Prix Interallié 2016 : 2ème sélection

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Pour sa deuxième sélection, le jury a éliminé sept auteurs dont Leïla Slimani, Karine Tuil et Jean-Paul Dubois. Et a sélectionné l’auteur de Livre pour adultes qui ne figurait pas sur la première liste.

Ils étaient douze, ils ne sont donc plus que six. Le jury du Prix Interallié, présidé parPhilippe Tesson, s’est réuni le 19 octobre et a retenu les auteurs suivants:

  • Paul Baldenberger, À la place du mort (Les Équateurs)
  • Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Le dernier des nôtres (Grasset)
  • Benoît Duteurtre, Livre pour adultes (Gallimard)
  • Gaël Faye, Petit Pays (Grasset)
  • Serge Joncour, Repose-toi sur moi (Flammarion)
  • Éric Vuillard, 14 Juillet (Actes Sud)

Cette liste peut étonner. Exit donc Stéphane Hoffmann, François Cérésa, Catherine Cusset, Karine Tuil, Lionel Duroy, Jean-Paul Dubois et Leïla Slimani, ces deux derniers étant toujours en lice pour le Prix Goncourt. En revanche, on note la présence de Benoît Duteurtre qui ne figurait pas sur la première liste. L’auteur de Livre pour adultes est également en lice pour le Grand Prix du roman de l’Académie française, tout comme Adelaïde de Clermont-Tonnerre.

La troisième et dernière sélection sera annoncée le 3 novembre prochain (jour de la proclamation du Goncourt et du Renaudot), et la remise du prix 2016 a été fixée au 8 novembre. Traditionnellement, l’Interallié est décerné après tous les autres grands prix d’automne.

Rappelons que le jury, présidé par Philippe Tesson, se compose de Laurent Binet, lauréat de l’édition 2015, Gilles-Martin Chauffier, Stéphane Denis, Jacques Duquesne, Serge Lentz, Éric Neuhoff, Christophe Ono-dit-Biot, Jean-Marie Rouart,Jean-Christophe Rufin et Florian Zeller.

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Rentrée littéraire : Chanson douce, Leila Slimani (Gallimard)

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Chanson douce, Leila Slimani

Editions Gallimard, août 2016

Rentrée littéraire

Un roman au suspense envoûtant. Un style sec et tranchant. Coup de cœur de cette rentrée littéraire !

Ne vous fiez pas au titre, aux notes tendres qu’il évoque. Ceci est juste destiné à endormir votre méfiance, à vous bercer d’illusions, à l’image du procédé utilisé par la nurse devant le jeune couple. Et votre vertige n’en sera que plus grand.

Mère de deux enfants, Myriam a mis de côté sa carrière professionnelle brillante d’avocate pour s’occuper des petits. Mais au fil des mois, une frustration de plus en plus grande l’envahit. Elle qui a fait tant de sacrifices pour réussir ses études, qui aime tant sa profession, se sent mourir intérieurement de n’avoir rien d’autre à raconter que les pitreries des enfants. A bout, elle fait part à Paul, son mari, de la nécessité absolue qu’elle retravaille.

Il faut alors engager une nounou.

Après un casting sévère, elle trouve la perle : Louise. Louise se révèle non seulement être une nounou attentionnée, créative, merveilleuse avec les enfants, mais bientôt, c’est de toute la maisonnée dont elle va prendre soin. Ménage, cuisine, décoration, courses, Louise devient indispensable au couple. Acceptée et aimée par tous. Un membre de la famille en quelque sorte.

Pourtant, d’emblée le lecteur sait cette femme terriblement dangereuse. Le livre s’ouvre en effet sur le meutre des enfants perpétré par la nounou. Tandis que l’auteur évoque les mois qui ont précédé cette macabre découverte, le lecteur a une longueur d’avance sur les parents, scanne chaque fait et geste de la nurse, sait qu’un drame se prépare, sent la tension monter de façon extraordinaire. Sans pouvoir prévenir hélas ces derniers.

C’est un thriller glaçant d’une efficacité redoutable que nous offre Leila Slimani. Impossible de reposer le roman une fois la lecture commencée. Avec un style acéré, vif, Leila Slimani aborde les problèmes de notre époque, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Envoûtant.