Glissez Aude le Corff dans votre poche!

L-importun

L’importun, de Aude Le Corff
Éditions Pocket, octobre 2017
Aude Le Corff livre un second roman subtil, qui sonde les fragilités de l’âme humaine et s’interroge sur les stigmates de l’Histoire.

Une nouvelle maison avec jardin, à proximité de la mer. L’attente joyeuse d’un deuxième enfant. Quand Damien et sa femme, romancière, achètent cette maison aux deux filles du vieil homme, ils se croient à l’aube de jours sereins. A l’aube d’une nouvelle vie.
Nouvelle, assurément. Mais sereine ?

C’est sans compter avec Guy, l’ancien propriétaire des lieux, un homme solitaire, taiseux, placé depuis en foyer. Certes, la maison a été vendue, mais de ce « détail » il n’a que faire ! Dans son esprit, il est toujours chez lui et s’estime par conséquent bien généreux de tolérer la présence des nouveaux occupants lors de ses visites impromptues.
D’abord incommodée, irritée par son sans-gêne, la narratrice s’habitue à ses allées et venues, à sa présence dans la cave ou le jardin. Et s’attache imperceptiblement à lui. Peu à peu en effet, la carapace du vieil homme se fendille et lui laisse entrevoir un autre, un homme sensible, blessé, amputé de l’amour d’un père. Comme elle fut amputée de l’amour du sien. Des blessures qu’il a toujours tues à ses proches et qui n’ont eu de cesse de gangréner sa vie, faute de mots pour les suturer. Dans le miroir de sa souffrance, dans le gâchis de sa relation avec ses filles, la narratrice comprend sa propre relation à son père, s’interroge sur le pardon, sur la transmission. Et le vieil homme de puiser en elle, de même, des réponses à ses propres interrogations, des réassurances face à ses angoisses, à ses manquements.

Peut-on aimer quand on n’a pas reçu d’amour ? Que peut-on transmettre, quand on n’a rien reçu ? Est-il possible de guérir de ses blessures, d’accepter d’avoir eu des parents qui aient fait au mieux avec ce qu’ils ont reçu, à défaut d’avoir fait le meilleur? Un roman magnifique, viscéralement humain, une analyse psychologique des personnages d’une justesse époustouflante, le tout porté par une plume alerte.
Un très gros coup de cœur !

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Prix Interallié 2017 : Jean-René van der Plaetsen

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Le prix Interallié 2017 a été décerné ce mercredi à Jean-René Van der Plaetsen pour La Nostalgie de l’honneur, essai paru chez Grasset. Il s’agit d’un livre de souvenirs personnels et de réflexions inspiré par la vie de son grand-père maternel, compagnon de la Libération, Jean-Crépin.

Le livre lauréat : La nostalgie de l’honneur

« C’est un fait : notre époque n’a plus le sens de l’honneur. Et c’est pourquoi, ayant perdu le goût de l’audace et du panache, elle est parfois si ennuyeuse. Alors que le cynisme et le scepticisme progressent chaque jour dans les esprits, il m’a semblé nécessaire d’évoquer les hautes figures de quelques hommes que j’ai eu la chance de connaître et de côtoyer. Comme Athos ou Cyrano, c’étaient de très grands seigneurs. Ils avaient sauve l’honneur de notre pays en 1940. Gaulliste de la première heure, mon grand-père maternel était l’un d’entre eux. Sa vie passée a guerroyer, en Afrique, en Europe ou en Extrême-Orient, pleine de fracas et de combats épiques dont on parle encore aujourd’hui, est l’illustration d’une certaine idée de l’honneur. Qu’aurait-il pense de notre époque ? Je ne le sais que trop. C’est vers lui que je me tourne naturellement lorsqu’il m’apparaît que mes contemporains manquent par trop d’idéal. Ce héros d’hier pourrait-il, par son exemple, nous inspirer aujourd’hui ? C’est dans cet espoir, en tout cas, que j’ai eu envie, soudain, de revisiter sa grande vie. »

L’auteur, Jean-René van der Plaetsen

Jean-René Van der Plaetsen est directeur délégué de la rédaction du Figaro Magazine. La Nostalgie de l’honneur est son premier livre.

La petite étoile qui avait peur de la nuit, Dan Leconteur

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La petite étoile qui avait peur de la nuit, Dan Leconteur

Illustrations de Maëlle Bossard

Editions Persée jeunesse, novembre 2017

 

Une histoire pour enfants d’une tendresse infinie.

La petite étoile est bien triste. Elle, si altruiste, ne peut pourtant aider personne à trouver son chemin. Et pour cause, elle vit en plein jour. Nul ne la voit. Certes, comme le lui a conseillé la vieille étoile sage, il y aurait bien une solution pour être visible : affronter la nuit, aller dans la pénombre. Mais la petite étoile, qui n’a jamais quitté la lumière du jour, a peur.

