Rencontre avec Delphine Bertholon : « J’ai vraiment envie d’aller vers la lumière »

Vous ai-je dis combien j’ai adoré son nouveau roman ? Oui ? Alors je vous le répète : ne passez pas à côté de ce bijou !

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Ce vendredi 2 mars, Delphine Bertholon présentait son nouveau roman, Cœur-naufrage (paru chez JC Lattès), à la librairie Le Genre Urbain (Paris XXe). Une rencontre chaleureuse, à l’image de l’auteur.

Le roman :  Lyla, à l’aube de ses 34 ans, est célibataire, casanière, solitaire. Seuls son travail de traductrice et Zoé, sa meilleure amie fantasque, lui permettent d’échapper à la routine d’un quotidien bien huilé. Jusqu’au jour où un étrange message la renvoie brusquement dix-sept ans en arrière. Cœur-Naufrage, est un roman choral, qui raconte en alternance l’adolescence de Lyla et les conséquences de cet été-là : pour l’adulte qu’elle est devenue, avec ce secret qu’elle porte, et pour Joris, qui découvre à contretemps ce qui s’est joué dix-sept ans auparavant.

On sent à la lecture de roman bouleversant que vous mettez beaucoup de vous.

Ma façon d’écrire un livre se situe tellement dans l’incarnation, je me mets tellement à la place des personnages, que forcement je suis une partie d’eux et ils deviennent une partie de moi. Et donc ce sont mes idées, mes opinions qui émergent dans la fiction.

Dans Cœur-naufrage, il y a plein d’échos à la littérature, notamment parce que Lyla la narratrice est traductrice. Donc vous tissez la narration avec le texte qu’elle est en train de traduire, texte qui entre en écho avec sa propre vie.

J’ai choisi Lyla traductrice car c’est une manière de parler de l’écriture, d’une mise en abyme de l’écriture, avec le côté à la fois solitaire de ce travail-là, et l’ouverture que permet l’amour des mots. L’écriture l’a sauvée, tout comme elle est importante pour moi, m’aide à vivre. J’ai trouvé cette petite astuce pour pouvoir parler de l’écriture, et de mon rapport à elle, à travers le métier de Lyla.

La mère de Lyla est un personnage assez antipathique, jalouse, possessive. Photographe, elle prend souvent sa fille en photo à divers moments de sa vie. Vous avez déjà utilisé la photographie, notamment dans Twist et semblez aimer cet art.

La mère de Lyla est envahissante et l’idée que la photographie s’empare de l’âme me convenait bien ici. J’aime beaucoup l’art de la photographie. Cela me touche, comme peut me toucher le cinéma. J’aime l’image en général. J’apprécie beaucoup notamment une photographe, Sally Mann, laquelle a photographié ses enfants à tous les moments de leur vie, y compris incongrus. Et elle a un rapport au corps qui est extrêmement intéressant.

Le rapport au corps est particulièrement important à l’adolescence. C’est une période qui semble vous intéresser. Pourquoi, parce que c’est une période privilégiée de métamorphose?

Oui, ce qui m’intéresse le plus est le point de rupture, de basculement. Or l’adolescence est par excellence ce moment de changement. On quitte l’enfance, tout est possible, on ne sait pas trop qui on est. J’ai le sentiment que beaucoup de choses se jouent à ce moment-là. On commence à peine à se construire et en même temps le champ des possibles est infini. C’est un moment où l’on est à la fois extrêmement fort et extrêmement fragile, où un infime grain de sable peut nous faire dévier de notre chemin. J’aime bien cette ambivalence-là.

Vous abordez dans ce roman un sujet très délicat et douloureux, mais vous n’accablez pas le lecteur. Il y a notamment le personnage lumineux de Zoé, qui vend des doudous usagés aux parents éplorés.

Oui c’est un personnage haut en couleur qui a l’air d’avoir un rôle secondaire mais qui a un rôle prépondérant. Et puis, mes héros sont toujours beaucoup plus forts que moi, beaucoup plus optimistes que moi. C’est une forme de thérapie en fait. C’est vrai que j’ai tendance à souvent choisir des sujets un peu durs, un peu noirs et en même temps ce n’est pas ma nature profonde. Je n’ai pas envie de plomber le lecteur, qu’il ressorte déprimé, donc sans vouloir aller vers des sujets angéliques, je pars de ces sujets-là qui m’intéressent, mais en y injectant de la lumière. Je crois fondamentalement à la résilience, au fait qu’un certain nombre de choses peuvent se dépasser. Il y a toujours de la lumière, quoi qu’il arrive. C’est ce que j’ai envie de transmettre.

Retrouvez le billet que j’ai consacré à Cœur-naufrage, en cliquant sur ce lien : Chronique de Coeur-naufrage

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