Le cerf-volant de Toshiro, Ghislaine Roman (texte) et Stéphane Nicolet (Illustrations)

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Le cerf-volant de Toshiro, Ghislaine Roman (texte) et Stéphane Nicolet (Illustrations)

Editions Nathan, mars 2018

Un conte magnifique, d’une poésie et d’une tendresse infinies, sur la relation d’amour exceptionnelle entre un grand-père un peu fatigué et son petit-fils plein d’imagination. Ou quand l’amour donne des ailes.

Toshiro est tout excité. Son grand-père Satô et lui ont fabriqué un magnifique cerf-volant, à l’effigie d’un dragon émeraude. Il est à présent temps de le faire voler, en veillant à ne pas lâcher le ruban.

Toshiro est émerveillé par le spectacle de ce dragon dansant sur l’azur des cieux. Hélas, son grand-père, au dos tout voûté, ne peut pas se redresser pour regarder le ciel et l’admirer. Et Toshiro, comme muet depuis sa naissance, ne peut pas davantage lui narrer ce qu’il voit. Les mots restent bloqués dans sa gorge, prisonniers.

Qu’à cela ne tienne, si Toshiro est à court de mots, il n’est jamais à court d’idées. Et de trouver à chaque fois une solution, pour que son adorable grand-père participe pleinement au spectacle du cerf-volant. Jusqu’à ce jour où un miracle se produit…

Ce livre est un gros coup de coeur! ❤ J’ai succombé à la poésie de l’histoire, à la relation si belle qui unit Toshiro et Satô. A la force de leurs sentiments. Des êtres écorchés par la vie, qui vont puiser dans la force de leurs liens de quoi déplacer des montagnes. Un livre à offrir absolument à vos chères têtes blondes!

Prix des libraires 2018 : les 3 titres encore en lice

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Le Prix des libraires récompense des auteurs francophones qui n’ont pas encore obtenu de prix littéraires majeurs. Son jury est composé de dix libraires.

Pour la 64ème édition du Prix des libraires, dont Delphine de Vigan est la marraine, trois titres sont encore en lice :

  • Comment vivre en héros ? de Fabrice Humbert (Gallimard)
  • Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant (Héloise d’Ormesson)
  • Trois jours chez ma tante d’Yves Ravey (Minuit)

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Le prix sera proclamé le 16 mai prochain.

En 2017, c’est Cécile Coulon qui avait reçu le prix, pour son roman Trois saisons d’orage, paru chez Viviane Hamy.

 

 

Citation du jour

Le temps ne guérit pas. C’est ce que vous en faîtes qui vous guérit. La guérison est possible quand nous choisissons d’endosser nos responsabilités, quand nous choisissons de prendre des risques, et enfin, quand nous choisissons de relâcher la blessure, de ne plus nous accrocher au passé ou au chagrin.

Edith Eva Eger – Le choix d’Edith

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Reste aussi longtemps que tu voudras, Mélanie Taquet (Eyrolles)

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Reste aussi longtemps que tu voudras, Mélanie Taquet

Editions Eyrolles, février 2018

Sous le soleil de Florence, la vita n’est pas si dolce. Si la douceur de vivre florentine est propice aux tendres rencontres, la lumière du soleil italien éclaire aussi les parts sombres et les blessures de chacun. Brûle même parfois. Un thriller psychologique captivant, qui vous tient en otage du début à la fin.

Quand Nina quitte brusquement Paris et débarque sans prévenir dans le Bed and breakfast florentin de son amie et complice de toujours Hannah, elle espère que cette dernière ne lui posera pas trop de questions sur les raisons de son escapade. Car aussi proches soient-elles, elle se sent incapable d’en parler. Trop de honte. Trop de douleur.

« Personne ne devait savoir, car personne ne pourrait jamais comprendre. Son secret, qui la hantait depuis son arrivée à Florence, elle devait l’enfouir en elle. Profondément. De manière à ce que personne ne puisse le découvrir, le lui voler. De manière à ce qu’elle puisse continuer et vivre. »

De fait, Hannah, préoccupée par les relations tendues avec sa belle-mère et par sa difficulté à devenir mère, ne pousse pas très loin la curiosité. Et accepte de l’héberger le temps qu’il faudra contre quelques menus travaux.

