Une famille très française, Maëlle Guillaud

E594D16B-8B30-42A4-A48B-CD4DB29FFACB

Une famille très française, Maëlle Guillaud

Editions Héloïse d’Ormesson, avril 2018

L’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs, pourrait résumer ce roman. Avec beaucoup de justesse, Maelle Guillaud soulève l’épineuse question de la construction de l’identité à travers les yeux d’une adolescente en pleines contradictions.

Charlotte vit en Savoie, dans une famille aimante, juive sépharade. Jusqu’alors, elle ne s’était jamais interrogée sur le statut social de sa famille, son intégration, pas plus qu’elle n’avait éprouvé la moindre honte ni même imaginé un jour en éprouver à l’endroit des siens. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Jane Duchesnais, laquelle devient sa meilleure amie. Jane et son séduisant frère Gabriel sont issus d’un milieu très aisé, incarnent avec leurs parents le modèle de la famille très française, le raffinement, la réussite sociale, l’élégance. Charlotte mesure alors le fossé qui sépare sa famille, modeste, de celle de Jane, et commence à en éprouver de la honte. Sa mère et son exubérance, sa grand-mère et ses cafetans, la gênent soudain. Chez Jane et Gabriel, avec leur mère Marie-Christine et Bernard leur père, tout semble tellement plus beau, plus simple, plus brillant, plus enviable. Mieux.

Mais la réalité chez les Duchesnais est elle aussi belle qu’il y parait ? Ces gens apparemment « bien comme il faut » sont-ils vraiment irréprochables ?

Un double drame, qu’elle doit garder secret, fait brutalement et douloureusement ouvrir les yeux à Charlotte : « J’ai fait d’eux une famille idéale dans laquelle je pouvais me lover, je les voyais comme ils aiment à se présenter, ou comme j’avais envie qu’ils soient, une famille très française qui malgré moi m’ensorcelait. »

Avec beaucoup de justesse dans l’analyse des situations et de la psychologie des personnages, une tension croissante, Maëlle Guillaud nous offre davantage qu’un roman d’apprentissage. Elle revendique l’importance d’être soi, de ne pas se fondre et se perdre dans le moule et les attentes des autres : « Ne plus exister pour leur plaire, ne pas se réinventer pour les séduire ». Ou, pour reprendre Cocteau : « Ce que les autres te reprochent cultive-le, c’est toi. » A lire!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s