Rentrée littéraire : Confessions d’une cleptomane, Florence Noiville (Stock)

Confessions d’une cleptomane, Florence Noiville

Editions Stock, août 2018

Rentrée littéraire

Florence Noiville poursuit ici avec brio son exploration du psychisme humain à travers la plus romanesque des addictions : la kleptomanie. Le portrait d’une femme pour laquelle le vol est jouissif.

Valentine de Lestrange mène une vie à l’abri du besoin. Et pour cause, épouse d’un ministre, elle fait partie des privilégiés, dépense sans compter. Mais voilà, sa vie bourgeoise ne la comble pas. Pire, le travail très prenant de son mari la conduit à être souvent seule et à s’ennuyer. Or Valentine est allergique à l’ennui, comme on peut l’être au lactose ou au gluten. Il lui faut du piment, de l’adrénaline, du danger, de la vie quoi ! Puisque sa vie est trop fade, elle y met du sel en subtilisant des objets de toutes sortes. Oh, pas forcément des objets de valeur, car ce qui compte est l’acte plus que le butin. Mais elle ne peut pas s’en empêcher, fût-ce un énième rouge à lèvres ou une simple bouteille d’eau dans une station-service. Dans pareils moments, tandis qu’elle doit s’assurer qu’aucune caméra de surveillance ne la filme, que le vigile n’est pas dans le rayon, que l’article n’a pas d’antivol, alors elle se sent vibrer, vivre. Pleinement vivre.

« Ce qu’elle ressentait, c’était un plaisir épatant. L’excitation du danger, la jouissance du passage à l’acte. Le flash d’adrénaline, comme un éclair d’orage dans un ciel plombé. (…) Un orgasme cérébral. »

Le vol érigé en sport de haut niveau. Et le moins qu’on puisse dire est que cette femme d’un âge certain a de l’entrainement, puisque son premier larcin remonte à un vol de malabars quand elle était petite. Jamais elle ne s’est fait prendre. Jusqu’à ce jour où elle reçoit une convocation à la police… Serait-ce le vol de trop ? Et si cela se divulgue dans les médias, son mari ne risque-t-il pas de voir sa carrière ruinée ?

Avec beaucoup de subtilité, une tension permanente, Florence Noiville dissèque l’âme d’une cleptomane au scalpel de sa plume. Maladie génétique ? Trouble obsessionnel compulsif ? Addiction ? Maladie ? A l’image de l’héroïne de Hitchcock dans Pas de printemps pour Marny, elle dresse de Valentine de Lestrange un portrait fascinant et touchant, et, à travers elle, celui d’un trouble mystérieux, la cleptomanie. Un coup de cœur de cette rentrée !

 

 

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