Nos 14 novembre, Aurélie Sylvestre : magnifique…

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Nos 14 novembre, Aurélie Sylvestre

Éditions JC Lattès, Novembre 2016

Un témoignage bouleversant, rédigé avec une sensibilité à fleur de plume, sur le combat d’une femme et mère pour rester debout, envers et contre tout, pour continuer à voir la beauté du monde malgré l’horreur. A lire !

Vendredi 13 novembre 2015. Un vendredi qui a commencé comme les autres. Aurélie, alors enceinte de 5 mois, s’occupe de son petit garçon tandis que son compagnon, Matthieu, se prépare pour le travail. Elle ignore à cet instant que c’est le dernier petit déjeuner qu’ils prendront ensemble. La dernière journée qui commencera dans les rires et la tendresse. Le soir, Matthieu se rend au concert des Eagles of metal au Bataclan.

Il n’en reviendra jamais. Il avait 34 ans.

Aurélie Sylvestre retrace ici son combat quotidien, ses blessures, ses doutes, ses victoires sur l’adversité. Le soleil persiste à se lever sur la ville, la vie se poursuit et il faut continuer avec elle, s’accrocher aux petits bonheurs, se féliciter de chaque pas effectué sans tomber, fidèle à la promesse qu’elle a faite à son compagnon devant sa dépouille : « Ne t’inquiète pas, je suis forte de notre amour je vais assurer je vais prendre le relais je te promets mon amour je te jure nous serons heureux ne t’inquiète pas nous serons heureux. »

N’allez pas vous imaginer qu’il s’agit de voyeurisme malsain, ou d’une femme qui se lamente sur son sort. C’est tout le contraire ! Aurélie Sylvestre part de son expérience particulière et nous montre avec une écriture fluide, des mots j comment elle a puisé en elle la force de tenir, pour elle, pour son fils, pour sa fille à naître. Un courage et une force vitale qui forcent l’admiration et nous font relativiser nos petits soucis du quotidien, prendre conscience à quel point il est urgent d’aimer et de le montrer aux personnes concernées. Une leçon de vie au caractère universel.

Un livre magnifique sur le pouvoir de l’amour, sur la résilience. Un témoignage dans lequel Aurélie Sylvestre redonne vie, par la voix de son encre, à l’homme de sa vie.

Coup de cœur !

Citation du jour

La pensée – la vraie, celle qui procède de l’être tout entier, scrute l’énigme, et non celle qui est cérébralité, jeu de l’intellect- fait vivre dans l’inconfort, dans le désespoir ou la révolte. Le peu d’intelligence que nous avons, nous l’employons à ne pas nous en servir, à nous en protéger comme d’une tare. Tous nous cultivons sereinement notre aptitude à ne pas penser, nous séquestrer dans le sommeil.

Charles Juliet – Le goût de l’absolu, chez Mercure de France

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Rencontre avec Laurent Gounelle : 2ème partie.

Rencontre avec Laurent Gounelle à la faveur de la parution de son nouveau livre «  Et tu trouveras le trésor qui dort en toi », aux éditions Kéro. Un livre entre l’essai et le conte initiatique, qui nous invite à réfléchir sur nos certitudes.

 

 

Est-ce une impression ou l’ego a gonflé dans nos sociétés contemporaines ? Pourquoi est-il devenu prédominant ? 

Je pense qu’on est à une époque d’ego exacerbé, où on et tourné vers soi . La course à l’ego pose problème collectivement. Cela vient peut-être des médias qui poussent beaucoup à cela via la publicité. Car c’est beaucoup plus facile de vendre un produit ou un service en appuyant sur le bouton de l’ego, en vous faisant croire que ces articles ou services feront de vous un homme qu’on va admirer, supérieur aux autres. Les publicitaires visent à nous faire croire qu’on est incomplet qu’il nous manque quelque chose pour exister pleinement, pour être reconnu, pour être aimé, et qu’il nous manque justement ce qu’ils ont à nous proposer. Sauf que la vérité est que non, nous sommes complets, mais on l’a un peu oublié. Cette quête perpétuelle est une fuite en avant.