Mais un appel reçu par Hannah va mettre en partie à jour le secret de Nina. C’est la stupeur. Et l’incompréhension entre les deux amies. Hannah est furieuse. Nina accuse le coup. Mais au sein de ce bed and breakfast, Nina est-elle la seule à détenir un secret ? Qu’en est-il de Michele, le mari d’Hannah, qui n’évoque jamais son frère jumeau ? Pourquoi Paola, la belle-mère, se montre-t-elle si protectrice envers son fils, quitte à égratigner sa belle-fille ? Et le tendre Marco, résident permanent de l’établissement, pourquoi éprouve-t-il tant de peine à retourner dans sa famille ? Sous le soleil florentin, les parts d’ombre s’éclairent, révélant les blessures de chacun, mettant leur âme à nu.

C’est avec beaucoup de finesse dans l’analyse psychologique des personnages, beaucoup de sensibilité, que Mélanie Taquet nous entraine en Italie dans leur sillage. Des êtres attachants, blessés mais combattifs, viscéralement humains. Des êtres qui sont tous concernés de près ou de loin par la place de leur mère et/ou le fait de devenir elles-mêmes une mère. Un voyage au cœur de leur histoire, au cœur d’une Italie ensoleillée à l’accent chantant malgré les blessures. Un roman dont l’intrigue, brillamment menée, vous tiendra en haleine du début à la fin.

 

 

Mon petit salon dans le grand : retour sur Livre Paris 2018

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Pluie et ciel gris ce samedi, mais le soleil était dans le sourire des rencontres avec ces auteurs que je chronique tout au long de l’année. L’occasion de revoir les écrivains que je croise régulièrement mais aussi de rencontrer pour la première fois d’autres auteurs dont j’ai beaucoup aimé les publications.

Comme chaque année au salon Livre Paris, il y avait du monde. Beaucoup de monde. Énormément de monde.


Mais avec une bonne dose de motivation et un peu de patience, on brave la marée humaine, quitte à nager à contresens vers les rives des dédicaces.

C’est avec bonheur que j’ai ainsi pu rencontrer Mélanie Taquet, dont j’ai tant aimé le premier roman, publié chez Eyrolles en fevrier dernier : Reste aussi longtemps que tu voudras. Un voyage à Florence au coeur d’une maison d’hôtes dont les habitants ont tous un secret. Que taisent-ils? Que fuient-ils? Vous le saurez dès demain en lisant la chronique consacrée à ce roman.

De l’Italie à la Belgique, il y a quelques allées ( kilomètres?) que j’ai parcourues avec allégresse, pour aller retrouver une auteure aussi prolixe que chaleureuse : Fabienne Blanchut. Les petits lecteurs de Zoé Princesse parfaite sont repartis avec de jolies dédicaces avec des gommettes et un sourire jusqu’aux oreilles.
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Sourire et humour, toujours, avec Grégoire Delacourt ( en plus ça rime 😉 ) qui nous invite à nous interroger sur ce culte de la jeunesse et de l’apparence, avec sa touchante héroïne Betty. La femme qui ne vieillissait pas, aux éditions JC Lattès,


De là on court ( non pas vers Delacourt) vers les éditions Viviane Hamy, où la touchante et talentueuse Céline Lapertot nous attend et nous interpelle avec sa plume acérée : Ne préfère pas le sang à l’eau. Une rencontre, enfin, après plusieurs années à suivre cette talentueuse romancière.


Transfert à pied sur le stand de Robert Laffont, pour faire la bise à Dominique Dyens, auteur de Cet autre amour, ouvrage coup de coeur sur le transfert en analyse.

Des musiciens croisés en chemin, dont Francis Lalanne entament un morceau…

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..et il ne m’en fallait pas plus pour « Entrez dans la danse » , avec Jean Teulé ( editions Julliard).


Après cette danse, impossible de tirer ma révérence sans aller saluer la chaleureuse Amelie Antoine, dont j’ai tant aimé le nouveau roman Les secrets, paru chez Michel Lafon.

