Rentrée littéraire. Le livre que je ne voulais pas écrire, Erwan Larher (Quidam) : magnifique…

 

Le livre que je ne voulais pas écrire, Erwan Larher

Quidam éditeur, août 2017

Rentrée littéraire

Erwan Larher assistait au concert des Eagles of death metal au Bataclan. L’auteur, qui aime dire et questionner le monde du bout de sa plume, se retrouve au cœur d’une histoire d’horreur. Sauf que ce n’est pas un roman. Sauf qu’il en est un des personnages. Et qu’il en ignore la fin.

« Tu étais au mauvais endroit au mauvais moment, tu es un miraculé, pas une victime. » Cette phrase à elle seule donne le ton du livre : pas d’histoire larmoyante ni de voyeurisme malsain ici. Pas de rancune ni de règlement de compte non plus. Non, ce livre est tellement plus noble, tellement au-delà d’un simple témoignage ! Car Erwan Larher ne cherche pas écrire sur lui, sur sa malheureuse présence au Bataclan le fameux 13 novembre 2015. Il écrit autour. « Ecrire parce que tu n’as pas le choix, porté par une force qui te dépasse ; autour parce que tu es romancier et non chroniqueur, parce que tu ne peux façonner un texte qu’en appétant faire littérature. »

Ni témoignage ni récit donc mais une œuvre littéraire à part entière. Outre ce talent extraordinaire de passeur d’émotions, qui vous fait passer du rire aux larmes, trembler, sourire, frémir, l’auteur vous offre un texte dont le style aérien, fluide, travaillé, est un oxygène salvateur pour cette plongée dans l’horreur. Sous la baguette de chef d’orchestre de sa plume, il mêle avec une incroyable dextérité ses impressions à celles de ses proches, amis et connaissances, élargit le regard, questionne, plaisante même. Il donne le ton, rythme, harmonise l’ensemble des voix et nous livre un texte ô combien vibrant. Un texte viscéralement humain. Juste magnifique.

Après avoir lu ce livre, vous aurez envie d’aimer davantage, de célébrer la vie dans ses bonheurs les plus infimes. Une claque magistrale. Un hymne à la vie.