Noyé vif, Johann Guillaud- Bachet : un livre d’une actualité brûlante

 

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Noyé vif, Johann Guillaud- Bachet

Editions Calmann Lévy, Février 2018

Si on ne peut pas sauver tout le monde, qui doit-on choisir ? Un roman qui rudoie nos consciences et met à l’épreuve des faits nos préjugés. Un livre qui nous interroge sur la valeur d’une vie.

Points forts :

  • Un roman qui fait écho à l’actualité
  • Un débat très intéressant sur la résistance de nos valeurs et préjugés en situation de danger
  • Une tension permanente

Six personnes d’horizons divers se sont inscrites à un stage de voile en haute mer. Aucune n’a de connaissance de la voile ou très peu. Mais justement,Vince le moniteur, est là pour leur enseigner les bases de ce sport nautique.

Se retrouver à sept sur un bateau, dans une proximité forcée, va révéler les caractères de chacun, conduire certains, plus prompts à s’ouvrir, à confier les raisons de leur participation au stage. Sauf un. Le narrateur. Pire, il avoue avoir peur de l’eau. Alors dès lors pourquoi s’infliger pareille épreuve ? Mystère.

« Il me fallait éprouver quelque chose, même de la peur si j’en étais réduit à ça ; quelque chose de violent, d’outrageant et je ne m’imaginais pas m’infliger plus grand outrage qu’en retournant sur l’eau. Au-delà de tout le reste, j’espérais que l’eau pourrait m’atteindre. »

Quel électrochoc cherche-t-il à provoquer ? Que fuit-t-il sur l’océan ?

Tous composent plus ou moins bien avec les caractères bien marqués de chacun, jusqu’au jour où ils doivent essuyer une terrible tempête. C’est alors le drame. Le moniteur passe par-dessus bord et disparait dans les flots. Nos stagiaires joignent les secours par radio et reprennent espoir quand on leur annonce qu’un navire de l’armée se déporte vers eux. Soulagement de courte durée quand ils entendent les SOS d’une centaine de migrants abandonnés par leur passeur sur une frêle embarcation. Le patrouilleur censé venir à leur secours risque de se déporter vers ces naufragés en priorité. Au sein des stagiaires, c’est le débat : sont-ils prioritaires sur ces migrants car ressortissants français ? Sont-ils au contraire non prioritaires car moins nombreux et sur un bateau en bon état ? Seul le narrateur se tait, paralysé par le cauchemar qu’il revit…

Ce roman de Johann Guillaud-Bachet est d’une brûlante actualité. On pense alors à l’acte héroïque du gendarme Arnaud Beltrame récemment. Que valent nos discours, nos valeurs, notre courage à l’épreuve des faits ? Comment réagirions-nous face à un danger réel pour notre vie ? Un roman bien construit, au suspense soutenu, qui pose les bonnes questions, confronte les points de vue et introduit un doute dans nos belles certitudes…

 

 

 

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