La nuit je mens, Cathy Galliègue (Albin Michel)

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La nuit je mens, Cathy Galliègue

Editions Albin Michel, avril 2017

 

Un premier roman étrange où Cathy Galliègue explore avec subtilité l’inconscient de nos sentiments, de nos désirs, de nos âmes en peine… Jusqu’aux frontières de la folie.

Mathilde semble avoir trouvé un certain équilibre auprès de Gaspard, l’homme de sa vie, et de ses beaux-parents hippies, utopistes et amoureux de la nature. L’antithèse de sa propre famille étriquée et bourrée de principes. Tout ce dont elle avait rêvé jusqu’ici.

Un bonheur fortement ébranlé le jour où son père l’appelle pour lui apprendre de façon presque anecdotique que Guillaume, son premier amour, a mis fin à ses jours. En elle, c’est un séisme. « C’est une chose terrible, ce tiraillement abominable, ce déraillement interdit, ce cataclysme contenu. Rester digne, ne pas avouer l’amour, ce serait ridicule, mon amour de 15 ans qui s’est étiré dans le temps, qui n’a aucune valeur puisqu’il  n’était pas partagé. Le pire n’est pas de n’être pas aimée, le pire est de ne plus pouvoir aimer. »

Alors elle garde en elle cette douleur térébrante, musèle ses regrets et ses sentiments. Les années passent, mais le manque de Guillaume demeure. Lancinant. Comme un tatouage résistant aux affres du temps. Jusqu’au jour où ce dernier se manifeste à elle la nuit, la rejoint dans ses songes, avec comme dessein de l’embarquer avec elle… A-t-elle basculé dans un monde parallèle ? S’agit-il d’un fantasme ? De l’expression de la folie ? Ou de la réalité ?

Dans ce roman étrange, l’auteur analyse avec finesse et justesse l’inconscient de nos sentiments. Peut-on éternellement jouer un rôle, donner le change, quand le cœur et l’âme souffrent ? Le risque à se fondre dans le moule des attentes des autres, de la bienséance, n’est-il pas de se perdre complètement ? Un premier roman à saluer.