…des pieds odorants ! Mais avoir un animal est une responsabilité de chaque jour. Il ne s’agit pas seulement de jouer avec lui mais aussi de l’éduquer, le nourrir, le toiletter, le promener. Les bêtises avec ces charmants petits monstres sont si vite arrivées !

676379WP20160411004

Une très jolie histoire d’Elise Gravel, sur le thème des animaux domestiques, avec en fin d’ouvrage, une invitation à créer son propre monstre !

Sélection de printemps du prix Renaudot 2016

 

prix RenaudotLe jury du prix Renaudot a retenu 12 romans et six essais dans sa sélection de printemps, établie mardi 10 mai.

Les membres du jury du prix Renaudot se sont réunis chez Drouant, mardi 10 mai, pour établir leur traditionnelle sélection de printemps. Douze romans et six essais parus en 2016 figurent dans cette liste de recommandations de lectures.

Les 12 romans sélectionnés

  • Elisabeth Barille, L’oreille d’or (Grasset)
  • Alain Blottière, Comment Baptiste est mort (Gallimard)
  • Lenka Hornakova Civade, Giboulées de soleil (Alma)
  • Laurence Cossé, La grande arche (Gallimard)
  • Philippe Delaroche, La gloire d’Inès (Stock)
  • Joël Eglof, J’enquête (Buchet Chastel)
  • Max Genève, Le voyage de M. de Balzac à Turin (Serge Safran)
  • Stéphanie Janicot, Newland (Albin Michel)
  • René-Victor Pilhes, La nuit de Zelemta (Albin Michel)
  • Catherine Poulain, Le grand marin (L’Olivier)
  • Sacha Sperling, Histoire de petite fille (Seuil)
  • Mathieu Terence, Le Talisman (Grasset)


Les 6 essais sélectionnés

  • Georges-Emmanuel Clancier, Le temps d’apprendre à vivre (Albin Michel)
  • Marie Darrieussecq, Etre ici est une splendeur (POL)
  • Philippe Forest, Une fatalité de bonheur (Grasset)
  • Romaric Gergorin, Erik Satie (Actes Sud)
  • Jean-Paul Kaufmann, Outre-Terre (Equateurs)
  • Frédéric Schiffter, On ne meurt pas de chagrin (Flammarion)

Citation du jour

« Savoir accepter l’autre tel qu’il est.
Être joyeux du bonheur qu’il trouve.
L’aimer dans sa totalité : pour ce qu’il est, laideur et beauté, défauts et qualités.
Voilà les conditions de l’amour, de l’entente.
Car l’amour est vertu d’indulgence, de pardon et de respect de l’autre. (171)

Aimer c’est en même temps partager des mots, des regards, des espoirs et des craintes. (176)

Aimer, c’est réussir à donner à l’autre confiance en lui. (183) »

 

Martin Gray- Le livre de la vie

bm_11518_644706

 

Lauréats 2016 du Prix Littérature-monde

C’est la troisième édition pour les prix littérature-monde. Le jury a désigné Makenzy Orcel pour L’Ombre animale (Zulma) et Ondjaki pour Les Transparents (Metailié).

Le jury composé des écrivains Paule Constant, Ananda Devi, Nancy Huston, Dany Laferrière, Michel Le Bris, Atiq Rahimi, Jean Rouaud et Boualem Sansal a désigné les lauréats 2016 des prix littérature-monde. Il s’agit de Makenzy Orcel pour L’Ombre animale (Zulma) et Ondjaki pour Les Transparents (Metailié).

Avec le Prix Littérature-Monde, Makenzy Orcel se fait de nouveau remarquer pour son livre L’ombre animale : en avril 2016, il recevait le Prix Louis Guilloux, décerné par le Conseil départemental des Côtes-d’Armor. Né le 18 septembre 1983 à Port-au-Prince en Haïti, Mkenzy Orcel se consacre à l’écriture après des études en linguistique. En 2015-2016, il est en résidence d’écriture en Mayenne, à Laval, et c’est en janvier 2016 qu’il publie L’ombre animale.

L’autre lauréat, pour le Prix Littérature-monde étranger, c’est Ondjaki, Ndalu de Almeida selon sa carte d’identité. Né à Luanda en Angola, il travaille dans un premier temps sur des projets cinématographiques, puis publie des poèmes et des romans qui reçoivent plusieurs prix dont le Grande Prémio de Conto Camilo Castelo Branco, décerné par l’Association des écrivains portugais et le prix Grinzane for Africa. Ondjaki est également récompensé par le prestigieux prix Jabuti. Son dernier roman, Les Transparents, a déjà obtenu le prix Transfuge du meilleur roman africain.
Les prix seront remis lors de la tenue du 27e festival Saint-Malo Etonnants Voyageurs qui débute samedi 14 mai, à Saint-Malo.

