Je me suicide et je reviens, Françoise Dorner : décapant!

D566F3F2-1E76-4E54-BB68-A32B9B464D69

Je me suicide et je reviens, Françoise Dorner

Editions Albin Michel, novembre 2017

Avec beaucoup d’humour et une apparente légèreté, Françoise Dorner pointe le doigt sur l’importance de l’image dans notre société. Pour être heureux faut-il se fondre dans la norme ou tout simplement oser être soi ? Faut-il se perdre pour se retrouver ?

A la soixantaine, Thérèse s’est offert le cadeau dont elle a toujours rêvé : une intervention de chirurgie esthétique. Enfin un passeport pour le bonheur, une façon de n’être plus ce passe-muraille dans le regard des autres. Transparente. Inexistante. Jusqu’alors, à défaut de se trouver belle, elle bien a essayé de se faire remarquer par sa culture, dévorant des livres jour et nuit. Mais dans une société où l’image est brandie comme un étendard, personne ne vous remarque si vous n’avez pas le visage éternellement jeune, les lèvres pulpeuses car botoxées, les seins insolents grâce aux prothèses mammaires et les cheveux blonds lissés.

Mais cette intervention ne lui offre qu’un visa provisoire au pays du bonheur. Au fil des mois, les traits se relâchent, la peau se ride comme le pelage d’un shar-peï. Il faut d’autres soins. Or Thérèse n’a pas d’argent. Et la sexagénaire de s’enfoncer dans la déprime, ne supportant plus son image, celle dont sa fille Marie avait tellement honte qu’elle a préféré fuir en lui laissant sa petite fille Louise sur les bras.

De son côté, Louise souffre de voir sa grand-mère, l’être qui a veillé sur elle depuis sa naissance, qui l’a entourée de tout son amour, s’enfoncer ainsi. Aussi, quand elle rencontre Pierre Astor, le chirurgien esthétique de Thérèse, elle imagine un stratagème pour sauver cette dernière. Mais le bonheur consiste-t-il à toujours gommer les signes du temps, à se fondre dans les stéréotypes de jeunisme plébiscités par la société ? Verser dans la superficialité des apparences apporte-t-il de la profondeur à l’existence ? Et si la chirurgie esthétique ne résolvait rien et se contentait de prolonger les illusions ?

Ce roman plein de verve, drôle et profond à la fois, sur l’acceptation de soi, vous fera passer un délicieux moment !

Publicités