Et enfin, c’eût été manquer de loyauté de ne pas passer voir Delphine de Vigan dont la sensibilité à fleur de plume me touche tant…

…avant de repartir du salon avec la voiture de Gaston Lagaffe!

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Grand Prix RTL-Lire 2018, Isabelle Carré : « C’est un encouragement à continuer. Ce prix me donne des ailes pour ça »

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Ce jeudi 16 mars, Philippe Labro, président du jury du grand Prix RTL-Lire, a couronné Isabelle Carré, pour Les rêveurs chez Grasset.

Le Grand Prix RTL-Lire est décerné chaque année en mars à un roman de langue française. Le jury, présidé par Philippe Labro, est composé de cent lecteurs choisis par vingt libraires en France.

Cinq finalistes étaient en lice, depuis le mois de janvier :

  • Les rêveurs d’Isabelle Carré (Grasset)
  • L’Affaire Mayerling de Bernard Quiriny (Rivages)
  • Géographie d’un adultère d’Agnès Riva (Gallimard/L’Arbalète)
  • Les guerres de mon père de Colombe Schneck (Stock)
  • Les loyautés de Delphine de Vigan (Lattès)

C’est Isabelle Carré, avec Les rêveurs, paru chez Grasset, qui remporte le prix cette année.

Sur l’antenne de RTL, l’actrice et romancière s’est exprimée, émue et ravie :

« C’est un encouragement à continuer et j’ai très envie de le faire, que cela ne s’arrête pas à ce premier livre. Ce prix me donne des ailes! J’ai toujours écrit et j’ai un peu mis cela de côté car ce métier de comédienne me comblait. J’arrivais à m’exprimer à travers les mots de mes personnages, les mots des autres, je n’avais aucune frustration. Mais malgré tout, pouvoir trouver mes propres mots, travailler sur ma musique, une langue qui me corresponde, travailler sur une histoire dans sa globalité, une histoire que j’avais envie d’écrire depuis 20 ans, retourner au pays de l’enfance, était important. »

Un magnifique livre, tant pour la beauté de l’écriture, que de l’histoire. Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à ce livre coup de coeur en cliquant ici : Chronique

 

 

 

Citation du jour

Etre passive, c’est laisser les autres décider à votre place. Etre agressive, c’est décider au lieu des autres. Etre affirmée, c’est décider pour soi-même. Et avoir la certitude que cela suffira, que vous serez à la hauteur.

Edith Eva Eger – Le choix d’Edith (JC Lattès)

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L’Archipel du chien, Philippe Claudel

 

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L’Archipel du chien, Philippe Claudel

Editions Stock, mars 2018

A mi-chemin entre réalité et fable, Philippe Claudel nous offre un roman au suspens haletant, qui interroge sur notre rôle, en tant qu’individu, dans la dynamique du monde. Ou les dangers qui guettent l’homme s’il persiste dans sa cécité feinte et dans son égoïsme.

L’Archipel du chien est une île à la localisation géographique volontairement floue, que l’on imagine volontiers être en méditerranée. Sur cette île, relativement riche grâce à ses vignobles, ses oliviers, sa pêche, les habitants vivent pratiquement en autarcie, comme coupés du reste du monde, de ses guerres, de ses problématiques, de sa dynamique.

Jusqu’à cette matinée de septembre où trois cadavres de jeunes hommes noirs s’échouent sur la plage. Des hommes embarqués à bord d’une frêle embarcation au départ de l’Afrique, comme nombre de leurs congénères, dans l’espoir de trouver une vie meilleure en Europe. Des hommes que des passeurs peu scrupuleux auront dépouillés de leurs maigres économies et laissés livrés à eux-mêmes au milieu de l’océan.

Le monde extérieur les rattrape.