Citation du jour

Lorsqu’un enfant, pour la première fois, voit les adultes tels qu’ils sont, lorsque pour la première fois l’idée pénètre dans sa tête que les adultes n’ont pas une intelligence divine, que leurs jugements ne sont pas toujours justes, leurs idées bonnes, leurs phrases correctes, son monde s’écroule et laisse place à un chaos terrifiant. Les idoles tombent et la sécurité n’est plus. Et, lorsqu’une idole tombe, ce n’est pas à moitié, elle s’écrase et se brise ou s’enfouit dans un lit de fumier. Il est difficile alors de la redresser et, même réinstallée sur son socle, des taches ineffaçables dénoncent la chute passée. Et le monde de l’enfant n’est plus intact. Il se meut alors péniblement jusqu’à l’état d’homme.

 

John Steinbeck – A l’est d’Eden.

16141_835570.pjpeg

Goncourt 2016 de la nouvelle, du premier roman et de la poésie : les lauréats

prix_goncourt

Le Goncourt de la nouvelle, du premier roman et de la poésie ont été attribués ce lundi 9 mai 2016 à Paris, chez Drouant.

Dans la catégorie premier roman, le Goncourt va à la surprise générale à « De nos frères blessés », de Joseph Andras (Actes Sud). Un livre paru la semaine dernière, et qui n’avait pas eu le temps de se trouver dans la sélection publiée il y a un mois. Les autres ouvrages en compétition étaient  : « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut (Finitude), « Le grand marin » de Catherine Poulain, (l’Olivier), « Wanderer » de Sarah Léon, (Heloïse d’Ormesson), « Bianca » de Lou Robert (Editions Julliard).

Dans la catégorie nouvelle, c’est « Histoires » de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel) qui a été distingué. Le livre était en compétition avec « Bonnes nouvelles de Chassignet » de Gérard Oberlé (Grasset), « Une chance unique » de Erwan Desplanques (L’Olivier) et « 33 chambres d’amour » de Francois Emmanuel (Seuil).

Enfin, le Goncourt de la poésie, rebaptisé Robert Sabatier, va, pour son oeuvre complète, au… Printemps des poètes. Un éloge a été prononcé par Virginie Despentes et Eric-Emmanuel Schmitt, les deux derniers « promus » au sein de l’Académie, présidée par Bernard Pivot.

Boston girl, Anita Diamant

couv9793817

Boston girl, Anita Diamant

Editions Hugo Roman, mars 2016

Anita Diamant dresse le portrait d’une femme qui, tout à la fois représente et a contribué à créer, la définition de la femme moderne.

Agée de 85 ans, c’est bien volontiers qu’Addie entreprend de dérouler le fil de sa vie sous les questions pressantes de sa petite-fille : « Comment es-tu devenue la femme que tu es aujourd’hui ? »

Boston Girl, c’est Addie Baum, née en 1900 de parents immigrés polonais, peu préparés et plutôt suspicieux à l’égard de la culture américaine, qui tentent d’élever leurs trois filles dans la tradition juive de l’Europe de l’Est. Mais la curiosité et l’intelligence d’Addie la propulsent dans un tout autre monde, fait de jupes courtes, de films, de livres et de nouvelles opportunités pour les femmes. Un monde dans lequel une fille termine le lycée, va à l’université, a une carrière et trouve l’amour par elle-même.

Addie entreprend le récit de sa vie, à partir de 1915, année où elle rejoint un groupe de lecture pour filles, découvre sa voie et se fait des amis qui lui permettent de fuir son quotidien. Petit à petit, elle envisage un avenir différent, bien loin de celui de sa famille et ces changements ne se feront pas sans souffrance et sacrifices ; avec en arrière-plan la première guerre mondiale, le mouvement des Suffragettes et les transformations culturelles du début du Xxème siècle.

Un portrait édifiant d’une femme hors-normes, volontaire, résolument moderne, qui cependant n’échappe pas à quelques longueurs.

P. 48 : Etre artiste n’est pas seulement un travail ou un savoir-faire, mais aussi une manière de voir le monde.

Informations pratiques :

354 p. ; 17,95€