Le début des haricots, de Fanny Gayral : attention, coup de coeur!

Le début des haricots, Fanny Gayral

Editions Albin Michel, juin 2017

 

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Plus efficace qu’un psy, moins cher qu’une cure de détox, un premier roman salutaire de Fanny Gayral, jeune médecin, qui s’amuse de nos névroses… pour voir les choses du bon côté ! Ne passez pas à côté de ce roman qui procure un bien-être fou !

Anna, jeune médecin urgentiste, est aussi affirmée dans son travail qu’effacée en dehors. Aussi assurée dans ses gestes et décisions de praticienne, que malléable et vulnérable avec ses proches. Surtout son père, professeur en médecine, qui ne conçoit pas la vie de sa fille autrement que dans les traces de la sienne. Anna étouffe, peste intérieurement, mais ne se sent pas la carrure de s’opposer au big boss, alias « le bombardier » pour ses collègues. Personne d’ailleurs, pas même sa femme, n’ose s’y frotter.

Jusqu’au jour où elle fait une erreur de diagnostic qui manque de coûter la vie à un patient. Paniquée pour son malade, dévorée d’angoisse à l’idée des foudres paternelles qui ne manqueront pas de s’abattre sur elle, elle décide alors de déserter. Le regard attiré par une pancarte évoquant un stage de psychothérapie intégrative sur le thème du courage, elle ne s’autorise pas à trop réfléchir et s’inscrit pour la semaine de stage. Tant pis pour le congrès de cardiologie où elle est attendue ! Une décision qui va bouleverser sa vie, ses choix de vie. Une renaissance.

Ce roman de Fanny Gayral est un vrai délice de lecture ! Avec des formules inédites, un humour rafraîchissant, une analyse fine de la psychologie des personnages, l’auteur nous entraine sur les pas d’une femme à l’aube de sa renaissance. Identifier ses aspirations profondes, repenser sa vie, ses priorités, ses choix, qui n’y a pas songé un jour ou l’autre ? Oser ensuite assumer ses décisions, ses envies et foncer, qui n’en a pas rêvé ? Oser être et non plus juste par-être. Vivre enfin. Pleinement.

Un roman frais, pétillant, positif, qui fait un bien fou et se lit d’une traite, le sourire aux lèvres! Ne passez pas à côté de cette pépite !

N’hésitez pas à aller voir le site de l’auteur! C’est par ici : Site de Fanny Gayral

 

Prix des libraires 2017 : Cécile Coulon pour Trois saisons d’orage (Editions Viviane Hamy)

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Le 63e prix des Libraires, parrainé par l’écrivain Laurent Gaudé, a été remis, jeudi 8 juin au Centre national du livre, à Cécile Coulon, pour Trois saisons d’orage (Viviane Hamy).

La lauréate était en compétition avec Jean-Baptiste Del Amo (Règne animal, Gallimard), récent Prix du Livre Inter, et Antonin Varenne (Equateur, Albin Michel).

Effectuée par un jury composé de neuf libraires, parmi lesquels le président de l’association du prix Joël Hafkins (La Boîte à livres à Tours), Nathalie Iris (Mots en marge à La Garenne-Colombes) ou encore Béatrice Leroux (Gibert Jeune à Paris), cette sélection a été soumise à l’appréciation de libraires indépendants.

Plus de 2 000 libraires ont été invités à voter jusqu’à début juin pour l’un des trois titres en lice soit en retournant leur bulletin par la poste soit en votant sur le site prixdeslibraires.com.

Le livre : 

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Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste.

Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature.
Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis.

Cécile Coulon renoue ici avec ses thèmes de prédilection – la campagne opposée à la ville, la lutte sans merci entre l’homme et la nature –, qui sont les battements de cœur du très grand succès que fut Le Roi n’a pas sommeil (Éd. Viviane Hamy, 2012).

 

 

Prix des lecteurs l’Express/BFMTV 2017 : Didier Decoin

Le prix des lecteurs L’Express/BFMTV récompense cette année Didier Decoin, écrivain confirmé, récompensé en son temps par l’Académie Goncourt dont il est aujourd’hui l’un des piliers, pour Le Bureau des Jardins et des Étangs, paru aux éditions Stock.

Didier Decoin est le quatrième lauréat de ce prix, après Maylis de Kerangal, François-Henri Désérable et Marc Victor, son prédécesseur, l’an dernier. Les autres livres en lice étaient : Marlène de Philippe Djian, Inhumaines de Philippe Claudel, Arrête avec tes mensonges de Philippe Besson, Costa Brava d’Eric Neuhoff, Calcaire de Caroline de Mulder, Romain Gary s’en va-t-en guerre de Laurent Seksik et Article 353 du code pénal de Tanguy Viel.

Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à ce livre : 

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Un conte initiatique d’une déchirante beauté, sensuel, poétique, voluptueux, à l’époque du Japon médiéval. Coup de cœur immense pour cette sublime estampe.

C’est une immersion totale dans le Japon du XIIème siècle, à l’époque Heian, que nous offre Didier Decoin.

Miyuki, jeune femme frêle, « une maigre silhouette d’herbe folle », vivait un amour idyllique avec Katzuro, le pêcheur de carpes le plus habile du village de Shimae, fournisseur officiel du Bureau des Jardins et des Etangs de l’empereur. Mais ce dernier glisse sur le fond glaiseux de la rivière et meurt noyé. Tous pensent alors que sa veuve va s’effondrer. Or c’est mal connaître la réservée Miyuki. Dès l’instant de la nouvelle de son décès, elle qui n’a jamais passé les frontières de son village, décide de relever le défi de livrer les carpes à l’empereur à plusieurs jours de marche de là. Parce que l’argent de la vente de ces poissons sacrés permettra de faire vivre le village. Mais aussi et surtout, parce qu’ainsi elle entend rendre hommage à son défunt mari. Ces carpes qu’elle portera péniblement dans des vasques en osier remplies d’eau, au bout d’une palanche, sont les dernières que Katzuro a capturées. Un trésor ô combien symbolique.

Un voyage qu’elle entreprend seule. En apparence. Car sans cesse les souvenirs de Katzuro l’accompagnent, au point de le rendre indiciblement présent à ses côtés, de guider ses pas, de faire battre son cœur.

Une aventure épique, au cours de laquelle il lui faudra affronter les intempéries, les monstres marins, les brigands, se frotter à une tenancière de maison close aux dents vertes. Ou comment la candide Miyuki, mue par l’amour pour son défunt mari, découvre le monde et s’émancipe. C’est pour le lecteur l’occasion d’un voyage sublime au cœur d’un Japon où se mêlent un raffinement extrême, une infinie poésie et une divine exaltation des sens.

Un coup de coeur absolu!

Ecoute-moi bien, Nathalie Rykiel (Stock)

Ecoute-moi bien Nathalie Rykiel

Editions Stock, mai 2017

 

« Depuis le jour de ma naissance, peut-être même avant et tout le long de la vie, nous nous sommes parlé chaque jour. » Dans ce vibrant hommage à sa défunte mère, Nathalie Rykiel poursuit le dialogue avec elle, suture sa blessure au fil des mots, se nourrit de souvenirs pour combler le vide abyssal laissé par sa mort en août 2016.

Ecoute-moi bien est un hymne à l’amour, un récit sur une relation mère-fille, sur la quête de sa place dans la lignée familiale. Une relation pour le moins fusionnelle, dévorante. Aussi paradisiaque qu’infernale à d’autres moments. Aussi douce que difficile parfois. « Avec toi j’ai connu le plus beau, j’ai vécu le plus dur ». Comment grandir dans l’ombre de celle qui a su révolutionner la mode, s’imposer, éblouir, construire un empire ? Comment prendre son envol face à une mère qui vous prévient qu’elle ne vous laissera jamais partir ? Comment préserver son espace vital quand on forme déjà un couple si fusionnel avec sa mère ? Car Nathalie et Sonia non seulement travaillent ensemble, mais vivent dans le même immeuble, séparées de tout juste dix-neuf marches, que Nathalie emprunte plusieurs fois par jour.

« Mon sujet ce n’est pas toi, c’est nous. Nous deux. Ce que tu as fait de moi. Ce que je t’ai laissée faire de moi. Avec bonheur avec douleur. Comment je t’ai laissée me bouffer et t’installer aux premières loges de ma vie. Et moi, qui ai toujours été au front-row de la tienne. »

Avec des phrases courtes, un style incisif, il y a dans l’écriture de Nathalie Rykiel une forme d’urgence. Un impératif. Parler à sa mère à cœur ouvert, parler aux lecteurs de cette femme extraordinaire. Parler pour la retrouver. Parler pour la garder vivante dans les pensées des gens. Un récit intime bouleversant, à portée universelle : comment s’inscrire dans l’existence, trouver sa place ? A lire !

