Rentrée littéraire : Chien-loup, de Serge Joncour. Un roman d’une densité rare

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Chien-loup, Serge Joncour

Editions Flammarion, août 2018

Rentrée littéraire

L’histoire, à un siècle de distance, d’un village du Lot. En mettant en scène un couple moderne aux prises avec la nature et confronté à la violence, Serge Joncour nous montre avec brio que la sauvagerie est un chien-loup, toujours prête à surgir au cœur de nos existences civilisées. Un roman d’une densité rare.

Lise est comédienne. Après son absence des écrans pour cause de cancer, son téléphone n’a plus beaucoup sonné. Mais Lise le prend avec philosophie, ses besoins sont désormais ailleurs, dans une quête d’une plus grande authenticité, loin de ce monde du cinéma, un monde du paraître. Aussi, quand sur internet elle a vu cette maison à louer en pleine nature, perchée sur une colline, loin de tout et de tous, elle a immédiatement su qu’elle y serait à sa place, au calme, en paix. Franck, son compagnon depuis 25 ans, est producteur. Et cet homme connecté en permanence, le pouce greffé à son téléphone portable, prend avec beaucoup de réserves cette envie de vacances dans ce coin paumé, sans même une connexion internet ou un réseau téléphonique.  Comment survivre dans un tel dénuement ? Mais par amour pour Lise, que ne ferait-il pas ?

Un siècle plus tôt, dans cette même bâtisse, un drame sanglant a eu lieu. La 1ère guerre mondiale faisait alors rage et le dompteur allemand réfugié sur la colline avec ses lions et tigres ne suscitait que méfiance. Sauf de la part de Joséphine, une veuve du village.

Deux époques éloignées d’un siècle mais si proches pourtant… Cette guerre où l’on s’entretue pour un bout de territoire, cette soif de pouvoir entre les hommes, cette sauvagerie, sont-elles si loin ? Sommes-nous réellement devenus civilisés, ou la violence continue-t-elle à sévir masquée, l’homme ne tirant aucune leçon des erreurs du passé ? L’homme cessera-t-il un jour d’être un loup pour l’homme ? Alors que Franck veut sauver une vision noble de son métier, ses associés aux dents longues ne jurent que par la rentabilité, Netflix, Amazon et sont prêts à tout pour y parvenir. La guerre a changé de terrain, mais sévit toujours.

Ce roman de Serge Joncour est d’une densité rare. Lire Serge Joncour, ce n’est pas faire glisser son regard sur l’encre des mots, c’est pénétrer dans l’épaisseur de la page, c’est sentir, voir, regarder, toucher, goûter, frémir, sourire. C’est bien davantage que de lire une histoire, c’est la vivre. Un roman magistralement rédigé, qui vous habite et vous envoute du début à la fin.

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