Parviendra-t-elle à surmonter son appréhension de l’inconnu, en l’occurrence du noir, pour réaliser son rêve d’être l’étoile du berger des humains ?

Ce conte est d’une douceur, d’une poésie et d’une beauté infinies. Une histoire aussi lumineuse que l’étoile, sur la fraternité et l’entraide, la confrontation avec nos peurs. Un récit qui m’a indiciblement touchée. Ce livre ravira vos chères têtes blondes et sera aussi l’occasion de leur montrer qu’il est possible de surmonter ses peurs, que la nuit n’est pas si terrifiante qu’elle en a l’air. Car il y a toujours une étoile, quelque part, pour guider chacun…

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J’ai plus de réserves, par contre, concernant la noirceur presque anxiogène des illustrations. Je n’ai pas compris ce choix, surtout pour un livre destiné aux jeunes enfants. C’est dommage qu’on ne retrouve pas la douceur du texte dans les dessins. Un petit bémol, donc.

 

Citation du jour

La vie ne dicte rien. Elle ne s’écrit pas d’elle-même. Elle est muette et informe. Écrire la vie en se tenant au plus près de la réalité, sans inventer ni transfigurer, c’est l’inscrire dans une forme, des phrases, des mots. C’est s’engager – et de plus en plus au fil des années – dans un travail exigeant, une lutte, que je tente de cerner et de comprendre dans le texte lui-même, au fur et à mesure que je m’y livre. »

Annie Ernaux

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Père inconnu, Patrick Denys (Grasset)

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Père inconnu, Patrick Denys

Editions Grasset, février 2017

 

Un roman choral très émouvant sur la quête d’un père.

Personne ne m’a appris à dire « Papa » Je crois pourtant avoir ressenti très tôt le désir de quelque chose que je ne saurais décrire, un besoin de lien sans doute, par des bribes de mots, du toucher, des embrassements, de l’odeur peut-être. » Paul a grandi sans connaître son père, sans même porter son nom, avec un vide abyssal dans le cœur. Pire, il a grandi sans que jamais on n’évoque devant lui cet homme. Un tabou qui a fait naître en lui de térébrantes questions : son père pense-t-il à lui ? Pourquoi n’est-il pas resté voir son fils grandir ?  Qui était-il ?

Quand dans les années 70, Paul découvre ce dont on l’a toujours tenu à distance, à savoir l’identité de cet homme, curé d’une paroisse bretonne, l’humiliation de ne pas connaître son père cède la place à celle d’être le fruit d’un amour interdit. Tandis qu’il part sur les traces de ce père, au cœur d’une Bretagne chahutée par les tempêtes, il découvre auprès de ceux qui l’ont connu, un homme altruiste, sincère, courageux et engagé. Un homme dont il peut être fier. « Une fierté dont j’avais besoin pour vivre mieux. »

La bretonne que je suis a particulièrement aimé ce roman, qui se déroule dans une Bretagne magnifiée par la plume de l’auteur. Une région qui est ici presque un personnage à part entière. Authentique, à l’image des personnages. Et sauvage, comme peuvent l’être certains individus prisonniers des conventions et de leur peur des autres. On plonge dans ce drame familial, dans les déchirements de la guerre mais aussi des choix de vie cornéliens des personnages, secoué par les flots du doute, submergé par l’émotion. Et soulagé de voir que le naufrage a été évité quand Paul découvre la bonté faite homme qu’incarnait son père. Un premier roman bouleversant…

Salon des éditeurs indépendants aux Blancs Manteaux : c’est ce week-end!

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  • Le salon des éditeurs indépendants : de quoi s’agit-il?

Créée en 2003, l’association L’autre LIVRE défend l’exception culturelle, la pluralité et la diversité face à la concentration croissante de l’édition et de la distribution au sein de groupes industriels et financiers et face à l’arrivée de géants mondiaux de l’industrie
informatique dans la chaîne du livre. Cette résistance, les éditeurs indépendants ont
estimé que, tout en conservant chacun leurs particularités, leur personnalité, leur différence, ils seraient mieux à même de l’assurer en se regroupant en association.
L’autre LIVRE est l’alternative associative au Syndicat National de l’Édition.
L’autre LIVRE regroupe aujourd’hui plus de 180 éditeurs indépendants partout en France et dans plusieurs pays : Belgique, Suisse, Espagne…

  • Qui sont les éditeurs présents au salon des éditeurs indépendants?

 

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  • Informations pratiques : 

Entrée gratuite.

Du vendredi 17 au dimanche 19 novembre, à la Halle des Blancs Manteaux, 48 rue Vieille-du-temple, Paris 4ème. Métro Hôtel de Ville ou Saint-Paul.

Samedi  11h –  21h et dimanche : 11h – 19h

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