 

 

Prix Bretagne 2017 : La gouvernante suédoise,de Marie Sizun (Arléa)

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Sous la présidence de Ghislaine LEJARD, le Prix de l’Académie littéraire de Bretagne est décerné chaque année en Juin à une oeuvre de fiction.

  • Membres du jury :
    • G. Bouatchidzé
    • J. Boislève
    • A. George
    • M. Germain
    • A. Girard-Lamaury
    • Gh. Lejard
    • N. Ménard
    • P. Morin
    • J.-L. Liters
    • J.-Y. Paumier
    • D. Pierrelée
    • Ch. Robin
Le livre lauréat :
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Quel rôle joue exactement Livia, la gouvernante suédoise engagée par Léonard Sézeneau, négociant français établi à Stockholm en cette fin du XIXe siècle, pour seconder sa jeune femme, Hulda, dans l’éducation de leurs quatre enfants ? Quel secret lie l’étrange jeune fille à cette famille qu’elle suivra dans son repli en France, à Meudon, dans cette maison si peu confortable et si loin de la lumière et de l’aisance de Stockholm ? Il semble que cette Livia soit bien plus qu’une domestique, les enfants l’adorent, trouvant auprès d’elle une stabilité qui manque à leur mère, le maître de maison dissimule autant qu’il peut leur complicité, et Hulda, l’épouse aimante, en fait peu à peu une amie, sa seule confidente. Rien ne permet de qualifier le singulier trio qui se forme alors. Que sait Hulda des relations établies entre son mari et la gouvernante ? Ferme-t-elle les yeux pour ne pas voir, ou accepte-t-elle l’étrange dépendance dans laquelle elle semble être tombée vis à vis de Livia ?

Dans ce récit maîtrisé et romanesque, Marie Sizun brosse le portrait tout en nuances de ses ancêtres franco-suédois, s’approchant au plus près du mystère qui les entoure. C’est bien une histoire d’amour et de mort qui va suivre la réussite fulgurante d’une famille, la sienne, trois générations plus tôt. Renouant les fils rompus, interrogeant sans cesse un passé occulté, redonnant vie aux disparus par son talent de romancière, Marie Sizun éclaire avec tendresse et pudeur les secrets de ces étonnants personnages.

Maryam Madjidi, lauréate du prix Ouest-France Etonnants voyageurs 2017

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Publié en janvier au Nouvel Attila, Marx et la poupée a été primé dimanche 4 juin par un jury de lecteurs âgés de 15 à 20 ans.

A l’occasion du festival Etonnants voyageurs de Saint-Malo, le 13e prix Ouest-France Etonnants voyageurs, dont le jury est constitué de 10 jeunes âgés de 15 à 20 ans et qui est doté de 10 000 euros, a été attribué dimanche 4 juin à Maryam Madjidi pour Marx et la poupée, paru le 12 janvier au Nouvel Attila. Elle avait déjà reçu en mai le Goncourt du premier roman.
Le livre lauréat : 
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Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes -, l’effacement progressif du persan, qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive

La tour Eiffel se balade à Paris (Nathan)

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La tour Eiffel se balade à Paris, Mymi Doinet (auteure) et Mélanie Roubineau (illustratrice)

Editions Nathan, mai 2017

Dès 4 ans.

Un album pour découvrir les lieux mythiques de la capitale, avec Léa et Nino, accompagnés de la tour Eiffel.

Visiter Paris à dos de tout Eiffel, voilà l’incroyable chance de Léa et Nino. En effet, tandis que ces derniers participent à une grande chasse au trésor et peinent à le trouver, la tour Eiffel leur propose son aide. Elle connaît tous les monuments et lieux mythiques de la capitale et pourra les guider! C’est décidé, elle sera leur taxi.

Des  quais de Seine à Notre-Dame, en passant par le marché aux fleurs, les étals des bouquinistes, les bateaux-mouches, le zoo de Vincennes, l’arc de triomphe ou encore le Louvre, les enfants suivront avec amusement Léa et Nino dans leurs aventures à travers la ville, tout en découvrant les lieux magistraux de la capitale. Une visite guidée ludique et instructive. Un joli livre à offrir avant un séjour dans la capitale, ou en souvenir de ce dernier.

 

Citation du jour

C’est valable pour n’importe quel type d’amour. (…) On ne récolte pas ce qu’on se contente de semer, un point c’est tout. On ne récolte que ce dont on prend soin.

Matteo Bussola, Nuits blanches et gros câlins (éditions Kero)

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