– Ne pas avoir d’ego est-ce réalisable ?

On peut avancer dans cette direction, cela se travaille. La vie nous aide toutefois à prendre cette direction. S’identifier à sa beauté quand on avance dans la vie par exemple, n’est plus possible. Et on peut le voir comme un soulagement car l’avancée en âge aidant, on peut se dire que certes, on est plus ridé, mais on est toujours autant soi-même. La vie fait qu’on perd un certain nombres de choses auxquelles on ne peut plus s’identifier et qu’on gagne en sagesse, en libération de l’ego.

Il y a autre chose qui dans la vie peuvent nous aider à nous libérer de l’ego : ce sont les crises (crise professionnelle, crise personnelle, une maladie…). Suite à une maladie, un licenciement d’aucuns changent de vie, d’orientation, bien plus en accord avec eux-mêmes qu’avant ladite crise. Ne dit-on pas des personnes après la qu’elles sont en voie de rémission, ce qui peut s’entendre comme re-mission, nouvelle mission ? Par ailleurs, la spiritualité, la méditation, peuvent aussi nous y aider.

– La spiritualité c’est ce qui nous dépasse, le développement personnel c’est ce qui nous guérit, est-ce compatible ?

Oui, c’est compatible et selon moi il y a un ordre pertinent. Il peut il y avoir un risque à se connecter trop tôt à la spiritualité, avant d’avoir résolu ses problèmes, ses failles, du moins les plus gros. Si on se tourne trop tôt vers la spiritualité, on risque d’enterrer ses propres problèmes. Or il faut nettoyer le psychologique avant de se connecter au spirituel. C’est quand on s’aime vraiment soi-même (pour ce qu’on est quand on est nu) qu’on parvient à aimer les autres. Quand on a travaillé sur soi pour résoudre la plupart de ses problèmes, on s’intéresse moins à sa personne et on se tourne plus vers les autres et vers ce qui nous dépasse. On réalise qu’on n’est pas la personne la plus importante au monde.

– Pourquoi utilisez-vous le cadre du roman pour transmettre ce que la vie vous a appris ?

Parce que je crois au pouvoir métaphorique du roman. Un essai s’adresse à la tête, un roman s’adresse et à la tête et au cœur. Un roman permet de plus de se projeter dans un personnage.

– Comment analysez-vous votre succès ?

Il y a deux choses. D’une part, dans la vie on obtient assez facilement ce que l’on veut quand on a une seule intention. Or j’avais une seule intention : transmettre, être un passeur pour le plus grand nombre en rendant simples des idées complexes. Envie de partager tout ce que j’ai reçu par mes formations, mes rencontres avec des psys, des philosophes, des chamans. Cela m’a amené à prendre la plume pour transmettre, être un vulgarisateur. D’autre part, les êtres humains évoluent dans le bon sens, celui de la quête de leur bonheur, de la réalisation de soi. Et ce n’est pas une préoccupation d’homme riche au sens financier du terme, mais une richesse humaine.

Prix Goncourt des lycéens 2016 : Gaël Faye pour Petit pays!

Après Delphine de Vigan en 2015 pour « D’après une histoire vraie », les lycéens couronnent « Petit pays » de Gaël Faye de leur Goncourt.

Chaque année depuis vingt-neuf ans, la Fnac soumet les romans retenus par les dix sages de l’académie Goncourt au jugement de deux mille lycéens sélectionnés dans toute la France. Après deux mois de lecture assidue, il ne restait plus que sept titres sur la liste initiale de quatorze. Tropiques de la violence (Gallimard) de Nathacha Appanah, Ma part de Gaulois (Actes Sud) de Magyd Cherfi, le chanteur du groupe Zebda, Petit pays (Grasset) de Gaël Faye, déjà prix du roman Fnac, Laëtitia ou la fin des hommes, d’Ivan Jablonka (Seuil), qui vient de recevoir le prix Médicis, Continuerde Laurent Mauvignier (Minuit), Chanson douce de Leila Slimani (Gallimard), prix Goncourt 2016 et L’Insouciance de Karine Tuil (Gallimard).

