Prix Renaudot 2017 : 1ère sélection

Prix Renaudot BibliObs

Dix-sept romans et quatre essais ont été retenus par les jurés, lundi 4 septembre.

Le jury du Renaudot a ouvert, ce lundi 4 septembre, la saison des grands prix d’automne en dévoilant les premières sélections de leurs prix 2017.

Une liste de 17 romans compose la sélection des romans, dans laquelle on trouve cinq ouvrages Grasset dont un essai, La nostalgie de l’honneur de Jean-René Van der Plaetsen. Gallimard parvient à placer trois titres dont un essai, et Stock, absent de la liste des romans l’année dernière, est présent avec Le fou du roi de Mahi Binebine (publié en mars) et Mes pas vont ailleurs de Jean-Luc Coatalem. Tout comme le Seuil qui voit deux de ses auteurs sélectionnés : Nos richesses de Kaouther Adimi et L’empereur à pied de Charif Madjalani.

Les deuxième et troisième sélections du Renaudot seront dévoilées les 3 et 31 octobre, avec une remise le 6 novembre, quelques minutes après le Goncourt dont la première sélection est attendue demain.

Les 17 romans en lice :

  • Nos richesses de Kaouther Adimi (Seuil)
  • Indocile d’Yves Bichet (Mercure de France)
  • Le fou du roi de Mahi Binebine (Stock)
  • Mes pas vont ailleurs de Jean-Luc Coatalem (Stock)
  • Un certain M. Piekielny de Jean-François Désérable (Gallimard)
  • Le déjeuner des barricades de Pauline Dreyfus (Grasset)
  • La disparition de Josef Mengele d’Olivier Guez (Grasset)
  • Innocence d’Eva Ionesco (Grasset)
  • La serpe de Philippe Jaenada (Julliard)
  • Le chemin des fugues de Philippe Lacoche (Rocher)
  • Toutes les familles heureuses d’Hervé Le Tellier (J.-C. Lattès)
  • Fief de David Lopez (Seuil)
  • L’empereur à pied de Charif Madjalani (Seuil)
  • Le Songe du photographe de Patricia Reznikov (Albin Michel)
  • Mécaniques du chaos de Daniel Rondeau (Grasset)
  • Nos années rouges d’Anne-Sophie Stefanini (Gallimard)
  • L’art de perdre d’Alice Zeniter (Flammarion)

Les quatre essais en lice :

  • De l’ardeur de Justine Augier (Actes Sud)
  • Dieu, Allah, moi et les autres de Salim Bachi (Gallimard)
  • Sexes et mensonge de Leïla Slimani (Les Arènes)
  • La nostalgie de l’honneur de Jean-René Van der Plaetsen (Grasset)

Le jury du Prix Renaudot :

Le jury du Prix Renaudot, présidé cette année par Patrick Besson, se compose de Frédéric Beigbeder, Dominique Bona, Georges-Olivier Châteaureynaud, Jérôme Garcin, Louis Gardel, Frantz-Olivier Giesbert, Christian Giudicelli, J.-M. G. Le Clézio et Jean-Noël Pancrazi.
Source : Livres Hebdo du 4/9/17
Publicités

Rentrée littéraire : Sa mère, Saphia Azzeddine (Stock) : un roman coup de poing

IMG_6804

Sa mère, Saphia Azzeddine

Editions Stock, août 2017

Rentrée littéraire

 

Marie-Adélaïde ne se projette pas dans cet emploi qu’elle exerce à la Miche dorée. Cette boulangerie où pour deux baguettes achetées, la troisième est offerte, ne lui inspire que mépris. C’est juste un job en attente de mieux. Quoi, elle ne le sait pas. Mais son assistante sociale le lui a affirmé : sa situation n’est pas pourrie, elle est juste « transitoire ».

Un transitoire qui a la fâcheuse tendance à se pérenniser depuis sa naissance. Et à nourrir une indicible révolte en elle. Révolte contre son milieu, contre les conventions quelles qu’elles soient. En effet, Marie-Adélaïde est née sous X.

« Une naissance pareille, quelle humiliation. Je m’en serais foutue, moi, de ne pas partir avec les mêmes chances dans la vie ; ce que j’aurais voulu, c’est partir avec elle. Qu’elle me choisisse, qu’elle m’aime n’importe comment, j’aurais voulu être son erreur, son boulet, j’aurais préféré être tout ça à la fois, mais m’en plaindre dans ses bras. Je l’aurais aimée à la rage, à la fureur, je l’aurais aimée de toute mon âme, de tous mes os, je l’aurais fumée d’amour, cette mère, si elle m’avait serrée contre elle comme une camisole de force. »

Mais par fierté, Marie-Adélaïde tait ce manque, feint se moquer de tout, comme une « seconde peau », pour ne pas craquer. De familles en foyers d’accueil, elle s’est construite tant bien que mal, sans la colonne vertébrale qu’est l’amour d’une mère. Seule trace de cette dernière, le doudou qu’elle lui a laissé dans son berceau et qui ne l’a jamais quittée depuis : un éléphant rose. Vingt-huit ans ont passé. Le manque d’elle demeure. Béant.

Comment se construire, s’élever, quand on n’a pas de racines ? Comment savoir où l’on va quand on ignore d’où l’on vient ? Comment s’aimer quand on se vit comme une faute, un délit, un boulet ? C’est un roman coup de poing que nous livre Saphia Azzedine. Un roman fort, à l’image de la rage qui anime l’héroïne. Un roman qui frappe, cogne, malmène.