Grand prix des lectrices de « Elle » 2017: Leila Slimani

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L’auteure de Chanson douce (Gallimard) a reçu, mercredi 31 mai, le Grand prix des lectrices du magazine féminin catégorie « roman ». Mathias Malzieu et Olivier Norek ont été distingués dans les catégories « document » et « policier ».

Les lectrices de Elle ont fait leurs choix pour 2016, mercredi 31 mai, lors de la soirée de remise des traditionnels Grand prix du magazine. Elles ont décidé de couronner, dans la catégorie roman, Chanson douce, de Leïla Slimani, lauréate 2016 du Goncourt pour cette histoire d’une nounou meurtrière parue en août chez Gallimard.

Dans la catégorie document, c’est Mathias Malzieu qui a été récompensé pour Journal d’un vampire en pyjama paru chez Albin Michel. Le chanteur de Dionysos signe ici un journal intime tenu durant l’année où il a lutté contre la maladie du sang qui a altéré sa moelle osseuse et la mort personnifiée, Dame Oclès. Cet ouvrage a également reçu le Prix essai France Télévisions 2016.

Côté polar, les lectrices du magazine féminin ont attribué leur prix au lieutenant à la Police judiciaire Olivier Norek pour Surtensions, paru l’année dernière chez Michel Lafon et réédité en mars chez Pocket. Dans cette nouvelle enquête du capitaine Coste, le policier doit protéger un membre de son équipe. Il se retrouve au coeur d’une histoire réunissant pédophile, assassin, kidnappeur, braqueur… Pour s’en sortir, il devra faire face à ses démons. Ce polar a reçu le Prix Le Point du polar européen 2016.

Prix Orange du livre 2017 : Louis-Philippe Dalembert

Son roman Avant que les ombres s’effacent a été récompensé par un jury présidé par Erik Orsenna et composé d’écrivains, de libraires et de lecteurs.

Ils étaient, d’abord, trente auteurs à pouvoir décrocher ce prix, puis les internautes ont désigné cinq finalistes : Philippe Besson, Arrête avec tes mensonges, (chez Julliard) ; Cécile Coulon, Trois saisons d’orage (Viviane Hamy) ; Louis-Philippe Dalembert Avant que les ombres s’effacent (Sabine Wespieser éditeur) ; Simon Johannin, L’été des charognes, (Allia) ; et Pierre Jourde, Winter is Coming (Gallimard).

C’est Louis-Philippe Dalembert qui a le bonheur de se voir décerner ce beau prix. Bienheureux romancier: c’est sa deuxième récompense de la semaine puisqu’il vient de recevoir le Prix du livre France Bleu/Page des libraires.

Le jury de cette édition 2017 : 

Présidé par Erik Orsenna, le jury est composé de Vincent Message (lauréat 2016), Laurence Cossé, Benoit Duteurtre, Alain Mabanckou, Carole Martinez, des libraires passionnés comme Bénédicte Deprez (librairie Trait d’union à Noirmoutier), Jean-Paul Shafran (librairie Le Bouquetiniste à Val d’Isère) et sept lecteurs également passionnés issus de la communauté du site lecteurs.com.

 

Un prix doté de 15.000 € et un roman lauréat qui bénéficiera d’une importante promotion.

Le livre : 

