Rentrée littéraire : Sa mère, Saphia Azzeddine (Stock) : un roman coup de poing

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Sa mère, Saphia Azzeddine

Editions Stock, août 2017

Rentrée littéraire

 

Marie-Adélaïde ne se projette pas dans cet emploi qu’elle exerce à la Miche dorée. Cette boulangerie où pour deux baguettes achetées, la troisième est offerte, ne lui inspire que mépris. C’est juste un job en attente de mieux. Quoi, elle ne le sait pas. Mais son assistante sociale le lui a affirmé : sa situation n’est pas pourrie, elle est juste « transitoire ».

Un transitoire qui a la fâcheuse tendance à se pérenniser depuis sa naissance. Et à nourrir une indicible révolte en elle. Révolte contre son milieu, contre les conventions quelles qu’elles soient. En effet, Marie-Adélaïde est née sous X.

« Une naissance pareille, quelle humiliation. Je m’en serais foutue, moi, de ne pas partir avec les mêmes chances dans la vie ; ce que j’aurais voulu, c’est partir avec elle. Qu’elle me choisisse, qu’elle m’aime n’importe comment, j’aurais voulu être son erreur, son boulet, j’aurais préféré être tout ça à la fois, mais m’en plaindre dans ses bras. Je l’aurais aimée à la rage, à la fureur, je l’aurais aimée de toute mon âme, de tous mes os, je l’aurais fumée d’amour, cette mère, si elle m’avait serrée contre elle comme une camisole de force. »

Mais par fierté, Marie-Adélaïde tait ce manque, feint se moquer de tout, comme une « seconde peau », pour ne pas craquer. De familles en foyers d’accueil, elle s’est construite tant bien que mal, sans la colonne vertébrale qu’est l’amour d’une mère. Seule trace de cette dernière, le doudou qu’elle lui a laissé dans son berceau et qui ne l’a jamais quittée depuis : un éléphant rose. Vingt-huit ans ont passé. Le manque d’elle demeure. Béant.

Comment se construire, s’élever, quand on n’a pas de racines ? Comment savoir où l’on va quand on ignore d’où l’on vient ? Comment s’aimer quand on se vit comme une faute, un délit, un boulet ? C’est un roman coup de poing que nous livre Saphia Azzedine. Un roman fort, à l’image de la rage qui anime l’héroïne. Un roman qui frappe, cogne, malmène.

 

 

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2 commentaires sur “Rentrée littéraire : Sa mère, Saphia Azzeddine (Stock) : un roman coup de poing

  1. Quelque part nous sommes tous nés sous X… quand il entre à l’age adulte l’individu a tout à déconstruire, et reconstruire. Ce qui diffère de l’un à l’autre, c’est la gestion de sa propre histoire… 🙂

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