Rentrée littéraire : L’homme qui voyait à travers les visages, Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel)

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L’homme qui voyait à travers les visages, Eric-Emmanuel Schmitt

Éditions Albin Michel, septembre 2016

Après La nuit de feu, Eric-Emmanuel Schmitt poursuit son exploration des mystères spirituels dans un roman troublant, entre suspense et philosophie. Enquête sur Dieu.

Augustin est un jeune homme de 25 ans, stagiaire dans un journal belge, trop complexé et timoré pour oser se rebeller contre l’exploitation dont il est victime. Une acceptation qui trouve ses racines dans son enfance. Né de parents inconnus, ballotté d’orphelinat en famille d’accueil, mauvais élève, il se retrouve sans amis ni famille, fragile. A la marge. Une marginalité accrue par le don qu’il possède et qui fait de lui un être différent. Augustin a en effet le pouvoir de voir à travers les visages ce dont sont faits les gens, leur passé ou leur destin.

Et c’est ce don qui va le conduire à jouer un rôle essentiel lors d’un attentat dont il est témoin. Non seulement il a tout vu, mais il a vu au delà du terroriste bardé d’explosifs. Médias, enquêteurs, tout le monde se rue sur Augustin. Sous les feux des projecteurs, Augustin s’interroge : ces attentats sont-ils le fruit de nos croyances ?

Il décide d’aller interviewer un écrivain passionné par les religions : Eric-Emmanuel Schmitt. Ou quand l’auteur devient un personnage de son propre roman. Est-ce que les religions divisent ou réunissent ? Est-ce que les religions pacifient ou au contraire génèrent ces atrocités?

Autrement dit, est-ce Dieu qui prêche la violence ? Si Eric-Emmanuel Schmitt lui fournit des éléments de réflexion, il ne lui donne pas de réponse. Seul Dieu, le grand œil, le pourrait. Et Augustin de décider d’interviewer Dieu lui-même, de lui demander si ses écrits portent en eux les germes des attentats et violences perpétrés dans le monde. Ou si ce qui fait un livre, fût-il religieux, est davantage la lecture qu’on en fait, ce qui rend alors les hommes responsables de leur interprétation des textes.

Un roman dense, dont les considérations philosophiques m’ont parfois un peu perdue en chemin. Mais un livre intéressant, au cœur de l’actualité, qui pose les bonnes questions et fournit des pistes de réflexion très pertinentes.

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