Un clafoutis aux tomates cerises, Véronique de Bure : à dévorer!

20768206_1713189995375577_5504697895073528476_n

Un clafoutis aux tomates cerises, Véronique de Bure

Editions Flammarion, février 2017

 

Un Clafoutis aux tomates cerises, le plus joli roman sur le grand âge qui soit, traite sans fard du temps qui passe et dresse le portrait d’une femme qui nous donne envie de vieillir.

 

Au crépuscule de sa vie, Jeanne consigne dans un journal son quotidien. « Pourquoi est-ce que j’écris tout ça, au soir de ma longue vie, déroulant le fil d’une existence banale ? Est-ce le besoin de ne pas m’éteindre complètement après que l’on m’aura fermé les yeux ? Ce n’est pas de mon âge de me pencher comme ça sur moi, d’écrire ma vieille tête et mon cœur usé. Ce sont les jeunes filles qui tiennent un journal. Pas les vieilles dames. (…) Ils vont bien se moquer ceux qui vont trouver ce cahier après ma mort. » Non, ils ne vont pas se moquer, ma chère Jeanne, ils vont prendre, comme moi, un plaisir infini à vous suivre aux quatre saisons de votre vie, voir leur cœur fondre devant vos émerveillements, rire de vos facéties, être emplis d’une grande tendresse envers vous. Car ce roman est aussi délicieux qu’un clafoutis, acidulé comme les tomates, moelleux au cœur, sans colorants ni autres artifices. Un délice de lecture pour les gourmands, ceux qui, comme vous, ont un grand appétit de la vie, la célèbrent dans ses joies les plus infimes comme une partie de bridge entre amis, la récolte de haricots du jardin, la contemplation d’un massif de fleurs épargné par la grêle.

Avec une justesse inouïe, Véronique de Bure a su se glisser dans la peau d’une nonagénaire et nous raconter son quotidien. Un quotidien dans lequel le temps ne s’écoule plus au même rythme, où les priorités changent, où la mémoire joue des tours. Mais pas un quotidien désenchanté, loin s’en faut. Avec beaucoup d’humour, l’auteur confronte son personnage aux nouvelles technologies (Internet, les SMS, la Box,…), lesquelles suscitent des commentaires désopilants et si justes de l’intéressée. Elle nous entraine sur le chemin de la vieillesse avec la liberté de ton qui caractérise cet âge. A une heure où les médias nous rebattent les oreilles sur les nouvelles techniques pour rester jeune, Véronique de Bure nous ferait presque désirer vieillir plus vite, pour ne plus nous attarder que sur l’essentiel et prendre le temps d’apprécier ce qu’on ne voit plus.

Un coup de cœur !

Publicités