La femme qui ne vieillissait pas, Grégoire Delacourt : forever young!

27971938_1906092759418632_1381551198269733306_n

La femme qui ne vieillissait pas, Grégoire Delacourt

Editions JC Lattès, mars 2018

Forever young. La jeunesse éternelle est-elle vraiment la garantie du bonheur ?

« Les Betty sont des femmes tendres, sentimentales, émouvantes et attachantes. » Notre Betty est de surcroît d’une beauté inaltérable. Depuis l’âge de trente ans, âge de sa  maman quand elle fut fauchée par une voiture, elle n’a pas pris une ride. Involontairement, elle perpétue l’image maternelle, véritable sosie de cette dernière quand elle a été arrachée à la vie. Un visage d’une délicatesse exquise, « sur lequel comme une eau claire coule le temps. »

Ne pas vieillir. Un rêve. Le rêve de toute femme. Rester belle et jeune, désirable, sans pour cela devoir recourir à la chirurgie esthétique ou aux cosmétiques, quelle euphorie ! Est-ce cet amour parfait qu’elle file avec son mari André, un homme au regard triste de Gene Kelly, qui se reflète dans son beau visage et lifte tout sillon sur sa peau ? Si dans un premier temps elle veille jalousement sur son secret, évite d’en parler malgré les remarques appuyées de son entourage sur son incroyable physique, vient un moment où il lui faut affronter les conséquences de cette inaltérable jeunesse : et si ne pas vieillir était un cadeau empoisonné ? Alors, la jeunesse éternelle, paradis ou enfer ?

Dans ce 7ème roman, par la bouche de la sensible et si attachante Betty, Grégoire Delacourt nous interroge sur cette mode du jeunisme à tout prix. Si autrefois la vieillesse était associée à des valeurs telles la sagesse et l’expérience, aujourd’hui elle est synonyme d’angoisse. Conserver une certaine jeunesse est devenu pour beaucoup une obsession. Pourquoi ? Car le désir serait suscité par la beauté, et la beauté associée par identité métonymique à la jeunesse. Or n’est-ce pas là que se situe le cœur du problème ? Nous courons après ce que nous n’avons pas ou plus, éternels insatisfaits, alors que le secret du bonheur réside peut-être justement dans le fait de s’accepter tel que l’on est. Car vieillir est une chance, une opportunité qui n’est pas donnée à chacun. Alors savourons-là, ici et maintenant. Savourons chaque instant que la vie nous donne.

Cocteau disait qu’un beau livre c’est celui qui sème des questions à foison. Grégoire Delacourt sème les bonnes questions, bouscule les idées reçues et nous offre un très beau livre. Coup de cœur ! ❤

Publicités