10 ans de liberté, Natascha Kampusch (JC Lattès)

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10 ans de liberté, Natascha Kampusch

Editions JC Lattès, octobre 2016

Enlevée puis retenue prisonnière de l’âge de 10 ans à l’âge de 18 ans, Natascha Kampusch nous livre dix ans après son évasion un aperçu de son retour à la liberté. Émouvant. Édifiant aussi : la liberté n’est pas qu’une question de murs…

J’ai tout d’abord hésité à lire ce service de presse. Peur de la pipolisation, d’un voyeurisme malsain. Mal-être aussi, provoqué par l’horreur vécue par cette jeune femme. Puis je suis tombée par hasard sur une interview d’elle au sujet de son livre à la télévision. J’ai alors été saisie par sa personnalité, émue par sa quête à travers cet ouvrage. Et je me suis précipitée dessus.

Dans un premier livre, intitulé « 3096 Jours », Natascha Kampusch s’était déjà livrée sur son calvaire. Pour répondre aux questions qui l’assaillaient de toutes parts. Et surtout espérer ne plus avoir à en parler.

Mais si elle a tout fait pour tourner la page, pour avancer, en ayant appris tant bien que mal à vivre avec ses indélébiles blessures, on ne lui laissa pas ce choix. Sa liberté n’est depuis dix ans que toute relative. Certes, il n’y a plus ni bourreau, ni cachot. Mais ses faits et gestes sont sans cesse épiés, interprétés, jugés, déformés. Certains détails de son incarcération passés volontairement sous silence sont imaginés, conformément aux attentes et fantasmes de certains, puis présentés comme la vérité. Son histoire est réécrite dans les journaux à sensation. Pire : du statut de victime, elle devient bientôt suspecte. Suspecte de s’en tirer aussi bien – du moins lors de ses apparitions médiatiques, car personne ne se soucie de ce qu’il en est réellement hors champ, au quotidien. « Les spécialistes des théories du complot, les journalistes, les enquêteurs véritables ou autoproclamés, les politiciens et la justice, chacun y est allé de son couplet, en se servant de moi à des fins sur lesquelles je n’avais aucun contrôle ». Et l’enfer de continuer. Elle qui avait tant espéré connaître cet extérieur quand elle était en captivité, elle qui l’avait imaginé bienfaisant, réalise s’être bercée d’illusions. Le mal peut se nicher partout, à des degrés divers. Comme aurait dit Sartre, l’enfer, c’est les autres… L’enfer, c’est l’espèce humaine, parfois.

Malgré ces difficultés, cet amer constat, Natascha Kampusch ne s’apitoie pas sur son sort, animée par le besoin d’agir, d’aider les autres (notamment dans des projets humanitaires au Sri Lanka). Et une volonté tenace. Une femme qui force l’admiration par sa combativité, sa volonté, son altruisme. Un témoignage bouleversant.

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