Prix Renaudot 2017 : Olivier Guez

Le prix Renaudot a été décerné lundi 6 novembre à Olivier Guez au restaurant Drouant, à Paris, pour La disparition de Joseph Menguele (Grasset)

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Les 5 finalistes du Prix Renaudot étaient : 

 

Le lauréat Olivier Guez : 

Olivier Guez est l’auteur, entre autres, de L’Impossible retour, une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945 (Flammarion), Éloge de l’esquive (Grasset) et Les Révolutions de Jacques Koskas (Belfond).
Il a reçu en 2016 le prix allemand du meilleur scénario pour le film Fritz Bauer, un héros allemand.

Le roman primé : La disparition de Josef Mengele

1949  : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz  croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant  ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au cœur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

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Prix Goncourt 2017 : Eric Vuillard

Les 10 membres de l’académie Goncourt ont dévoilé ce lundi 6 novembre, à l’heure du déjeuner le lauréat du célèbre prix littéraire francophone.

Les finalistes étaient, par ordre alphabétique d’auteurs :

  • Yannick Haenel avec son roman « Tiens ferme la couronne » (Gallimard)
  • Véronique Olmi avec « Bakhita » (Albin Michel)
  • Eric Vuillard avec « L’ordre du jour » (Actes Sud)
  • Alice Zeniter avec « L’Art de perdre » (Flammarion).

Le lauréat, après 3 tours de scrutin est Eric Vuillard avec « L’ordre du jour » (Actes Sud).

Le lauréat Eric Vuillard : 

Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web – mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d’Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre et le prix Alexandre Viallate pour 14 juillet.

Le roman primé , L’ordre du jour : 

L’Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l’Anschluss par l’auteur de Tristesse de la terre et de 14 juillet.
Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d’épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.

 

Douze hommes en colère au Théâtre Hébertot : à voir absolument!

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Douze hommes en colère au théâtre Hébertot jusqu’au 8 janvier 2018

Une pièce de Reginald Rose

Adaptation française Francis Lombrail

Mise en scène Charles Tordjman

Avec Jeoffrey Bourdenet – Antoine Courtray – Philippe Crubezy
Olivier Cruveiller – Adel Djemaï – Christian Drillaud
Claude Guedj – Roch Leibovici – Pierre Alain Leleu
Francis Lombrail – Pascal Ternisien – Bruno Wolkowitch

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Le synopsis :

Suite aux témoignages accablants de deux voisins, un jeune homme noir d’origine modeste est accusé d’avoir poignardé son père. Et risque la peine de mort. Sa vie est entre les mains de douze jurés, lesquels se réunissent pour délibérer et voter. Onze le désignent coupable, tandis qu’un seul homme plaide son innocence, perclus de doutes quant aux témoignages et à l’analyse des faits. Comme la décision doit être prise à l’unanimité, ce dernier entreprend de rallier un à un les autres jurés à sa cause.

 

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L’adaptation de Francis Lombrail au théâtre Hébertot :  

Ce huis-clos fascinant, écrit par Réginald Rose en 1953, est indiciblement moderne. Il interroge sur la présomption d’innocence, l’influence de notre histoire personnelle sur notre jugement, la promptitude à juger sur les apparences, quitte à condamner à mort un innocent. Adapté par Francis Lombrail et mis en scène par Charles Tordjman, ce chef d’œuvre est revisité de façon extrêmement brillante au théâtre Hébertot jusqu’au 30 décembre.

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Mon avis sur la pièce :

Aucun temps mort dans cette pièce interprétée par douze talentueux auteurs. Chacun campe excellemment bien son personnage, convaincu et convaincant. La tension est permanente, les rebondissements incessants. L’intelligence d’un seul homme démontant un à un les chefs d’accusation, ébranlant les certitudes des autres jurés et de la salle, laisse le spectateur médusé. A chaque vote naissent des interrogations sur le verdict :  acquittement ou chaise électrique ? Chacun retient son souffle, évolue dans son jugement sous l’éclairage des nouveaux argumentaires. Jusqu’au verdict final.

Une pièce à voir absolument, adolescents comme adultes, si vous habitez Paris ou passez par la capitale !

La vie rêvée de Virginia Fly, Angela Huth (Quai Voltaire)

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La vie rêvée de Virginia Fly, Angela Huth

Editions Quai Voltaire (La table ronde), février 2017

 

Un roman dont l’écriture ciselée dissèque méticuleusement les sentiments et les pensées des âmes troublées jusqu’à en dévoiler l’entière (et parfois dangereuse) nature. Drôle et grinçant.

 

Virginia Fly est une institutrice bien sage. Trop sage. A 31 ans, elle vit toujours chez ses parents et ne connaît des hommes que ce que son imagination, nourrie, lui souffle. Certes, il y a bien ses sorties musicales avec le professeur, un autrichien plus âgé qu’elle. Mais ce dernier est à ce point réservé, que rien d’ordre amoureux ne s’amorce entre eux. Mais être trentenaire et encore vierge ne signifie pas ne pas fantasmer. Virginia est intimement convaincue que son correspondant américain, Charlie, qui doit venir bientôt la voir en Angleterre, sera ce prince charmant, celui qui l’envolera vers les cimes du plaisir. Et d’imaginer son bonheur à ses côtés, cette vie de femme enfin concrétisée. Ne se carbonise-t-elle pas de désir pour lui depuis douze ans ?

Au même moment, Virginia est invitée à témoigner sur sa virginité à une émission de télévision. Une médiatisation qui lui vaut de nombreuses sollicitations. L’heure de la passion charnelle semble bien avoir sonné. Virginia va peut-être enfin pouvoir quitter le nid parental, sa mère aux idées étriquées et son père gentil mais soumis.

Lire Angela Huth, c’est être saisi par la justesse de l’analyse psychologique des personnages, jubiler devant la drôlerie des répliques et des situations, laquelle ferait presque oublier le caractère grave de certaines scènes. Un roman so british, cocasse, grinçant, tout à la fois tendre et cruel, qui sidère par sa modernité, alors qu’il a été rédigé il y a… 45 ans !