En guise de prologue à cette fresque conduisant son protagoniste de Lódz, en Pologne, à Port-au-Prince, l’auteur rappelle le vote par l’État haïtien, en 1939, d’un décret-loi de naturalisation in absentia, qui a autorisé ses consulats à délivrer passeports et sauf-conduits à des centaines de Juifs, leur permettant ainsi d’échapper au nazisme. Avant d’arriver à Port-au-Prince – à la faveur de ce décret – au début de l’automne 1939, le docteur Ruben Schwarzberg, né en 1913 dans une famille juive polonaise, a traversé bien des épreuves. Devenu un médecin réputé et le patriarche de trois générations d’Haïtiens, il a peu à peu tiré un trait sur son passé. Mais, quand Haïti est frappé par le séisme de janvier 2010 et que la petite-fille de sa défunte tante Ruth – partie s’installer en Palestine avant la deuxième guerre mondiale – accourt parmi les médecins et les secouristes du monde entier, il accepte de revenir pour elle sur son histoire familiale. Pendant toute une nuit, installé sous la véranda de sa maison dans les hauteurs de la capitale, le vieil homme déroule pour la jeune femme le récit des péripéties qui l’ont amené à Port-au-Prince. Au son lointain des tambours du vaudou, il raconte sa naissance en Pologne, son enfance et ses années d’études à Berlin, où son père Néhémiah avait déménagé son atelier de fourreur, la nuit de pogrom du 9 novembre 1938, au cours de laquelle lui et son père furent sauvés par l’ambassadeur d’Haïti. Son internement à Buchenwald ; sa libération grâce à un ancien professeur de médecine ; son embarquement sur le Saint Louis, un navire affrété pour transporter vers Cuba un millier de demandeurs d’asile et finalement refoulé vers l’Europe ; son arrivée, par hasard, dans le Paris de la fin des années 1930, où il est accueilli par la communauté haïtienne et, finalement, son départ vers sa nouvelle vie, muni d’un passeport haïtien : le docteur Schwarzberg les relate sans pathos, avec le calme, la distance et le sens de la dérision qui lui permirent sans doute, dans la catastrophe, de saisir les mains tendues. Fascinant périple, le roman de Louis-Philippe Dalembert rend également un hommage tendre et plein d’humour à sa terre natale, où nombre de victimes de l’histoire trouvèrent une seconde patrie

Dakota song, Ariane Bois (Belfond)

Dakota song, Ariane Bois

Editions Belfond, mars 2017

 9782714475411

Un portrait survolté d’une Amérique en pleine révolution artistique, intellectuelle et sexuelle, celle de la Beatlemania et du disco, du Studio 54 de Warhol et du Chelsea Hotel, du scandale du Watergate et d’une décennie de violences.

 

Nous sommes dans les années 70 au cœur de Harlem. Shawn, 20 ans, vit avec sa mère et ses trois sœurs, laquelle cumule les petits boulots pour survivre. Un samedi, alors qu’il sort avec son meilleur ami Sly, un gang les agresse. Dans l’altercation, Sly perd la vie. Tandis que Shawn, survivant, devient un témoin gênant. Pour le protéger, son oncle lui propose de quitter le quartier quelque temps et de venir se réfugier dans l’immeuble où il travaille, le Dakota, sur le West side.

Dakota. L’immeuble le plus célèbre et le plus luxueux de la ville. Le lieu où se précipite la haute société new-yorkaise. Un club très fermé dans lequel on croise Lauren Bacall, John Lehnon, Rudolph Noureev ou encore Léonard Bernstein, pour ne citer que ces derniers. Un univers si étranger à Shawn. Pourtant, cet endroit qui ne devait être qu’en lieu de passage, aux antipodes de son univers, va peu à peu s’ouvrir à lui. Employé comme portier, ce poste lui offre la chance d’échapper à la violence de Harlem, de faire quelque chose de sa vie, d’apprendre au contact des autres. Le Dakota est une école de vie. Une chance qu’il est bien décidé à saisir. Sa gentillesse et son intégrité vont progressivement lui valoir la reconnaissance et la sympathie des habitants, venir à bout des préjugés racistes, lui permettre de tisser des liens avec Becky, Tyler, Andrew, Nathan, Abigail, Cherie, ces new-yorkais à la vie dorée. Et de se rendre compte à cette occasion, qu’argent ne rime pas toujours avec bonheur…

A travers la décennie 70, sur fond de guerre du Vietnam, de lutte contre le racisme, d’avènement du hip-hop,  Ariane Bois dresse une peinture économique, sociale et culturelle très intéressante de Big Apple. A travers les destins croisés des habitants du Dakota, on suit avec émotion la progression de Shawn, décidé à se faire une place dans un monde qui n’a pas l’habitude d’en faire aux gens de couleur…