Nue, sous la lune, de Violaine Bérot : coup de coeur!

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Nue sous la lune, Violaine Bérot

Editions Buchet/Chastel,  à paraître le 12 janvier 2017

Rentrée littéraire

Un magnifique roman, poétique, d’une extrême justesse, vibrant de sensibilité, sur cette tragédie que réprésente le fait de devenir « personne ». Coup de cœur de cette rentrée littéraire !

Elle a tout abandonné pour lui : sa carrière d’artiste reconnue, sa famille, ses amis. Pire : elle s’est abandonnée elle-même, a délaissé celle qu’elle était, pour devenir celle qu’il souhaite – exige- qu’elle soit.

Cet homme, sculpteur lui-aussi, maître dans ce domaine, a fait d’elle sa chose. Insidieusement. Irréversiblement. La femme qu’elle était, joyeuse, créative, sociable, est devenue sous le couteau de ses mots acérés, de ses silences agressifs, de ses regards méprisants voire haineux, un arbre sans vie. Un pauvre tronc qu’il sculpte à sa guise, qui n’existe que si son regard daigne se porter sur elle.

Confinée dans son propre huis clos, elle est privée de moyen d’action et même de réaction, ne se rend même plus compte que ce qu’elle vit n’est pas acceptable. E si c’était elle qui était nulle, décourageante ? Peut-être que les accès de violence qu’il manifeste à son endroit sont justifiés ? Ou quand la victime se croit coupable. Que faire alors ? Continuer à se soumettre, résignée ? Fuir ? En finir ?

Ce roman de Violaine Bérot véhicule une force émotionnelle hors du commun. L’écriture est rapide, précise. La tension soutenue. Comme un cœur qui s’affole et cogne dans chaque mot. Et d’entrainer le lecteur dans une course, cette course contre la montre pour sauver la femme des griffes de son bourreau. L’auteur évite avec brio l’écueil du pathos et évoque ce sujet terrible des êtres victimes de maltraitance, leur lente mise à mort psychique, prélude parfois même à leur mort physique. Magnifique.

P.22 : « Je me souviens qu’avant toi je ne comprenais pas que certaines femmes puissent accepter d’être maltraitées, qu’elles ne se révoltent pas, ne réagissent pas, ne fuient pas, qu’elles s’entêtent à rester malgré les coups. A présent, je comprends. »

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