Et le lauréat est Gaël Faye avec Petit pays (Grasset). C’est l’histoire et la fuite en France d’un petit garçon du Burundi, son petit pays, tandis que se déclenchent les massacres au Rwanda voisin. Une enfance qui rejoint l’expérience de l’auteur, un Franco-Rwandais de 34 ans arrivé en France en 1995, devenu rappeur (Pili pili sur un croissant au beurre, son premier album solo, aborde les thèmes de l’exil, du génocide et du métissage) avant d’attaquer ce roman, son premier, puissant, émouvant, et de nouveau récompensé, grâce au flair infaillible des lycéens.

Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à ce roman coup de coeur en cliquant sur ce lien : Petit pays, Gael Faye

Rencontre avec Laurent Gounelle : 1ère partie.

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Et tu trouveras le trésor qui dort en toi, Laurent Gounelle

Editions Kero, octobre 2016

Tout commence le jour où Alice, une jeune femme dynamique et audacieuse, retrouve son ami d’enfance, Jérémie. Devenu prêtre de campagne, il lui confie être accablé par le faible nombre de fidèles qui le suivent. Athée et conseillère en communication, Alice se met en tête de l’aider… à sa manière.Amenée par la force des choses à se plonger dans le monde de la spiritualité, du christianisme à l’hindouisme, du taoïsme au bouddhisme, Alice va découvrir une vérité universelle particulièrement troublante. Une vérité concernant l’homme et la clé de son épanouissement, passée sous silence par les religieux, perdue au fil des siècles…

Dans ce nouveau roman émouvant et captivant, Laurent Gounelle nous entraîne dans un univers passionnant à la découverte de ce qui permet à l’homme de s’élever dans une autre dimension, où ses actes sont puissants et sa joie, un état durable.

 

Rencontre avec l’auteur, lequel s’est prêté avec gentillesse et disponibilité aux questions sur les thèmes abordés dans son livre : 

    • Sommes-nous aptes au bonheur? Car nous avons tous cet ego qui nous empêche d’être profondément nous. Cette question traverse tout votre livre. Alors Laurent Gounelle, ce trésor qui dort en nous est-il un nous rêvé, débarrassé des oripeaux de l’ego ?
    • Si je vous pose la question : Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous me répondriez ? Peut-être allez-vous répondre par votre nom, sauf que vos parents auraient pu vous choisir un autre nom. Est-ce que cela aurait fait de vous quelqu’un d’autre ? D’autres vont se présenter par leur profession (comptable, ingénieur, ..) Or vous auriez pu choisir un autre métier, auriez-vous été quelqu’un d’autre pour autant ? Etc. Donc c’est difficile de répondre à cette question. Pourtant on a BESOIN de savoir qui on est, et moins on le sait, plus on a envie d’exister. A ce moment-là alors, on s’accroche à un certain nombre de choses qui nous aident à savoir qui on est et surtout à montrer aux autres qui on est. Ces choses sont des choses qui donnent une bonne impression de soi-même : une profession valorisante, … Or qui l’on est va bien au delà de son métier. Idem pour sa beauté, son intelligence auxquels on s’accroche parfois. On peut aussi s’identifier à nos possessions, croire que notre valeur dépend de la valeur des choses que nous possédons : voiture, maison, sac à main, bijoux, … alors qu’il n’y a pas de rapport entre notre valeur et la valeur de ce que l’on possède. On s’accroche d’autant plus à ces fausses identités qu’on a le sentiment que cela nous valorise aux yeux des autres. Or la réalité est presque à l’opposé : notre valeur va bien au delà de ce que nous pouvons faire, posséder, de notre métier, de notre beauté, de notre intelligence. Notre simple présence est d’une grande valeur et n’a pas besoin d’être enjolivée par quoi que ce soit. Mais ce n’est pas évident de se libérer de tout ça. Notre ego essaye ainsi d’exister à travers toutes nos possessions, nos fausses identités. Une façon d’aller vers le bonheur est de se libérer de tout ce que l’on n’est pas.
    Suite de l’interview …dans le billet de demain!