Citation du jour

Contrairement à certaines idées reçues, un romancier n’est pas un intellectuel. Sa pensée n’a rien d’abouti, d’affirmé, ses doutes le font avancer sur le magma informe de son imaginaire et de sa sensibilité. Son oeuvre se bâtit à l’instinct. Le flou et l’inachevé de sa réflexion sont le lieu où se construit son récit, le tohu-bohu où ses personnages prennent vie. Les idées claires donnent des romans insipides. L’auteur avance dans son roman, aveugle à la propre histoire qu’il raconte. Il capte le sens de son travail à la seconde où il écrit le mot fin. L’instant d’après le vertige le reprend, il ne reconnait plus les lieux qui semblaient avoir forgé son identité. Une fois imprimé, le livre est comme un oiseau mort.

Laurent Seksisk – Un fils obéissant (flammarion, 2018)

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