Dès lors, les habitants se retrouvent confrontés à une grave décision : que faire de ces corps, lesquels représentent une menace pour la tranquillité et la réputation de l’île ? Les déclarer aux autorités et ainsi attirer l’attention du monde extérieur sur leur havre de paix, ou… se débarrasser des corps et faire comme s’ils n’avaient jamais existé, comme si le monde en dehors de leur île n’existait pas ? Les avis divergent, les consciences des uns rudoient l’absence de culpabilité des autres. Un drame qui joue le rôle de révélateur de la vraie nature des hommes. Ces derniers dévoilent leur côté sombre, leur petitesse, leur égoïsme, les crocs aussi acérés que ceux des chiens. Prêts à mordre. Enragés.

« La plupart des hommes ne soupçonnent pas chez eux la part sombre que pourtant tous ils possèdent. Ce sont souvent les circonstances qui la révèlent, guerres, famines, catastrophes, révolutions, génocides. Alors quand ils la contemplent pour la première fois, dans le secret de leur conscience, ils en sont horrifiés et ils frissonnent. »

Dans ce roman construit comme un roman policier, Philippe Claudel capture le lecteur à la première page et ne le relâche plus avant la fin. Il l’oblige à ouvrir grand les yeux sur ces vérités qu’il fuit, sur sa responsabilité vis-à-vis de ses pairs, sur l’indispensable solidarité à établir entre les hommes. Tous les hommes.

« Le monde est devenu commerce, vous le savez. Il n’est plus un champ de savoir. La science a peut-être guidé l’humanité pendant un temps, mais aujourd’hui, seul l’argent importe. (…) Seuls les hommes détruisent les choses, et détruisent les hommes, et détruisent le monde des hommes. » A méditer…

Collection « Mes premières lectures » chez Nathan : des histoires à lire à deux pour les premiers pas en lecture

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Les copains du CP, de Mymi Doinet (texte) et Nathalie Choux (illustrations)

Les trois petits cochons (ou presque), de René Gouichoux (texte) et Rémi Saillard (illustrations)

Amélie Maléfice, le livre des formules magiques, de Arnaud Alméras (texte) et Gaëlle Duhazé (illustrations)

Collection Mes premières lectures, Nathan février 2018

Dès 6 ans

Grâce à cette collection Premières lectures, destinée aux CP et CE1, Nathan offre des histoires à lire à deux voix : l’enfant lit les bulles et un lecteur confirmé lit le reste de l’histoire. Une méthode de lecture progressive et ludique.

Pour encourager les enfants et les accompagner au mieux dans leur apprentissage de la lecture, Nathan a imaginé une collection aussi ludique que pédagogique : Mes premières lectures. Dans cette collection, les livres se répartissent en trois niveaux :

  • La série Je déchiffre : Le niveau de lecture des bulles est celui d’un enfant qui débute en lecture, tandis qu’un adulte leur lit le reste de l’histoire. C’est le cas du livre « Les copains du CP« , histoire de petits élèves qui s’apprêtent à célébrer en classe l’anniversaire des jumeaux Gaston et Lardon, quand…le gâteau anniversaire disparaît.
  • La série Je commence à lire : le niveau de lecture des bulles est celui d’un enfant qui sait désormais lire les mots simples. L’adulte complète la lecture du texte hors bulles. « Les trois petits cochons (ou presque) » en est un exemple. Dans ce livre, Tino, Dino et Lino, les trois frères cochons, font des châteaux de sable sur la plage quand Jean-Loup le loup vient et détruit tout. Mais les trois frères n’ont pas dit leur dernier mot.
  • La série Je lis comme un grand : à ce niveau, les livres s’adressent aux enfants qui savent lire tous les mots. Amélie Maléfice et son copain Siméon, tous deux apprentis sorciers, désobéissent en allant fouiller dans le livre des formules magiques. Hélas, ils ne maîtrisent pas tout et transforment la soeur de Siméon en chat.

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C’est vraiment une collection que je recommande. Non seulement les histoires passionneront les enfants avec leurs loups, leurs sorciers et autres personnages merveilleux, leurs belles illustrations, mais elles accompagneront leurs progrès. En effet, plus l’enfant gagnera en aisance, plus il pourra lire les textes en dehors des bulles, jusqu’à finir par lire l’intégralité du livre seul. De parfaits petits livres pour débuter la lecture avec plaisir.